Snapchat : des revendeurs de faux arrêts maladie pour 30 euros

Une supercherie vient d'apparaître au grand jour. De faux arrêts maladie se font vendre sur Snapchat pour moins de 30 euros.

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Un médecin généraliste se fait piéger par une supercherie sur le réseau social Snapchat. De faux arrêts maladie se font vendre sur ce réseau pour moins de 30 euros. On vous donne les détails.

Trafic d’arrêts maladie sur Snapchat

De faux arrêts maladie se font vendre sur le réseau social Snapchat pour moins de 30 euros. Comme les comptes qui les vendent sont facilement trouvables, n’importe qui peut les acheter. L’offre est évidemment complètement illégale. En effet, il y a usurpation d’identité à l’encontre de médecins derrière celle-ci. Les arnaqueurs peuvent ainsi délivrer de vrais papiers.

« Je suis tombée des nues (…) C’est quelque chose de très violent », avoue Thierry (prénom modifié) à Franceinfo.

Franceinfo, média du groupe Radio France, a mené une longue enquête à propos de ces faux arrêts maladie. C’est ainsi que le média découvre l’histoire de ce médecin généraliste. Ce dernier, étant victime de l’usurpation d’identité, a vu les arrêts de travail déposés à son nom se multiplier de manière mystérieuse. Pas moins de 60 arrêts maladie se sont fait déposer.

Snapchat : des offres allant de 15 à 30 euros

Thierry (le médecin généraliste) a découvert sur le réseau social Snapchat que l’on a usurpé son identité à des fins discutables.

« J’ai vu que sur les réseaux sociaux, vous pouviez acheter de faux arrêts de travail avec le nom de vrais médecins », explique-t-il à nos homologues.

Cela dit, quand vous tapez « arrêt maladie » dans la barre de recherche de Snapchat, vous tombez sur plusieurs offres en « stories ». Elles vont de 15 à 30 euros. À en croire Franceinfo, le papier est « signé et tamponné par un vrai médecin ». Il se fait envoyer via mail « sous 15 minutes » ou est à retirer en main propre.

« Je suis réglo, je suis carré, il n’y a pas d’arnaque, il n’y a pas d’escroquerie », explique l’un des vendeurs dans une conversation vocale.

Il affirme que son unique but est de satisfaire les gens. Ce, en soulignant que cela ne l’intéresse pas si les gens ne sont pas satisfaits.

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Un préjudice de 3,4 millions d’euros

Les falsifications d’arrêt de travail des assurés ont laissé un préjudice énorme en 2021. La Sécurité Sociale estime ce préjudice à 3,4 millions d’euros au total. Que doivent faire les médecins en cas d’usurpation d’identité ?

La CPAM recommande aux médecins victimes d’usurpation d’identité de faire une démarche auprès de la police ou la gendarmerie. Elle leur recommande également de l’en informer. En effet, l’organisme pourra enquêter sur les bases de données de l’assurance maladie.

Ainsi, elle pourra détecter les éventuels arrêts de travail frauduleux et réaliser des enquêtes. En effet, Thierry a déjà suivi ces recommandations, cela n’a rien changé. Le problème persiste.

« Tous les jours, j’ai la Sécurité sociale qui me contacte pour me demander de confirmer ou d’infirmer de faux arrêts de travail », affirme-t-il.

Pour les arrêts de plusieurs mois, la Sécurité Sociale procède à des contrôles médicaux et administratifs. S’il y a des cas de fraudes avérés, voici ce que risque l’assuré :

  • Suspension de ses indemnités journalières
  • Pénalités financières

La Sécurité Sociale se réserve le droit de transmettre les informations à la justice. Limiter ce phénomène nécessiterait de :

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  • Mettre l’accent sur la télétransmission des arrêts
  • Supprimer ou encadrer plus strictement la rédaction d’arrêts de travail en version papier ou via les plateformes de téléconsultation
  • Surveiller et contrôler les réseaux sociaux

À savoir sur l’usurpation d’identité

L’usurpation d’identité consiste à utiliser sans votre accord des données personnelles propres à vous identifier. Celui qui usurpe votre identité peut se servir des informations pour nuire à votre réputation. Voilà pourquoi il est nécessaire de s’en protéger. Cela dit, l’usurpation d’identité est une infraction qualifiée de délit pénal.

Voici quelques règles de base que vous pouvez appliquer pour protéger vos données personnelles :

  • Choisir un mot de passe sûr et difficile à retenir
  • Ne pas utiliser un mot de passe unique sur tous ses comptes
  • Ne pas partager ses mots de passe et prendre des précautions lors de leur utilisation sur d’autres ordinateurs
  • Vérifier l’authenticité d’un expéditeur avant l’envoi des informations personnelles ou sensibles par mail
  • Éviter d’inscrire son adresse mail principale sur des sites non fiables
  • Être attentif à ses relevés de compte bancaire
  • Détruire tout papier comportant des informations personnelles avant de le jeter

Vous pouvez déposer une plainte pénale

Si vous croyez être victime d’usurpation d’identité, collectez tout élément pouvant servir de preuve à l’infraction. Ensuite, vous pouvez en aviser le ou les sites sur lesquels l’usurpation a eu lieu. Ainsi, vous pouvez leur demander de supprimer des informations vous concernant.

Par ailleurs, vous pouvez déposer une plainte pénale auprès d’un commissariat de police, d’une gendarmerie ou du procureur de la République. En outre, vous pouvez consulter le site gouvernemental de la cybermalveillance pour vous aider à identifier un organisme pouvant vous accompagner dans vos démarches.

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Source : Midi Libre

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