L’appel des 500 mamans : l’actrice Judith Chemla prête sa voix à l’indicible

L'appel des 500 mamans regroupe les courriers de mères désemparées face à l'inceste. Ce 7 juillet, on découvre la lettre lue par Judith Chemla.

© Instagram @i.n.c.e.s.t.i.c.i.d.e_fr

Lorsqu’un couple se sépare, la question de la garde des enfants cristallise souvent beaucoup de tensions. Parfois, la garde partagée fait naître quelques conflits. Et les parents n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la répartition des jours de vacances… Pour autant, il existe des cas bien plus graves. Notamment lorsqu’un parent découvre des abus sexuels sur ses enfants. Mais dans ce genre de situation, la justice a du mal à écouter les victimes mineures. Un enfer dénoncé via l’Appel des 500 mamans.

Cette initiative a été lancée par le collectif Incesticide, qui, comme son nom l’indique, entend en finir avec l’inceste. Encore commis en toute impunité dans certains cas, et de manière répétée. Le contexte ? Des mineurs, qui rentrent d’un week-end ou de congés chez l’un de leurs parents avec des lésions génitales. Et en rapportant de véritables horreurs. Or, le juge suppose parfois qu’il s’agit de mensonges, inventés sous la pression de l’autre parent, pour régler un conflit entre adultes. Ainsi, celles et ceux qui tentent de sauver leurs enfants peuvent avoir des ennuis (délit de non-présentation d’enfant). Avec L’appel des 500 mamans, il est question de révéler tous ces courriers désespérés, envoyés aux juges par des mères dévorées par l’inquiétude.

Judith Chemla porte l’Appel des 500 mamans

Les missives ne sont pas lues par leurs auteures. Cette mission revient à des personnalités, qui soutiennent l’action du collectif Incesticide. Le 8 mars dernier, des célébrités se trouvaient à l’Assemblée nationale. Afin de dévoiler ces terribles courriers. Ainsi, on peut citer Carla Bruni, Julia Molkhou, Vincent Mc Doom, Slimane Dazi… Et ce 7 juillet 2024, sur Instagram, le collectif a révélé la prise de parole de Judith Chemla. En effet, dans le cadre de l’Appel des 500 mamans, la comédienne avait lu, avec beaucoup d’émotion, les mots d’une mère. Dont la fille se plaint de viols terribles vécus au domicile de son père, et commis par deux adolescents. Un texte fort, aux détails insoutenables, initialement adressé à un magistrat.

« Tu as décidé de classer l’affaire sans suite, car les agresseurs sont des mineurs. Tu autorises son père à récupérer notre fille. Et à se faire maltraiter physiquement, psychologiquement. Son père vient accompagné des agresseurs. Malgré nos nombreuses plaintes, tu préfères écouter et croire la parole d’un adulte. »

Dans cette lettre, comme dans d’autres courriers de l’Appel des 500 mamans, il s’agit d’une mère criminalisée pour avoir tenté de protéger son enfant. Un cas révoltant, mais loin d’être isolé :

« Tu m’accuses d’aliénation parentale. De surprotection. De vouloir priver ce « bon père » de son enfant. Le protèges-tu ainsi, car il est militaire ? En voulant protéger ma fille, je ne l’ai pas laissée à son père pour ses droits de visites. C’est moi, que tu convoques devant le tribunal correctionnel de Toulouse, pour être condamnée, pour les non-représentations d’enfant. Entre-temps, je suis obligée de remettre ma fille à son père. Qui continue impunément à taper. Je parle de coups de poings, de coups de pieds, de gifles. Et à lui faire subir des violences psychologiques.. »

La voix de Judith Chemla tremble un peu parfois, au détour d’une phrase. Il faut dire que cette lettre a de quoi glacer le sang. Elle décrit un vrai calvaire judiciaire.

« Si je ne respecte pas ta décision, je serais placée en garde à vue. Et ma fille sera placée au domicile de son père. Sache que tu as détruit l’image que j’avais de la justice française. Tu as détruit la vie de ma fille, la mienne. Tu as détruit mes espoirs. Ma fille, elle a 7 ans et demi, est un enfant brisé. Qui ne croit plus en la justice, ni même aux juges. » 

Si ce témoignage vous a ému, rendez-vous sur la page Instagram Incesticide. Chaque dimanche, le collectif publie une nouvelle lecture, tirée de l’Appel des 500 mamans. Pour faire bouger les lignes, cette initiative compte sur les partages via les réseaux sociaux et la mobilisation du grand public.

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