Prix de l’énergie : une hausse à venir sur votre facture dès 2023 ?

C’est ce moment de l’année où les factures d’électricité sont plus élevées. Mais êtes-vous à l’abri de la flambée du prix de l’énergie ?

Prix de l’énergie : une hausse à venir sur votre facture dès 2023 ? – Source : Istock

Le gouvernement promet que le bouclier tarifaire va limiter la hausse vertigineuse du prix de l’énergie, jusqu’en 2023. La protection va s’étendre aux foyers qui ont souscrit aux tarifs réglementés d’EDF et aux contrats d’énergie qui lui est indexé. 12 millions de ménages français recevront un chèque exceptionnel de 100 à 200 euros. Mais cela risque de ne pas suffire face à l’explosion du prix de l’énergie en 2023. Certains consommateurs risquent d’être protégés plus que d’autres. Explications.

Qui est vraiment protégé par le « bouclier tarifaire » ?

Face à la conjoncture économique, le gouvernement a limité le tarif réglementé du gaz, depuis le 1er octobre 2021. Il en a fait de même avec le tarif réglementé de l’électricité, depuis le 1er février 2022.

Or, ce bouclier tarifaire protège seulement les consommateurs qui ont choisi un contrat au tarif réglementé. La protection s’étend aussi aux contrats indexés à ce tarif particulier.

Par contre, tous les consommateurs qui ont choisi un contrat dont le prix est indexé sur les marchés de gros de l’énergie ne vont pas être protégés par le bouclier tarifaire.

D’après Olivier Challan Belval, médiateur national de l’énergie :

« Le bouclier tarifaire en gaz et en électricité mis en place par le gouvernement a permis de protéger les consommateurs particuliers et ceux habitant dans des immeubles en chauffage collectif. Les consommateurs titulaires d’un contrat de fourniture indexé sur les prix de marché ont subi des hausses de factures difficilement supportables. »

Les consommateurs protégés par le bouclier tarifaire vont moins ressentir la hausse spectaculaire du prix de l’énergie en 2023. C’est aussi le cas de ceux qui ont signé des contrats d’énergie dont le prix fixe a été bloqué pendant une ou plusieurs années.

Cependant, les consommateurs sans bouclier tarifaire, vont voir l’explosion du prix de l’énergie sur leur facture d’énergie. Aussi, les fournisseurs qui ont modifié leur tarif en cours de contrat pour indexer celui-ci au prix du marché, vont aussi mettre ses clients en difficulté. « À la suite de la crise énergétique, ils (les consommateurs) se sont vus appliquer des prix dont le montant était très nettement supérieur à celui qu’ils avaient prévu, parfois multiplié par 2, voire 3 ou 4 », explique Olivier Challan Belval.

Comment choisir son fournisseur d’électricité pour ne pas se ruiner ?

À la fin de votre contrat avec un fournisseur alternatif, vérifiez toujours le nouveau tarif qu’il présente.

« Celui qui ne suit pas d’une façon très assidue son contrat risque de subir de fortes hausses de son tarif sans s’en rendre compte », affirme l’association des consommateurs CLCV.

En règle générale, méfiez-vous si celui-ci n’est pas indexé sur le tarif réglementé. Dans de nombreux cas, un tel tarif risque de vous coûter plus cher.

Si le prix que ce fournisseur ne vous satisfait plus, vous pouvez très bien opter pour un autre. La procédure de changement est simple. Elle peut se faire directement par téléphone ou par mail.

« Si l’on considère la question du prix et de la sécurité contractuelle, souscrire au tarif réglementé de vente de l’électricité est la meilleure option pour la très grande majorité des consommateurs. », a déclaré la CLCV.

Elle ajoute que la réduction tarifaire de certains fournisseurs d’électricité n’en valait pas vraiment la peine à cause du « risque d’être fort malmené dans les mois qui suivent ».

Plusieurs consommateurs tombés dans le piège de la comparaison du prix de l’énergie

L’association des consommateurs CLCV affirme que la comparaison tarifaire n’est plus si fiable, dans le contexte actuel de l’énergie. Désormais, celle-ci « comporte une lacune. Elle ne prend pas en compte le risque contractuel. »

Il faudrait donc se méfier des informations que les comparateurs de prix communiquent. Un consommateur avait notamment appris cette leçon à ses dépens. Ce dernier a choisi le meilleur fournisseur sur un classement des fournisseurs d’énergie au mois de juillet. Mais il a eu la mauvaise surprise de constater une augmentation de 84 %. Une augmentationn qui concerne le tarif de son fournisseur, en septembre dernier.

Après cet incident, la CLCV a incité les comparateurs de prix de l’énergie à laisser un message d’avertissement. Et ce, au regard de la sécurité contractuelle. En ce qui concerne la transparence et l’effectivité des informations, le meilleur comparateur des prix de l’énergie reste à ce jour, celui du médiateur national de l’énergie.

Vers une meilleure protection du consommateur ?

Le 14 septembre dernier, Elisabeth Borne a affirmé que la hausse du prix de l’énergie devrait atteindre 15 % en 2023. En maintenant le bouclier tarifaire, ce sera donc :

« Une augmentation moyenne de l’ordre de 20 euros par mois pour les ménages qui se chauffent à l’électricité, au lieu de 180 euros par mois, sans bouclier tarifaire ».

Le médiateur de l’énergie trouve que ce bouclier tarifaire ne devrait pas juste viser une catégorie particulière de contrats d’énergie. Il voudrait que cette protection s’étende aux autres consommateurs. Selon lui, ceux qui ont opté pour un contrat indexé sur le prix des marchés de l’énergie devraient aussi y avoir droit. Ceux qui ont d’abord souscrit aux tarifs réglementés avant d’être indexé en cours de contrat sur le prix du marché, doivent aussi être considérés.

En outre, le médiateur national de l’énergie voudrait aussi une meilleure transparence sur la tarification du prix de l’énergie. Il se positionne donc contre les offres de certains fournisseurs. Ce qui empêchent leurs clients de connaître clairement le prix de l’énergie qu’il est en train de consommer.

Le tarif de certains fournisseurs d’énergie n’est, en effet, connu qu’après la consommation du foyer. Pourtant, plusieurs consommateurs ont déjà eu de mauvaises surprises face à l’application de cette technique. L’indice retenu dans le calcul de la facture n’est pas celui du mois précédent. En effet, il s’agit du mois en cours. C’est donc un système qui risque de beaucoup poser problème lors de cette fin d’année.

Olivier Challan Belval propose de donner à tous les contrats d’énergie, « les mêmes protections que celles actuellement prévues pour les seules offres dites « à tarification dynamique » : meilleure information sur les risques de forte augmentation des prix et plafonnement du prix au-delà d’une certaine augmentation. »

Source : Ladepeche