Go Sport : les 2160 salariés vont encore devoir patienter jusqu’à jeudi

Suite à l’audience de ce lundi 16 janvier 2023, des questions se posent sur l’avenir de Go Sport. Ses 2 160 salariés s’inquiètent.

Go Sport : les 2160 salariés vont encore devoir patienter jusqu’à jeudi – Source : Getty Images

Une audience cruciale pour l’avenir de l’enseigne Go Sport a marqué ce lundi 16 janvier. De nombreuses interrogations demeurent. À noter que l’enseigne compte 2 160 salariés qui seront fixés sur leur sort après la mise en délibéré de la décision. Ils seront fixés le 19 janvier prochain.

Go Sport : une audience tendue

L’audience s’est tenue à huis clos et a duré environ 1 h 30 ; elle était visiblement tendue. À l’issue de celle-ci, Me Evelyn Bledniak, avocate du comité social et économique centrale (CSEG) de Go Sport a indiqué :

« Il y a eu des débats, des discussions (…) On a présenté les comptes. »

Et d’expliquer :

« Il y a des choses que (la maison-mère Hermione People and Brands) HPB a annoncées. Après, la question est “Est-ce que ça tient, est-ce que c’est suffisant ?” Et c’est là-dessus que le tribunal va statuer. »

Les dirigeants de HPB quant à eux sont restés dans le silence. Et ce, même lorsque Laurence Labaurie, représentante de la Force Ouvrière, a vivement interpellé son président Wilhelm Hubner à la sortie de l’audience.

Est-ce que le distributeur d’articles sportifs Go Sport est en cessation de paiement ? Ce lundi 16 janvier 2023, le tribunal de commerce de Grenoble s’est penché sur le dossier de ce groupe fondé en 1978.

À rappeler que ce groupe emploie 2 106 salariés en France. L’audience a débuté à 9 h au palais de justice de Grenoble, près du siège du groupe, à Sassenage (Isère).

Des points de vue différents

Fin décembre, la justice avait entendu les différentes parties une première fois. Puis, elle a chargé un juge enquêteur de « faire un état précis de la situation financière » du groupe. Ainsi que sa filiale Go Sport France. Avec l’aide des cabinets d’audit et des commissaires aux comptes du groupe.

De fait, les points de vue divergent de manière diamétrale entre les représentants des salariés, craignant le pire, et la maison-mère HPB. Cette dernière l’avait racheté fin 2021 pour un euro symbolique et se montre optimiste.

Selon les dirigeants de HPB, Go Sport « n’est pas en état de cessation de paiement ». Sa situation n’a rien à voir avec celle de Camaïeu qui fut liquidée de manière abrupte fin septembre. Le président de HPB, Wilhelm Hubner assure qu’après « 17 années de pertes », Go Sport devrait renouer avec les bénéfices « dès 2023 ».

Inquiétudes du côté des salariés de Go Sport

Le 3 janvier, le groupe a nommé Patrick Puy à la tête de l’enseigne. Patrick Puy est un spécialiste en restructuration d’entreprises en difficulté. Il était auparavant le patron du fleuron déchu du textile Vivarte (Caroll, Minelli, La Halle, Naf Naf, Chevignon…). L’Humanité l’avait surnommé le « cost killer de choc » en 2017.

Sa mission est, selon HPB, de « poursuivre la nécessaire transformation » de l’entreprise. De leur côté, les salariés de Go Sport, et surtout leurs représentants syndicaux s’inquiètent de la situation. Mais aussi, le comité social et économique centrale (CSEC). Des commissaires aux comptes et un expert que CSEC a mandaté avaient fait des constats sévères.

Ils avaient en effet estimé que sur la période octobre-novembre, l’entreprise était en cessation de paiement. Ils se sont d’ailleurs alarmés d’une remontée de 36 millions d’euros de trésorerie de Go Sport vers HPB. Le CSEC espère que tout s’éclaircira.

Mercredi, auprès de l’AFP, un délégué du premier syndicat de Go Sport, a estimé qu’« il y a des choses qui nous échappent ». Faisant référence à la situation économique du groupe. Selon ce délégué, la mission de Patrick Puy est de trouver un repreneur à Go Sport au lieu de redresser le groupe.

Un autre motif d’inquiétude

Il y a également un autre motif d’inquiétude. En effet, la HPB a, ce jeudi 12 janvier, annoncé « l’acquisition de GAP France par Go Sport ». Selon un communiqué, l’opération fut présentée l’avant-veille « auprès des CSE extraordinaires des deux entreprises ».

Objectif de cette acquisition :

« Renforcer l’activité Lifestyle et Sportwear de ces deux marques de HPB, tout en préservant des stratégies spécifiques », selon la même source.

Selon l’avocate du comité social et économique central de Go Sport, le montant de ce rachat, 38 millions d’euros, « laisse perplexe ». En effet, Me Evelyn Bledniak explique qu’« il n’y a pas de clarté sur la valorisation de GAP, qui connaîtrait aussi des difficultés ».

L’opération elle-même suscite des interrogations. En effet, HPB avait justifié la ponction sur la trésorerie de Go Sport par la nécessité de financer « une opération de croissance externe ». Ce sont les termes de la direction.

Or il s’agit d’une « opération interne au groupe HPB ». Dès lors, on peut légitimement se poser des questions sur la manière dont HPB a cherché à couvrir ou régulariser les sommes transférées.

Enfin, Wilhelm Hubner devait aussi s’expliquer lundi sur un généreux contrat de sponsoring. Un contrat conclu en janvier 2022 entre Go Sport et le Vélo Club de Roubaix Lille Métropole, qu’il préside. C’est ce que le quotidien Le Parisien disait ce samedi.

Le tribunal de commerce de Lille avait placé la chaîne de prêt-à-porter Camaïeu, détenue par HPB, en liquidation fin septembre. Ses 2 100 salariés ont donc été licenciés.

Source : Actu