FNSEA : les agriculteurs en colère boudent les consignes du syndicat

Longtemps considérée comme le principal syndicat agricole, la FNSEA semble perdre en crédibilité en appelant à la levée des blocages.

© Getty Images

Afficher Masquer les titres

En France, il faut parfois s’accrocher pour suivre l’actualité politique sans attraper une migraine. Entre les prises de paroles qui fleurent bon la langue de bois, et les sigles des partis et des organisations syndicales… Il y a parfois de quoi y perdre son latin. Pas de panique : il est toujours temps de se renseigner un peu pour mieux comprendre ce qui se joue. Depuis plus d’une semaine, les agriculteurs en colère s’activent aux quatre coins du pays. L’objectif ? Bloquer certains axes routiers, pour faire entendre leurs revendications. Très vite, le Premier Ministre a compris qu’il ne devait pas négliger cette mobilisation. La FNSEA, très célèbre syndicat du milieu agricole, a donc eu le droit à plusieurs entretiens à Matignon, avec le chef de gouvernement. Or, l’organisation, qui vient d’ordonner la levée des blocages, a bien du mal à se faire obéir des manifestants. On fait le point !

La FNSEA connaît une hostilité grandissante, sur le terrain comme sur la toile

Apportons d’abord un peu de contexte ! Si vous travaillez, vous savez que chaque secteur a droit à une représentation syndicale. Et même à plusieurs syndicats, au choix. Ainsi, les ouvriers d’usine eurent souvent la possibilité de se tourner vers Force Ouvrière (FO) ou vers la CGT. Pendant les mobilisations contre la réforme des retraites, la CFDT a aussi beaucoup fait parler d’elle. Or, lorsqu’il s’agit du monde rural, les responsables politiques s’adressent en premier lieu à la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles. Autrement dit, la FNSEA.

Après plusieurs réunions à Matignon, les responsables de ce grand syndicat ont obtenu plusieurs engagements de Gabriel Attal. Notamment, des normes plus permissives concernant l’usage des pesticides. Ou encore une baisse des obligations sur les terres à laisser en jachère. Mais aucune de ces avancées ne vient garantir de meilleurs revenus aux agriculteurs. Aussi, quand la FNSEA a appelé les manifestants à rentrer chez eux, certains ont fait la sourde oreille. Sur les points de blocages, certains n’ont pas hésité à brûler les drapeaux et symboles de ce syndicat. Idem sur les plateaux télé, où de nombreux agriculteurs disent ne plus reconnaître la légitimité de l’organisation syndicale. Le discours est clair : certains accusent la structure de marcher main dans la main avec les industriels. Pour une concurrence encore plus rude. Et des conditions de travail toujours plus difficiles pour les éleveurs et cultivateurs.

À lire Agriculteurs en colère : les actions reprennent avant le Salon de l’Agriculture

Des révélations sur le syndicat suscitent un tollé sur la Toile

Au bout de plusieurs jours de mobilisation, beaucoup ont pris le temps de s’informer sur la FNSEA. Or, depuis le 1ᵉʳ février 2024, les scandales s’enchaînent. Certains dénoncent des salaires en hausse pour les cadres de l’organisation. Alors même que ce sont les cotisations des agriculteurs qui financent ces revenus. D’autres encore, mettent en cause la sincérité d’Arnaud Rousseau. Agriculteur, il intervient aussi en tant que dirigeant du groupe Avril. Qui commercialise des carburants et des huiles végétales…  Sa situation diffère donc de celles des petits exploitants agricoles.

Il était une pub est un média indépendant. Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités :

Suivez-nous :