Magasins : cette enseigne de distribution de chaussures va fermer pour de bon

Les mauvaises nouvelles s’enchaînent pour la marque de chaussures San Marina. Elle va devoir fermer ses 163 magasins dans l’Hexagone.

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En septembre 2022, San Marina a dû faire face à une difficulté lorsqu’elle a été placée en redressement judiciaire. Une mauvaise nouvelle est tombée le 14 février dernier. Les administrateurs de l’enseigne de fabrication et de distribution de chaussures ont annoncé la fermeture de ses magasins. L’enseigne San Marina va fermer ses 163 établissements en France.

Fermeture des magasins

À partir du samedi 18 février, les magasins de chaussures San Marina vont fermer définitivement. Selon les informations, cette décision est le résultat d’une réunion du comité social et économique qui a eu lieu mardi.

Faute de financements, les administrateurs de la marque ont décidé de fermer toutes ses boutiques en France. Pour les mêmes raisons, l’enseigne de chaussures avait été placée en redressement judiciaire l’année dernière.

San Marina est actuellement en attente du jugement du tribunal de commerce de Marseille (Bouches-du-Rhône). Il pourrait prononcer la liquidation judiciaire le 20 février prochain. La fermeture des 163 magasins dans l’Hexagone va entraîner la perte d’emploi d’environ 600 salariés.

La CGT a lancé un appel à la grève pour que ces salariés puissent obtenir une prime. Le syndicat attend que le groupe San Marina accorde une offre similaire à celle que Camaïeu a offerte à ses employés.

Pour rappel, les mandataires judiciaires de Camaïeu avaient présenté un plan social pour les 2 100 salariés licenciés en 2022. Le plan prévoyait une prime de 6 000 euros pour chacun de ces salariés.

Jusqu’ici, plusieurs magasins de l’enseigne de chaussures ont répondu à l’appel de la CGT. Si les discussions n’aboutissent pas dans les prochains jours, d’autres syndicats pourront rejoindre cet appel à la grève.

Au printemps 2022, San Marina avait annoncé un plan de sauvegarde de l’emploi ou PSE. Ce plan portait sur « 152 postes sur 680 ». L’entreprise parlait aussi d’une adaptation de son parc de magasins.

La distribution textile en souffrance

Les entreprises dans le secteur de la distribution textile ont connu une succession de redressement judiciaire. Ce sont notamment les entreprises en milieu de gamme qui se sont retrouvées en difficulté ces dernières années.

La mauvaise pente dans l’industrie de l’habillement peut s’expliquer par plusieurs raisons. Philippe Moati, un professeur d’économie à l’université Paris Cité a énuméré quelques-uns des problèmes des magasins de vêtements.

D’abord, il y a eu la crise des gilets jaunes qui a paralysé les commerces. La crise de Covid-19 a été fatale pour beaucoup d’enseignes. Par ailleurs, les grèves contre la réforme des retraites et l’inflation sont aussi contraignantes.

Le pouvoir d’achat des ménages est actuellement sous tensions. Ils doivent impérativement faire des arbitrages sur leurs dépenses et préfèrent sacrifier l’habillement. Selon Philippe Moati, ce phénomène n’est pas nouveau.

Cela fait des années que le poids de l’habillement sur le budget des ménages diminue. En plus du souci de fond, l’émergence de la « fast fashion » nuit aux magasins en milieu de gamme. Le prix du vêtement a beaucoup baissé depuis l’arrivée des enseignes comme Zara et H&M.

Ces marques réussissent à attirer plus de clients avec le renouvellement rapide de leurs collections. Elles proposent leurs produits à bas prix et font une surenchère promotionnelle constante.

De nombreux problèmes

Certaines marques se sont servies de la transition numérique pour se démarquer des autres enseignes. Elles développent des produits discount et créent une tension sur la concurrence des prix.

La transition numérique présente un grand bénéfice pour les marques comme Shein. Cette marque, venue de Chine, est un géant de « l’ultra fast fashion ». Il ne faut pas non plus oublier les incontournables du web comme Amazon ou Zalando.

Malheureusement, la concurrence est devenue déloyale. Yann Rivoallan, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin, regrette les conditions de travail inhumaines derrière ces marques.

Certaines enseignes utilisent aussi des intelligences artificielles ou IA pour développer des milliers de nouveaux produits chaque jour. Ces productions provoquent aussi des conditions écologiques déplorables.

L’utilisation des réseaux sociaux permet aussi à certaines marques de mieux cibler leur client. Les magasins de milieu de gamme qui sont plus traditionnels ne suivent pas le rythme et se font rattraper. Philippe Moati a aussi mentionné le marché des vêtements d’occasion.

Les Français ont changé leur habitude de consommation et se penchent vers la seconde main. D’un autre côté, ils connaissent l’impact du secteur de la mode sur la planète. Les acheteurs tournent alors vers le marché de l’occasion et délaissent les magasins.

Sources : actu.fr

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