Elle hérite à 24 ans de la propriété de sa mère… et de son squatteur, “Je peux passer l’hiver dans la rue”

Un squatteur refuse de quitter la maison dont cette jeune femme a hérité de sa mère. La pauvre peut finir à la rue cet hiver.

Mégane Lombard a reçu la maison de sa mère située à Fressenneville, près d’Abbeville en héritage. Elle est confrontée à un locataire qui ne paie plus de loyers depuis plusieurs mois, mais il refuse de partir. Il ne peut pas être expulsé à cause de la trêve hivernale. La jeune femme a pourtant besoin de cette maison, car elle ne s’en sort plus financièrement. Elle risque de passer l’hiver dehors, alors que son squatteur vit au chaud. Désemparée, parce que les pouvoirs publics l’ont abandonnée, la jeune femme mène son combat, seule.

Un combat qu’elle mène pour sa mère

L’histoire commence avec Danièle, la mère de Mégane Lombard qui décide de laisser sa maison pour vivre avec son compagnon. Elle emmène sa fille vivre avec elle. Très vite, cette dernière réussit à louer sa maison en 2021 sans intermédiaire à une connaissance. Mais à un moment, son locataire a arrêté de payer le loyer.

En début d’année 2022, la mère de Mégane succombe à la maladie.

« Ma mère avait entamé une procédure d’expulsion de son vivant, en me montrant son dossier sur son lit d’hôpital. J’ai repris le dossier après son décès ».

En effet, après la mort de Danièle, Mégane hérite de la maison que sa mère a louée. Toutefois, celle-ci ne peut même pas rentrer dans la maison qui, maintenant, lui appartient.

Ce locataire est devenu squatteur de fait. Il refuse de partir et reçoit la protection de la loi. En effet, la trêve hivernale a commencé ce 1er novembre et ne prendra fin que le 31 mars 2023. Elle n’a pas le droit de chasser celui-ci durant cette période. Elle doit attendre le printemps pour le faire.

Le 1er avril dernier, Mégane Lombard était convoquée au tribunal. Mais son locataire n’a pas comparu. L’audience a été reportée. Puis un jugement du 16 juin, a ordonné l’expulsion du squatteur assorti d’une obligation de payer le loyer restant, soit 11 500 euros.

Mais la jeune femme a déclaré :

« Aujourd’hui, je me retrouve sans logement, car les procédures d’expulsion prennent un temps inimaginable. Une longue procédure jusqu’à l’expulsion. »

Source : MÉGANE LOMBARD

La sous-préfète est du côté du squatteur

« Je me bats depuis des mois à passer des coups de téléphone. J’ai remué ciel et terre pour qu’il soit expulsé avant la trêve hivernale », déplore la propriétaire.

Elle pensait que le sous-préfet d’Abbeville pouvait l’aider.

« Ce dernier, très compréhensif, m’a dit faire tout son possible pour l’expulsion au plus vite », dit-elle.

Mais ses fins espoirs sont mis de côté à cause d’un changement de personnel.

« On m’annonce un changement de sous-préfet et on me dit que la nouvelle sous-préfète ne veut pas donner son accord et refuse l’expulsion du locataire. Comment est-ce possible ? », dit-elle.

Christine Royer, nouvelle sous-préfète, a souligné :

« Je n’ai pas souhaité signer cette expulsion à la veille de l’entrée en vigueur de la trêve hivernale ».

En résumé, celle-ci ne veut pas que le locataire vive en précarité cet hiver, sans proposition de relogement de la part du propriétaire.

Indignée, Mégane Lombard a lâché :

« Moi, par contre, je peux passer l’hiver dans la rue ? »

Accablée par la situation, la jeune femme de 24 ans a perdu la foi en la justice.

« Je suis impuissante et dévastée. J’en ai ras-le-bol. Ce monsieur a le droit de passer la trêve hivernale au chaud et moi dehors ! Il est fautif sur toute la ligne. Pourquoi l’aide-t-on lui ? »

Mégane Lombard veut rendre justice à sa maman

Actuellement, Mégane Lombard vit difficilement. Elle a même dû arrêter ses études pour travailler en région lilloise. À cause de sa situation financière délicate, elle a même dû demander à ses amis de l’héberger.

Mégane sait qu’elle ne peut pas compter sur les pouvoirs publics pour l’aider. Elle s’est déplacée à Fressenneville et a accroché plusieurs banderoles devant la maison que le squatteur occupe. Ce sont des messages comme « Squatteur au chaud » ou encore « Propriétaire à la rue ». Évidemment, à ce jour, l’entrée est toujours cadenassée.

Elle a même installé une tente et deux tabourets devant la maison. Elle compte maintenir ses efforts, « le temps qu’il ne sera pas dehors ».

« Ma mère s’est battue et sacrifiée pour cette maison. Je ne peux pas rester passive et tolérante », a-t-elle affirmé.

Source : MÉGANE LOMBARD

Mais Mégane est inquiète. Une fenêtre de toit donne l’impression d’être tout le temps ouverte.

« Dans quel état vais-je retrouver la maison ? », s’indigne-t-elle, n’ayant pas les moyens de réaliser des travaux.

Elle a aussi lancé une question, à la manière d’un SOS sur Facebook, qui dit :

« Que faut-il de plus pour que ça bouge ? ».