Salaires : de fortes augmentations prévues pour 2023

Il semblerait qu’il y aura de fortes augmentations des salaires en 2023. On parle d’importantes revalorisations jamais vues depuis 10 ans.

Les entreprises promettent des revalorisations de salaires généreuses en 2023. Des études parlent même de revalorisations salariales jamais-vues depuis 10 ans. Cela reste à voir, mais il y a de quoi ravir les salariés…

Des revalorisations jamais vues depuis 10 ans

Plusieurs études révèlent que les entreprises promettent d’augmenter les salaires des cadres et non-cadres en 2023. On parle d’importantes augmentations puisqu’il s’agit de revalorisations jamais vues depuis 10 ans. En effet, les entreprises vont augmenter les rémunérations des cadres de 3,9 % en 2023.

Quant à celles des non-cadres, elles augmenteront de 4 %, après 2,5 % environ. C’est le cabinet d’audit Deloitte qui a révélé ce chiffre. Par ailleurs, une autre étude a confirmé ce chiffre. Il s’agit de celle du cabinet de conseil People Base CBM.

Ce dernier annonce une hausse médiane de 4,05 %. On n’a jamais vu de tels niveaux de revalorisation depuis 10 ans. Des niveaux de revalorisation supérieurs de 1 % à ceux qui étaient prévus cet été. Les entreprises prévoiraient, en parallèle, d’accorder également davantage de compléments de rémunération.

Deloitte a interrogé un peu moins d’un tiers des employeurs, soit 29 %. Ces employeurs ont avoué avoir mis en place la prime cette année. Par contre, 48 % d’entre eux pensent le faire en 2023. Cela dit, les employeurs prévoient de verser 500 euros à leurs cadres et 875 euros aux autres salariés.

Des augmentations différentes selon les secteurs

Ces augmentations ne concerneront pas, dans les mêmes proportions, tous les secteurs. En effet, l’industrie, l’automobile, la construction et la santé anticipent des hausses médianes de 4 % de la rémunération de leurs collaborateurs. Par contre, le secteur public et les organismes à but non lucratif prévoient une augmentation médiane de 2,7 %.

Des employeurs couplent ces revalorisations avec des compléments de rémunération. Ils sont nombreux à faire cela. Le dispositif qu’ils utilisent le plus est la prime de partage de la valeur (ex-prime Macron). En effet, en 2022, un tiers des employeurs y ont eu recours. En 2023, près de la moitié des entreprises comptent la verser et 26 % réfléchissent pour l’instaurer.

Pour les cadres, le montant médian de celle-ci se situerait à 500 euros. Pour les non-cadres, ce montant se situe à 850 euros. En outre, la majorité des entreprises interrogées ne prévoient pas d’instaurer de dispositif de rachat de RTT. Ce dispositif est un nouveau levier que le gouvernement a proposé pour améliorer les rémunérations.

En 2022, les entreprises ont proposé des solutions. Dans la continuité de celles-ci, elles privilégient la prise en considération d’un patchwork de dispositions. C’est dans le cadre des NAO à venir pour 2023. Et ce, en ayant relevé de près de 0,5 point leurs budgets d’augmentation. C’est ce qu’en tout cas, a révélé Frank Chéron à BFMTV.

Des cotisations sociales patronales réduites

Cumulées aux augmentations réelles servies en 2022, les augmentations budgétées permettent d’atteindre des niveaux proches de l’inflation observée. Et ce, en deux ans selon L’Associé Capital Humain Deloitte :

« Les montants prévisionnels médians sont quant à eux aussi revus à la hausse puisqu’ils atteignent 875 euros pour les OETAM, les non-cadres, soit plus 46 % par rapport au montant médian de la prime PEPA de l’an passé et 500 euros pour les cadres, donc une stagnation par rapport au montant médian de la prime PEPA de l’an passé »

Selon le point de vue patronal, il y aurait déjà une indexation automatique des salaires qui coûte cher aux employeurs. Cette indexation automatique permettrait de compenser l’inflation. Cependant, cette affirmation ne serait pas totalement exacte. En effet, le calcul de l’index ne prend pas certaines hausses importantes de ces derniers mois en considération.

Cela étant, selon les syndicats au patronat, le gouvernement aurait décidé de réduire de 7 % les cotisations sociales patronales. Il s’agit pour l’ensemble des entreprises de celles des deux premiers trimestres de 2023. Ce serait pour compenser l’indexation. Cependant, une plus grande sélectivité aurait permis d’aider plus les secteurs qui en ont le plus besoin.

Une hausse de salaire est envisageable

Cette réduction de cotisation n’est pas négligeable et offrirait une marge de manœuvre aux employeurs. Cela étant, une hausse des salaires en plus de l’indexation reste envisageable et possible dans les secteurs qui se portent bien.

Du côté de l’aile gauche du gouvernement, Pierre-Yves Dermagne expliquait qu’il y avait de la marge « pour augmenter les salaires ». Il a dit cela parce qu’il y a de bons résultats dans certains secteurs. À noter que Pierre-Yves Dermagne est le ministre PS de l’Emploi.

Cela étant, il y aurait, en parallèle, une autre perspective qui se dessine pour les bas salaires. Si, prochainement, le gouvernement se met d’accord sur une réforme fiscale, l’opération devrait profiter aux bas revenus.

En effet, au sein du gouvernement, il paraît quasi unanimement urgent d’inciter au retour à l’emploi. Et ce, en réduisant la fiscalité sur le travail. Dès lors, on peut conclure que tout n’est pas déjà figé sur le plan salarial pour les prochaines années.

Des efforts insuffisants

La société Mercer a mené une enquête sur les Négociations Annuelles Obligatoires 2021-2022. Ainsi, on sait que 2022 a fait son petit retour en matière d’augmentation individuelle du salaire dans ce contexte d’inflation. Soit 13 % contre 5 % pour l’année 2021. Cependant, comparé au chiffre de 2019 (19 %), ce taux reste largement inférieur.

L’inflation actuelle empiète fortement sur le pouvoir d’achat des salariés. Et ce, malgré un effort en matière d’augmentation de salaire devant la menace d’une inflation en France. Selon WTW, +3,1 % depuis le début de l’année en moyenne. Il y a aussi la question de revalorisation du SMIC.

Les efforts du gouvernement en matière d’augmentation des rémunérations semblent donc insuffisants face aux tendances de cette forte inflation. Celle-ci se traduit en effet par des prix à la consommation pour tous les ménages (hors tabac).

Des prix qui sont en augmentation de 6,0 % entre fin juin 2021 et fin juin 2022. Cela dit, le Salaire Horaire de Base des Ouvriers et des Employés diminueraient de 2,5 % sur un an et en euros constants. Le Salaire Mensuel de Base quant à lui, diminuerait de 2,9 % selon la DARES.