Coupures d’électricité : quel protocole pour les établissements scolaires ?

Le ministère de l’Éducation nationale a réuni les syndicats des enseignants pour parler des coupures d’électricité en classe. Les détails.

Coupures d’électricité : quel protocole pour les établissements scolaires ? – Source : iStock

Malgré l’inquiétude des syndicats des enseignants, le ministère de l’Éducation nationale se veut rassurant. Vendredi dernier, il leur a exposé les détails du protocole qui sera appliqué dans les écoles lors des coupures d’électricité. On vous dit tout.

Pas d’école le matin en cas de coupure

Jeudi 1er décembre, le ministre de l’Éducation nationale a annoncé une nouvelle étonnante concernant le délestage. Selon ce qu’il a déclaré, il n’y aura pas d’école le matin en cas de coupure d’électricité cet hiver.

Pap Ndiaye a aussi annoncé que les coupures d’électricité se feront « selon trois créneaux : 8h-10h, 10h-12h et puis 18h-20h le soir ». Ces créneaux sont des créneaux scolaires assez critiques. C’est pourquoi le gouvernement a pris certaines mesures.

« Ces deux créneaux du matin, s’ils sont dans une zone qui subit un délestage, auront pour conséquence que la rentrée des élèves le jour concerné se fera en début d’après-midi (…) Donc il n’y aura pas d’école le matin », a fait savoir le ministre.

Les élèves n’iront donc pas en classe en cas de coupure d’électricité le matin. Chose qui, selon le ministère de l’Éducation nationale, ne prendra pas les parents de court. Puisque le gouvernement prévoit de les informer le cas échéant. Ils sauront la veille, s’ils doivent oui ou non envoyer leurs enfants à l’école.

Pour info, les parents pourront se tenir informés en consultant le site d’Enedis dans la section coupures temporaires. Ils pourront également télécharger l’application Ecowatt et recevoir les dernières nouvelles concernant les coupures d’électricité le moment venu.

Les mesures sur les coupures d’électricité

Comme informé par le gouvernement, les enfants de personnel prioritaire ne seront pas laissés pour compte. En cas de coupure d’électricité, ils seront envoyés dans des établissements épargnés par le délestage.

Ainsi, ils ne se retrouveront pas sans surveillance. Le ministère de l’Éducation nationale a aussi fait savoir qu’une même école ne devrait pas subir plus de trois coupures. Cela a été tranché pour minimiser l’impact que ces coupures d’électricité pourraient causer au cursus scolaire.

Si cette décision s’avère être adaptée, pour l’heure, il est encore trop tôt pour confirmer son application. Il faudra attendre que les choses évoluent.

« À cette heure, personne ne sait si une école sera fermée une, deux, trois fois voire jamais. L’idée est avant tout que ces délestages soient tournants et aient un impact limité », a fait savoir une source au sein du ministère de l’Éducation nationale.

En cas de coupure le soir, le gouvernement prévoit aussi de faire rentrer plus tôt le périscolaire. Par contre, les internats, les collèges, ainsi que les lycées, eux, resteront ouverts. Un même établissement ne devrait pas non plus être délesté deux fois en une journée.

Si l’école de votre enfant a donc subi une coupure le matin, le périscolaire du soir ne pourra être annulé. Par ailleurs, comme certains enseignants se sont interrogés sur la question de l’alimentation, le ministre de l’Éducation nationale leur a répondu.

Lors de sa prise de parole, il a indiqué que certaines mesures seraient prises pour les élèves. Notamment, pour ceux qui sont à la cantine. Ces derniers pourraient, selon lui, bénéficier d’un repas malgré la fermeture des classes en matinée.

Des mesures qui ne font pas l’unanimité

Les dispositions prises par le gouvernement font beaucoup parler. Surtout en milieu scolaire. Les syndicats des enseignants pensent en effet qu’annuler les classes à cause des coupures d’électricité n’est pas une solution.

« On a l’impression de revivre l’improvisation et les bricolages qu’on avait connus avec la gestion du Covid-19. Les informations arrivent sans avoir été travaillées et soulèvent plein de questions », a déclaré Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa dans un communiqué.

Comme les syndicats des enseignants, les parents d’élèves sont eux aussi réticents face aux mesures prises par le gouvernement. Pour eux, l’école devrait être une priorité et non une option que l’on peut supprimer facilement.

De plus, la crise sanitaire avait fait d’énormes dégâts dans le domaine éducatif. Il faudrait donc chercher une autre solution. Une solution qui ne doit pas perturber le système scolaire.

« Le Covid-19 n’a pas servi de leçon au gouvernement (…) quid de la prise en compte des journées perdues pour les élèves ? Comment voulez-vous qu’un parent fasse en apprenant à 17 h que l’école de son enfant risque d’avoir une coupure et de ne pas avoir d’école ? », se désole Magalie Icher, présidente nationale de la FCPE.

Source : Ouest-France