Réforme des retraites : la présentation de la réforme est reportée au 10 janvier, à quoi s’attendre ?

Changement de calendrier pour la présentation de la réforme des retraites. Que sait-on de ce texte très attendu ? La réponse dans l’article.

Réforme des retraites : la présentation de la réforme est reportée au 10 janvier, à quoi s’attendre ? – Source : iStock

Le gouvernement devait présenter la réforme des retraites ce mois de décembre. Le président de la République a annoncé que la présentation aura lieu le 10 janvier 2023. Les élections professionnelles qui ont eu lieu début décembre auraient été la raison de ce report.

Jusqu’ici, la Première ministre et le ministre du Travail ont déjà souligné les points déjà tranchés sur ce texte. Les syndicats et les économistes ne sont pas tous d’accord sur le contenu de la réforme. On vous dit tout dans cet article.

Réforme des retraites : 64 ou 65 ans ?

La réforme des retraites de 2023 devrait reporter l’âge légal de départ à la retraite à 64 ou 65 ans. Cela devrait se faire progressivement à partir de l’été 2023 jusqu’en 2031. Le décalage sera de quatre mois supplémentaires par an en commençant par la génération 1961.

Actuellement, l’âge légal d’ouverture des droits à la retraite est à 62 ans. Le report à 65 ans permet de ne pas augmenter les cotisations sans réduire le montant des pensions de retraite. Avec cette réforme, les petites retraites vont augmenter. L’année prochaine, la retraite minimum à taux plein sera de 1 200 euros.

La réforme des retraites supprime les régimes spéciaux des agents de la RATP et de la Banque de France. Il faut savoir que les cotisants actuels ne seront pas concernés par la suppression des régimes spéciaux. Ce sont les nouveaux entrant dans le monde de travail en 2025 qui n’auront plus droit à cet avantage.

« Les nouveaux recrutés des régimes spéciaux seront affiliés au régime général d’assurance-vieillesse, comme tous les salariés du privé », a déclaré la Première ministre.

Possibilité de départ avant l’âge légal

Élisabeth Borne a confié au Parisien que le gouvernement va maintenir les carrières longues même après la réforme des retraites. Ce dispositif va même s’assouplir pour les personnes ayant commencé à travailler très tôt.

« Il faudra, par exemple, se poser la question des jobs d’été qui sont aujourd’hui pris en compte ou de l’âge auquel les personnes ont réellement commencé à travailler », a-t-elle livré.

Quant à la pénibilité, le gouvernement va ajouter 3 critères de pénibilité au travail. Actuellement, les critères de pénibilité qui permettent d’obtenir des points sont :

  • Le travail de nuit
  • Travail en équipes alternantes
  • Travail en milieu hyperbare (sous l’eau)
  • Les gestes répétitifs
  • Les expositions aux bruits et aux températures extrêmes (froides ou chaudes)

Les nouveaux critères de pénibilité qui vont s’ajouter à cette liste en 2023 sont :

  • Les postures pénibles
  • Le port de charges lourdes
  • Les vibrations mécaniques

Pour rappel, le dispositif des carrières longues et les pénibilités permettent aux travailleurs de prendre la retraite avant l’âge légal. Selon la situation du salarié, il pourra partir 2 ou 4 ans avant d’atteindre l’âge légal.

Le gouvernement ne compte pas modifier l’âge de l’annulation de la décote. Cette dernière restera à 67 ans même si l’âge légal est à 64 ou à 65 ans. La décote est la réduction que subissent les pensions des retraités qui n’ont pas cotisé assez de trimestres.

Actuellement, pour obtenir une retraite à taux plein, il faut avoir cotisé 167 trimestres. Le retraité obtient alors 50 % de son salaire annuel brut. Si ce dernier n’a pas rempli ce nombre de trimestres, sa retraite est réduite de 1,25 % par trimestre manquant.

Un gain de 33 milliards d’euros ?

Le système de retraite actuel a un déficit de 10 milliards d’euros. Ceci explique pourquoi le gouvernement insiste sur le besoin de la réforme qui doit « équilibrer » le système. Le report de l’âge légal devrait rapporter près de 33 milliards d’euros vers 2035.

Les économistes estiment qu’il existe d’autres solutions qu’un report de l’âge de départ à la retraite. Ces derniers suggèrent d’augmenter les cotisations ou d’annuler les exonérations de cotisation dont certains acteurs bénéficient.

Selon les experts, soumettre l’épargne salariale à des cotisations retraite pourrait aussi permettre d’équilibrer le système de retraite. Sur le plan sociétal, la réforme des retraites ne fait pas non plus l’unanimité.

Selon les sondages, 2 personnes sur trois ne sont pas favorables à la réforme des retraites. Près de 75 % des personnes directement concernées (entre 50 à 4 ans) sont opposées à ce nouveau système de retraite.

Le système de retraite en France a connu de nombreuses grandes réformes depuis 1982. Cela s’expliquait avec le vieillissement de la population et la dégradation financière des caisses. Le décalage de l’âge à 65 ans pourrait être la goutte de trop pour les Français.

La réforme de 2023 génère déjà beaucoup d’hostilité. Les syndicats ont même annoncé une possible mobilisation sociale lors de la présentation du texte sur la réforme. La présentation du texte a finalement été reportée pour janvier 2023, mais le contexte n’est pas favorable.

Le gouvernement va-t-il avoir recours au 49.3 pour forcer l’entrée de la réforme des retraites ? Selon la Première ministre, Élisabeth Borne, « rien n’est tranché ». Quoi qu’il en soit, l’exécutif, lui, est déterminé sur l’adoption de la réforme des retraites.

L’âge de départ à la retraite dans d’autres pays

Près de 21 % des populations de l’Europe sont âgées de 65 ans et plus. Dans l’Union européenne, l’âge légal de la retraite est différent pour chaque pays. En Autriche et en Pologne, les femmes peuvent partir à la retraite dès l’âge de 60 ans.

En Allemagne, en Belgique ou encore sur l’île de Chypre tous les travailleurs partent à la retraite à l’âge de 65 ans. Il s’agit d’ailleurs de l’âge légal moyen dans la majorité des pays membres de l’Union européenne.

Au Danemark, l’âge légal de départ à la retraite est à 67 ans. De même pour l’Italie et l’Islande. En 2018, l’Italie a assoupli sa réforme de 2011 pour permettre un départ à la retraite anticipé à partir de 60 ans. Les salariés italiens souhaitant partir plus tôt avant 67 doivent toutefois totaliser 40 ans de cotisations.

L’Espagne songe déjà à des réformes sur la hausse de l’âge légal à la retraite. Les débats avec les acteurs sociaux se poursuivent encore. Par rapport aux autres pays, l’âge de départ actuel en France fait partie des plus tôt.

Dans les pays européens, plus de 5,1 millions de personnes au-delà de 65 ans travaillaient encore en 2020. Ce chiffre de l’Eurostat est en constante augmentation ces dernières années.

Source : Radio France