Inflation : ces très bonnes nouvelles pour les revenus des salariés en 2023

Au regard de l'inflation historique de ces derniers mois, le pouvoir d’achat qui diminue est la principale préoccupation des Français. Une bonne nouvelle pour les salariés de tous les secteurs : la dernière étude du cabinet d'audit et de conseil "Deloitte", réalisée pendant le mois d’octobre 2022, prévoit des salaires à la hausse pour 2023. 

Inflation : ces très bonnes nouvelles pour les revenus des salariés en 2023 ! – Source : iStock

L’inflation est en hausse depuis janvier 2021 et selon les chiffres du mois d’octobre 2022, elle se situe maintenant à 6.2 %. Et dans les 19 pays de la zone euro, elle a connu une nouvelle hausse au mois d’août, s’établissant à 9,1 %. Elle était même de 10,1 % pour l’ensemble de l’Union européenne.

La flambée des prix de l’énergie, des denrées alimentaires et des transports entraînent des hausses de prix incontrôlables, mois après mois. Les prix précités sont les plus responsables de l’érosion du pouvoir d’achat et donc des salaires et pensions. Ainsi, la toute dernière étude du cabinet Deloitte, qui met en avant des « niveaux historiques » révèle que les entreprises vont à nouveau revoir à la hausse les augmentations de salaires, et ce, en rapport avec cette inflation galopante.

Inflation : les calculs de l’INSEE

Inflation… Hausse des prix à la consommation, Perte de pouvoir d’achat… Des mots qui sont sur toutes les bouches depuis 2021.

Pour ce qui concerne l’année 2021. Ce retour de l’inflation est du fait des pénuries que les confinements de 2020 pour cause Covid-19 ont générées. Puis, en 2022 cette crise a pris de l’ampleur du fait du conflit en Europe de l’Est depuis le 24 février 2022. Ainsi, les prix de l’énergie ont explosé avec + 19.2 % sur les 12 derniers mois et sont actuellement en replis.

L’inflation s’est ensuite diffusée à d’autres produits, comme les céréales et les métaux, dont l’approvisionnement connait des tensions.

Ainsi, les produits alimentaires ont augmenté de 11.8 % sur les 12 derniers mois et continuent de s’orienter à la hausse.

C’est dans ce contexte que l’INSEE prévoit à nouveau une augmentation de l’inflation de 6.8 % pour le mois de décembre 2022.

Quelques chiffres 

Selon les calculs de l’INSEE de cette fin du mois d’octobre 2022. L’inflation, qui est de 6.2 %, décompose comme suit :

  • L’Energie a augmenté de 19.2 %
  • L’Alimentation a augmenté de 11.8 %
  • Les Services ont augmenté de 3.2 %
  • Les Produits Manufacturés ont augmenté de 4.2 %
  • Les Tabacs ont augmenté de 0.3 %

Donc, en ce qui concerne le pouvoir d’achat d’un foyer, il s’agit la capacité d’achat que lui permet l’intégralité de ses revenus. Il dépend ainsi de la somme des revenus du foyer et du prix des biens et des services proposés. Il est mesuré chaque mois par l’Insee.

La dernière étude du cabinet Deloitte

En plus de l’inflation. On remarque des chiffres à la hausse. La pression des salariés et le rapport de force dans le marché du travail. Aussi, les organisations se voient dans l’obligation de négocier à nouveau des augmentations des salaires et des primes.

Ainsi, la dernière étude datant du mois d’octobre 2022, du cabinet Deloitte, cabinet d’audit et de conseil, prévoit une augmentation des salaires pour l’année 2023. Cette augmentation, qui réduit considérablement le pouvoir d’achat, suivra évidemment le cours de l’inflation de ces derniers mois.

Cette dernière étude de Deloitte. Qui portait sur les budgets d’augmentation 2023, a reposé sur un panel de 131 entreprises interrogées sur le mois d’octobre 2022. Elle a eu lieu au sein des principaux secteurs d’activité. Distribution, Grande consommation, Banques, Assurances, Industrie de la santé, Industrie de transformation, Énergie et Utilities, Télécom et Médias.

« Des niveaux historiques »

Cette étude a mis en avant des augmentations ayant atteint des « niveaux historiques ».

En ce qui concerne le budget de ces augmentations de salaires. Deloitte avance que « En cumulant les augmentations réelles de 2022 et les budgets envisagés. Les augmentations médianes se porteraient respectivement à 6,5 % pour les non cadres et 6,4 % pour les cadres sur 2 ans ».

« Ce sont des niveaux historiques. Cela fait 15-20 ans qu’on a pas connu ces niveaux d’augmentations de salaires. Et on est en prévisions budgétaires à +0,5 à +1 % par rapport aux prévisions de cet été », a expliqué ce lundi 24 octobre Franck Cheron, associé Conseil et Capital Humain chez Deloitte, sur le plateau de Good Morning Business, sur BFM Business.

 

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En moyenne, les augmentations de salaires devraient tourner autour des 6%. Elles concernent les cadres ou les non-cadres, et le tout sur une période de deux ans. Ces augmentations historiques concernent absolument tous les salariés, et ce, dans toutes les catégories socio-professionnelles. Les augmentations sont cependant plus ou moins importantes selon le secteur.

Selon l’étude de Deloitte

Les secteurs de l’Industrie et de l’Automobile, la Grande Consommation et la Santé. Affichent des budgets prévisionnels médians d’augmentation de 4,0 %. En ce qui concerne le secteur public et les sociétés à but non lucratif, eux, prévoient des budgets médians de 2,7 %. À noter que tous ces chiffres sont hors promotion et ancienneté.

« On note que tous les secteurs sont alignés. Mais il y a de plus grandes dispersions intra-secteurs. Dans le même secteur, on peut avoir des écarts et des dispersions beaucoup plus importantes. Qu’on aurait pu voir auparavant », détaille Franck Cheron.

La prime Macron

Dans le même temps, les entreprises vont intensifier l’usage des compléments de salaires comme prime exceptionnelle du pouvoir d’achat, la « prime Macron ».

En effet, en plus d’une augmentation de salaire. Les entreprises se verront dans l’obligation de proposer à leurs salariés la prime exceptionnelle pour le pouvoir d’achat. Il s’agit d’une prime de 300 euros qui va, elle aussi, augmenter et atteindre jusqu’à 900 euros dans certains secteurs.

Cette étude devrait redonner un peu le sourire aux plus inquiets. Car, bien-sûr, l’inflation et le pouvoir d’achat suscitent une grande inquiétude chez de nombreux Français.

L’inflation et le pouvoir d’achat : la principale préoccupation des Français

Cofidis/CSA Research vient d’ailleurs de publier la 11ᵉ édition du baromètre du pouvoir d’achat des Français. Celui-ci confirme que le pouvoir d’achat est leur principale préoccupation.

En effet, pour 54 % des personnes. Le pouvoir d’achat est le premier sujet de préoccupation en 2022 (contre 32 % en 2021). À noter que c’est un souci que partagent toutes les catégories sociales. Ce sont surtout les ménages modestes, qui sont de 63 %, qui sont les plus touchés. Cela dit, notons que même les catégories aisées, qui sont de 55 %, affichent elles aussi leurs inquiétudes grandissantes.

Dans les prochains mois, le pouvoir d’achat devrait encore diminuer pour 66 % des personnes en moyenne (contre 37 % en 2021). En revanche, il devrait rester stable pour 21 % et plutôt augmenter pour 7 %.

Ce sont les retraités qui prennent cette inquiétude de plein fouet. En effet, ces derniers estiment, à 72 %, que leur pouvoir d’achat va se réduire dans les 12 prochains mois.

Pour mémoire, 50 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat est « correct mais sans plus », et 68 % d’entre eux pensent que leur niveau de vie a diminué au cours des 10 dernières années.