Tickets restaurant : comment vont-ils évoluer durant cette nouvelle année 2023 ?

Pour payer leurs repas, certains salariés ont droit à des tickets restaurant. Mais le dispositif va bientôt évoluer.

Tickets restaurant : comment vont-ils évoluer durant cette nouvelle année 2023 ? – Source : Getty Images

Les entreprises ont eu l’idée d’assurer les repas de leurs employés depuis des décennies. Néanmoins, depuis 1967, la loi prévoit la distribution de tickets restaurant. Dans les cas où les salariés n’ont pas de restauration d’entreprise, ces titres permettent d’acheter un déjeuner. Le plus souvent, les bénéficiaires peuvent les utiliser dans les restaurants et snacks, mais aussi dans les boulangeries ou les supermarchés. Ces avantages jouent donc un rôle essentiel dans le quotidien de nombreux Français. Ils permettent de se nourrir, sans avoir à piocher sur son salaire. Néanmoins, en 2023, les modalités des tickets restaurants devraient bientôt changer.

Une brève histoire des tickets restaurants

Depuis les années 1960, les salariés ont très vite pris l’habitude d’utiliser ces titres. Destinés à pallier l’absence de cantine en entreprise, ils avantagent aussi le secteur de la restauration. En effet, les tickets restaurant assurent désormais jusqu’à 15 % du chiffre d’affaires dans certains établissements.

Pendant des décennies, ces titres de paiement ont existé sous forme de coupons en papier, distribués chaque mois aux salariés. Mais depuis 2014, la carte déjeuner a aussi vu le jour. L’objectif ? Remplacer le traditionnel chéquier en papier par une carte, similaire à une carte bancaire.

Derrière le concept de tickets restaurant, on retrouve 4 entreprises, historiques sur ce marché des titres restaurant.

  • Edenred : qui a assuré les premiers tickets restaurants et propose à présent une carte à puce pour en profiter.
  • Natixis, qui distribue les chèques Apetiz et cartes Apetiz.
  • Sodexo, qui commercialise le pass déjeuner.
  • UP, qui propose le chèque déjeuner.

À ces quatre entreprises très connues, s’ajoutent des petits nouveaux, qui changent aussi l’usage des tickets restaurants. Ainsi, vous avez sans doute déjà entendu parler de Swile (ex-Lunchr), Wedoofood, Monetico-Resto ou Octoplus. Ces entreprises proposent des tickets restaurant sous forme de cartes ou d’applications.

Les salariés peuvent ainsi consulter leurs soldes en temps réel, ou repérer les établissements qui acceptent les titres restaurants.

Des mesures exceptionnelles lors de la crise sanitaire en 2020 et 2021

Lors que la France a mis en place le confinement, de nombreuses personnes ont dû se mettre en télétravail. Les tickets restaurant ont donc pu s’accumuler, sans le moindre déjeuner à financer en extérieur. En revanche, les salariés ont dû déjeuner chez eux, en piochant dans le frigo.

Dans le même temps, les restaurateurs ont connu une période critique, contraints de fermer ou de fonctionner uniquement en vente à emporter. Pour faciliter le quotidien des Français, le gouvernement a donc relevé le plafond des tickets restaurants, de 19 à 38 euros par jour (dans les cafés et restaurants seulement).

Cette mesure devait ainsi aider les Français, mais aussi le secteur de la restauration, en boostant l’addition des clients. Pourtant, lorsque la crise covid a pris fin, les tickets restaurant ont aussi repris leur ancien plafond à 19 euros. Depuis, le gouvernement a remonté cette limite à 25 euros par jour, en octobre 2022.

Ainsi, vous pouvez utiliser vos tickets restaurant dans tous les établissements éligibles. Vous pouvez même l’utiliser pour acheter tous types de denrées alimentaires. Auparavant, certains magasins estimaient que les titres restaurants ne concernaient que les plats prêts à manger. Désormais, vous pouvez choisir d’acheter des conserves, des légumes ou encore n’importe quel produit alimentaire.

Tickets restaurant : le gouvernement soutient les employeurs

En effet, si les titres restaurants s’avèrent très utiles aux salariés, ils ont aussi des avantages pour les entreprises. En effet, elles prennent en charge une partie du dispositif. D’après le site service-public : « L’employeur peut prendre en charge 50 à 60 % de la valeur des titres-restaurant qu’il octroie à ses salariés. Il est exonéré de cotisations sociales sur cette part. Dans la limite de 5,92 euros du 1er septembre au 31 décembre 2022 (article 1 de la loi de finances rectificatives pour 2022). La valeur maximale du titre-restaurant ouvrant droit à l’exonération est de 11,84 euros. »

Compte tenu de la situation économique du pays, les employeurs pourront à présent participer aux tickets restaurant jusqu’à 6,50 euros. En deçà de cette limite, cette participation restera défiscalisée et exonérée de cotisations. Le dispositif permet donc de soutenir le pouvoir d’achat des salariés, tout en faisant un geste envers les entreprises.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les tickets restaurant risquent de s’avérer plus utile que jamais. En effet, ces derniers mois, les Français font face à une forte hausse des prix. Faire un plein d’essence coûte très cher, et dans les supermarchés, les aliments deviennent aussi moins abordables. Désormais, l’ensemble de la population ressent l’inflation, et se retrouve pénalisée au quotidien.

Pour joindre les deux bouts, les ménages doivent dorénavant faire des choix, et guetter les meilleurs prix. Pour les plus précaires, cette situation conduit à des privations, et ce, même sur les produits essentiels. Dans ce contexte, l’aide apportée par les tickets restaurants reste bienvenue. Elle aidera sans doute les travailleurs modestes à remplir leurs caddies un peu plus facilement.

Inflation et chèque déjeuner

Après toutes ces années, les tickets restaurant ont su devenir un moyen de paiement à part entière pour les Français. Seule limite à leur utilisation ? Ils ne peuvent pas servir à régler la note d’un repas lors des dimanches ou des jours fériés.

Les plafonds ont connu plusieurs augmentations successives ces derniers mois. L’objectif ? Suivre la flambée des prix, qui semble bien partie pour durer. Néanmoins, la limite de 25 euros, actuellement en vigueur, ne signifie pas que les salariés concernés peuvent dépenser autant chaque jour. Il s’agit d’un simple plafond.

La valeur unitaire des tickets restaurant peut varier selon les employeurs. Néanmoins, pour bénéficier d’une exonération maximale, elle doit se situer entre 9,48 euros et 11,38 euros. Cela signifie que pour chaque journée complète passée en entreprise, vous cumuler plus d’argent pour vous nourrir.

Si vous avez déjà droit aux tickets restaurant, n’hésitez pas à vous informer pour en connaître toutes les modalités. Si l’inflation se poursuit dans les prochains mois, il risque d’y avoir encore du nouveau sur ce sujet. Pour l’heure, les titres restaurants paraissent utilisables partout. Mais sachez qu’en France, certaines enseignes restent fermées à ce type de moyens de paiement. Ainsi, les deux chaînes de discount, Lidl et Aldi, n’encaissent pas les tickets restaurant.

Source : Économie Matin