Pouvoir d’achat : la terrible nouvelle est tombée, votre salaire n’augmentera pas face à l’inflation

Afin d'"éviter la spirale inflationniste qui avait été provoquée dans les années 1970 par une augmentation générale et automatique des salaires totalement découplée de la productivité du travail", Bruno Le Maire rejette toute indexation des salaires sur l'inflation, une demande portée notamment par la CGT.

Pouvoir d’achat : la terrible nouvelle est tombée, votre salaire n’augmentera pas face à l’inflation – Source : iStock

Aujourd’hui, la priorité absolue du gouvernement est l’inflation et le pouvoir d’achat des Français. L’inflation est une menace directe sur les ménages les plus fragiles, sur les classes moyennes, sur les retraités qui ne peuvent malheureusement pas augmenter leurs revenus. Depuis 2020, la crise sanitaire a bouleversé le contexte social et économique en France et dans le monde. Puis, depuis février 2022, le conflit en Europe de l’Est chamboule les marchés financiers, notamment celui de l’énergie.

Selon les chiffres du mois d’octobre 2022, l’inflation se situe maintenant à 6.2 %. Et dans les 19 pays de la zone euro, elle a connu une nouvelle hausse au mois d’août, s’établissant à 9,1 %. Elle était même de 10,1 % pour l’ensemble de l’Union européenne. La flambée des prix de l’énergie, des denrées alimentaires et des transports entraînent donc des hausses de prix incontrôlables, mois après mois. Les chiffres précités sont les plus responsables de l’érosion du pouvoir d’achat et donc des salaires et pensions. Malgré cela, Bruno Lemaire, ministre de l’Economie refuse une « augmentation générale et automatique des salaires totalement découplée de la productivité du travail ».

Seul le Smic est actuellement indexé sur l’inflation

Alors que les salariés ont manifesté pour les salaires le mardi 18 octobre 2022, certains syndicats réclamaient un retour de l’indexation des salaires sur les prix. Un mécanisme que l’État a abandonné dans les années 80 car on l’accusait de favoriser… l’inflation !

Les hausses de salaire dans le secteur privé devraient être comprises, selon les estimations, entre 2,5 et 3% cette année. Mais avec une telle inflation les salariés connaissent une baisse de pouvoir d’achat d’au moins 2%.

Un phénomène de forte inflation inédit qui pousse aujourd’hui certains syndicats, comme la CGT, à réclamer une indexation des salaires sur l’inflation.

Aujourd’hui, seul le SMIC fait l’objet d’une indexation sur l’inflation afin de protéger les salariés les plus fragiles. Après une hausse de 2,2% en octobre 2021… Puis de 0,9% en janvier 2022… Ensuite de 2,65 % en mai 2022… Le SMIC a augmenté une quatrième fois de 2,1% en août 2022 par application stricte du mécanisme légal d’indexation sur l’inflation. Il est aujourd’hui à 1 329,05 euros net. Un chiffre qui dépasse de nombreux minimas de branche et pourrait encore augmenter prochainement.

Jusqu’en 1983, les salaires des Français étaient indexés sur l’inflation. Mais ce mécanisme a fini par être abandonné. En effet beaucoup estimaient qu’il était lui-même générateur de hausse des prix. En effet, après les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979, les hausses de prix ont été spectaculaires et les entreprises ont dû accorder de fortes augmentations de salaires. Ce qui a entrainé une nouvelle hausse des prix… qui a entrainé une nouvelle hausse des salaires, etc. Une spirale que l’on nomme la spirale prix-salaire !

Pas d’indexation malgré un pouvoir d’achat en souffrance

 

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À l’occasion de l’ouverture des débats au Sénat sur la loi de programmation budgétaire, ce mercredi 2 novembre 2022, Bruno Le Maire a totalement écarté la demande, que la CGT à portée d’indexer les salaires sur l’inflation. Pour le ministre de l’Economie, il faut « éviter la spirale inflationniste. Celle qui avait été provoquée dans les années 1970 par une augmentation générale et automatique des salaires totalement découplée de la productivité du travail ».

Sans citer aucun syndicat, Bruno Le Maire a balayé les « promesses démagogiques » d’indexation des uns et des autres, saluant une décision « courageuse et responsable » d’Emmanuel Macron… « Qui nous évitera bien des déboires demain. Comme ceux que nous avons connus dans les années 1970″, a ajouté le ministre ! En effet, le président de la république avait exclu une indexation générale il y a une semaine sur France 2. « Les augmentations de salaires, ce n’est pas l’Etat qui les décide » a déclaré le chef de l’Etat. « Nous ne sommes pas une économie administrée ».

« Une spirale inflationniste »

Selon Bruno Lemaire, une indexation générale conduirait « à une nouvelle réduction de la marge des entreprises. Qui, du coup, seraient obligées de répercuter cette perte de marge sur l’augmentation des prix à la consommation ». Une « spirale inflationniste sans fin dans laquelle nous refusons en responsabilité de rentrer. Car nous serions perdants sur tous les tableaux » évoquant ainsi une « inflation hors de contrôle » et une perte de compétitivité et d’attractivité.

Outre la CGT qui réclame une indexation générale des salaires sur l’inflation à l’échelle nationale. Quatre syndicats de la fonction publique, CGT, FO, FSU, Solidaires de la Fonction publique, ont récemment demandé une indexation du point d’indice sur l’inflation. « En ne consentant qu’à une revalorisation de 3,5% de la valeur du point d’indice. Quasiment gelée depuis plus d’une décennie, déjà consommée par la flambée des prix… Le gouvernement organise un nouveau recul du pouvoir d’achat des agents publics ». C’est ce que dénonçaient mi-octobre les organisations dans un communiqué, qualifiant la situation « d’inacceptable ».

87% des Français sont pour l’indexation des salaires sur l’inflation 

En octobre dernier sortaient les résultats une enquête de l’institut de sondage IFOP pour le JDD. Cette enquête concernait l’indexation des salaires sur l’inflation. Les résultats qu’ils ont obtenus sont sans appel. En effet, c’est un quasi-consensus en faveur de l’indexation avec près de 87% des personnes interrogées qui en sont favorables. Cette approbation vient de tous les âges mais surtout de tous les bords politiques. 94% des sympathisants des partis de gauche y sont favorables. Mais la proposition plait aussi aux partis de droite et d’extrême droite. En effet, c’est 85% des sympathisants de droite qui se sont exprimés pour ces mesures. Et 90% des sympathisants de l’extrême droite. Le propre parti de la majorité semble plutôt favorable au retour de cette mesure avec 84% des sympathisants de Renaissance interrogés n’étant pas opposés à son retour.