Vahina Giocante : son témoignage accablant contre Gérard Depardieu

Connue pour ses talents d'actrices, Vahina Giocante a eu l'occasion de voir l'acteur abuser d'une jeune femme, de ses propres yeux.

© Getty Images

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Née en 1981 à Pithiviers, cette jolie blonde a vécu son enfance en Corse, avant de s’installer en région PACA avec ses parents à l’âge de 10 ans. Passionnée de danse, elle se fait repérer sur une plage de la cité phocéenne à l’âge de 14 ans. Ce qui lui permet de décrocher son premier rôle dans Marie Baie des anges, sorti en 1997. En parallèle, elle poursuit sa carrière de danseuse à l’Opéra de Marseille. Vahina Giocante a pas moins de 27 films à son actif ! Elle a eu l’occasion de donner la réplique à Vincent Cassel dans Blueberry, l’expérience secrète (2004). Elle a également partagé l’affiche avec Jean Dujardin, dans 99 francs (en 2007). Or, au cours de sa carrière, elle a aussi eu l’occasion de travailler avec Gérard Depardieu. Et elle confirme qu’il avait des comportements inacceptables sur les plateaux de tournage. On vous explique tout !

Entre révolte et impuissance

Depuis le 7 décembre dernier, les personnalités du milieu du cinéma n’en finissent plus de se disputer concernant l’affaire Gérard Depardieu. Pour l’heure, la justice n’a pas encore pu statuer sur les accusations de viols et d’agressions qui pèsent sur l’acteur. Néanmoins, dans Complément d’enquête, les journalistes ont révélé des images accablantes. On y voit le comédien, en Corée du Nord, avec Yann Moix. À plusieurs reprises, il préfère des remarques déplacées à l’égard de sa traductrice. Et se permet même de faire des allusions sexuelles au sujet d’une fillette âgée d’une dizaine d’années. Depuis, certains ont pris sa défense. Mais d’autres, comme Vahina Giocante, s’attendaient à ce qu’une polémique éclate depuis bien longtemps.

Et pour cause : la jolie blonde a eu l’occasion de côtoyer la star alors qu’elle jouait dans 3 films. Notamment Turf et Bellamy. Le 28 décembre dernier, comme nous tous, elle a découvert la tribune de soutien à Gérard Depardieu. Signée par Carole Bouquet, Francis Veber, Pierre Richard ou encore Victoria Abril. Devant ce texte, Vahina Giocante a décidé de sortir du silence, pour partager son expérience, et ce qu’elle sait des tendances de l’acteur. Sur Facebook, elle a posté une longue confession.

« J’ai lu cette tribune en soutien à notre cher Gérard et je ne sais pas s’il faut en rire ou pleurer. Il m’est douloureux de constater que beaucoup de gens du cinéma sont « hors-sol », déconnectés de ce nouveau monde qui émerge, celui dans lequel peu importe le niveau de talent, de génie, de créativité, certains comportements ne sont plus acceptables, si tant est qu’ils le furent un jour.(…) J’ai tourné trois films avec ce monstre dit « Sacré » je l’ai vu dans son meilleur jour avec Claude Chabrol. Il le respectait et se tenait tant bien que mal à carreau !!! Mais je l’ai vu aussi être comme un animal sauvage, sans pitié pour ceux qui tremblent devant lui. Je l’ai observé, comme tant d’autres, abuser les plus faible , faire pleurer des jeunes femmes et des moins jeunes. Comme un enfant plus fort que les autres dans la cour de récré qui cherche les limites en harcelant les plus fragiles. »

Elle déplore les comportements du comédien. Mais également la complaisance de certains collaborateurs à son égard.

« Dieu sait s’il les cherchait les limites et personne ne les lui donnait, ce qui lui permettait d’aller un peu plus loin, de tester son autorité, sa toute puissance ! Je pense que c’était surtout un monstre de souffrance et sans vouloir excuser son comportement déviant, nous avons tous dans ce petit milieu du cinéma une responsabilité par notre silence, notre complaisance, ou notre lâcheté ! Personne, ou si peu, ne lui ont dit « Stop ». Il était impressionnant par sa corpulence et son charisme, certes, mais aussi si faible, si misérable que ça pouvait le rendre parfois aussi touchant que détestable. »

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Vahina Giocante : elle dit avoir assisté à une scène odieuse

Grâce au père de son ex-mari, la belle n’a pas eu à supporter de remarques, ni de gestes inconvenants de la part de Gérard Depardieu.

« J’ai la chance d’avoir été épargnée par la bête, car mon ex-beau-père, dont il était très proche, l’a appelé avant que l’on tourne ensemble et lui a dit « pas touche à ma petite belle fille ». J’ai eu la chance de connaître le Gérard paternaliste ! »

Cela dit, ce privilège n’aurait pas empêché Vahina Giocante de voir le visage plus sombre de l’acteur.

« Mais je ne peux plus taire d’avoir été le témoin de ce même homme tel Dr Jekyll et Mister Hyde la main dans la culotte d’une figurante pendant une prise , de voir le visage de cette femme rouge de honte essayant de serrer ses jambes pour empêcher les gros doigts de Gérard de tripoter son intimité , ne pouvant pas se défendre pour ne pas « gâcher » la prise. »

À l’époque, elle avait tenté de faire son possible pour aider cette victime. Mais elle se heurtait aux non-dits, et à la loi du silence qui règne dans le milieu. Surtout pour les petites mains, confrontées aux excès des vedettes.

« La seule chose que j’ai pu faire c’est d’aller voir le premier assistant pour qu’il déplace cette pauvre proie aussi loin que possible de son prédateur. Je n’ai pas fait plus ! Comme la majorité des techniciens ou des « inférieurs hiérarchiques » il valait mieux se taire !
Mais aujourd’hui le vent est en train de tourner. Tremblez puissants, car il ne vous sera plus tout permis ! Et c’est tant mieux, vous verrez que ça soulage d’avoir des limites ! Ça permet de devenir un meilleur être humain ! »

De son côté, Vahina Giocante estime que le monde du cinéma a tout à gagner à ne plus tolérer ni abus, ni harcèlement à l’avenir.

« L’art ne mourra pas s’il est nettoyé de ses abus ! C’est vous qui mélangez tout ! L’œuvre ne nécessite pas de déviance pour être réussie, l’artiste n’a pas besoin de se gargariser de ses névroses pour exister. Amis, collègues, revenons à la raison et à la compassion. Arrêtons cette hypocrisie terriblement gênante. Nous parlons ici de vies brisées, et je ne parle pas de celle de Gérard qui en a bien profité et bien trop longtemps. Je parle de ces femmes dans l’ombre qui en plus d’avoir été souillées ne trouvent aucune grâce à vos yeux ! Le droit de cuissage et la fête sont finis ! Place à la justice et la justesse. »

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