Retraite : découvrez ces 3 solutions pour que les femmes gagnent plus

En France, l’écart de 40 % entre la pension de retraite des femmes et des hommes est un constat alarmant. Voici 3 points à considérer.

Retraite : découvrez ces 3 solutions pour que les femmes gagnent plus – Source : iStock

La Direction de la recherche, des études de l’évaluation et des statistiques (DREES), affirme qu’il existe en moyenne un écart de 40 % entre la pension de retraite de l’homme et celle de la femme. Un nombre en baisse, comparé à un taux de 50 % en 2004. Grâce à plusieurs dispositifs instaurés, cet écart commence à diminuer. La femme a toujours été désavantagée sur certains points, mais la situation évolue. Il est pourtant possible de corriger ce problème de façon drastique. Il y a lieu de se focaliser sur ces 3 pistes de la carrière professionnelle des femmes. Explications.

Un écart de 42 % sur la pension de retraite entre l’homme et la femme

D’après Le Parisien, 13 millions de retraités bénéficieront d’une augmentation de leur retraite, au 1er novembre 2022. Les femmes et les hommes bénéficient du même taux de revalorisation de retraite. Mais le niveau des pensions de retraite des femmes est inférieur à celui des hommes. Aussi, la hausse qu’elles constateront sera moins importante de leur côté. « L’écart entre la pension de retraite moyenne touchée par un homme et celle d’une femme, en France, est de 40 %, » souligne la fondatrice et présidente de BETC Groupe, Mercedes Erra.

D’après Valérie Batigne, experte retraite et fondatrice de Sapiendo :

« À la retraite, en 2021, les femmes touchent en moyenne une pension brute de droit direct (hors pension de réversion) de seulement 1 159 € par mois, alors qu’elle est de 1 931 € pour les hommes ! Ce qui représente un écart de 40 % entre les genres. »

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En général, l’écart entre les deux parties s’explique d’abord par les différences de salaires énormes au moment où les retraitées cotisaient. Cela s’explique aussi par l’interruption trop fréquente de la carrière de plusieurs femmes nées dans les années 1930, 1940 et 1950. Le nombre d’enfants par ménage était encore très important en ce temps-là. Elles devaient donc arrêter de travailler pour s’occuper de leur progéniture.

« Or, n’oublions pas que la retraite est le reflet d’une carrière toute entière et qu’en plus, l’écart de salaire homme / femme est de 28 %. Ça se reflète mathématiquement sur leurs retraites », précise la dirigeante d’entreprise et ancienne ministre déléguée chargée de l’Égalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno.

Néanmoins, d’après Les Échos, cet écart sur les pensions de retraite de la femme et de l’homme commence à réduire petit à petit, au fil des années. Le nombre de trimestres que les femmes valident se rapproche de plus en plus de celui des hommes. Les femmes participent donc plus au marché qu’auparavant. Elles peuvent aussi désormais compter sur des dispositifs qui permettent de valider des trimestres supplémentaires, comme l’assurance-vieillesse.

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La garde des enfants, responsable de l’inégalité entre la femme et l’homme

D’après une étude de l’institut Odoxa, 47 % des femmes, soit une femme sur deux, ont dû faire face à des situations de précarité comme :

  • Un long congé parental (22 %)
  • Une cessation d’activité afin de s’occuper de ses enfants (24 %)
  • En situation monoparentale (17,5 %)
  • Une activité non salariée, très peu rémunérée ou pas du tout, lors d’un travail avec son époux (9,5 %)

Selon Valérie Batigne, ces statistiques expliquent pourquoi la pension de retraite est si basse du côté des femmes. Ce serait le reflet de « carrières hachées pour les femmes », ajoute-t-elle.

Celle-ci constate que « les femmes sont pénalisées sur leur retraite, car elles mettent plus souvent leur carrière entre parenthèses pour s’occuper des enfants ».

Afin de réduire ces inégalités, il faudrait absolument améliorer la garde des enfants. Les femmes n’auraient plus à interrompre autant leur travail pour s’occuper de leurs enfants.

« L’idéal serait que les femmes n’aient pas à mettre entre parenthèses leur carrière professionnelle. Pour cela, il faudrait substantiellement améliorer les modes de gardes des enfants de moins de 3 ans : augmenter leur nombre, étendre les horaires, faire en sorte qu’ils soient compatibles avec les horaires de travail des parents, et les rendre accessibles financièrement », conseille Valérie Batigne.

La technique des 3 « i »

C’est Valérie Batigne qui propose la technique suivante :

Informer les femmes via les bulletins de salaire

L’experte affirme que le montant cotisé devrait figurer sur les fiches de paie. Cette information sur les fiches de paie est un point essentiel auquel les femmes devraient prêter attention. Elles en ont besoin pour connaître le montant de leur future retraite et l’impact de leurs actions présentes sur celle-ci.

D’après Valérie Batigne :

« Améliorer le niveau de retraite des femmes et réduire ainsi les écarts avec celle des hommes, passe d’abord comme souvent en matière de retraite par une meilleure information. Qui sait aujourd’hui ce qu’il cotise pour sa retraite et quels droits cela lui rapporte ? »

Les femmes sont moins informées sur leur retraite par rapport aux hommes. Selon les statistiques :

  • 44 % des femmes contre 49 % des hommes connaissent les démarches à suivre pour préparer la retraite.
  • 17 % des femmes contre 24 % des hommes ont souscrit à un PER.
  • 40 % des femmes contre 49 % font confiance à leur employeur pour préparer leur retraite.
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De plus, 69 % des femmes sont plus méfiantes vis-à-vis du système des retraites. C’est d’ailleurs le même nombre qui s’oppose à une réforme au report de l’âge des retraites. Pourtant, selon Elisabeth Moreno :

« Le projet de réforme est pourtant celui qui prend le plus en considération la situation des femmes ! ».

Aussi, Valérie Batigne souligne :

« C’est donc à partir d’une information pertinente que l’on pourra faire prendre conscience aux femmes, mais aussi aux hommes que toute réduction ou suspension d’activité professionnelle engendre automatiquement une diminution de ses droits à la retraite ».

Inviter le couple à partager les points de retraite

Partager les points de retraite dans un couple constitue une solution pour une meilleure répartition et donc une rémunération plus équitable. Une telle mesure serait déjà appliquée en Suisse et en Allemagne.

80 % des femmes et 70 % des hommes sont favorables à l’application du partage des points de retraite. L’interruption de travail cause trop souvent la perte de points. Pourtant, c’est une charge liée, le plus souvent, aux ménages.

« Ce sont majoritairement encore les femmes qui mettent entre parenthèses leur carrière pour s’occuper des enfants. Dans ce cas, les revenus au sein du couple sont partagés et il devrait logiquement pouvoir en être de même pour les points retraite complémentaire. C’est une mesure technique, certes, mais assez facile à mettre en œuvre qui, une fois encore, ne coûte rien à l’État. Il n’y a aucune excuse pour ne pas la prendre », explique Valérie Batigne.

Il serait donc légitime que les points qui ont permis à l’autre de travailler, puissent être départagés.

D’après la présidente de Sapiendo :

« Il est courant de partager ses revenus immédiats alors pourquoi ne pas partager les revenus différés, que représente la retraite ».

Elle affirme que le partage des points de retraite complémentaire est plus facile. Ces derniers sont, en effet, distribués par an.

Incitation à une reprise de l’activité professionnelle

Les femmes sont celles qui interrompent le plus leur carrière professionnelle pour entretenir leur vie de famille. Il est donc important de mettre en œuvre un système qui leur permettra de reprendre cette activité.

Selon Valérie Batigne :

« Comme le meilleur moyen d’améliorer sa retraite est encore de cotiser, il nous semblerait intéressant d’inciter les femmes qui ont interrompu leur carrière à la reprise d’une activité professionnelle grâce notamment à des « boosters » retraite qui accorderaient des droits supplémentaires gratuits incitatifs ».

La présidente de Sapiendo affirme que le fait d’instaurer cette mesure pourrait vraiment améliorer la retraite des femmes, mais pas que. Elle apporterait également « l’équilibre de l’ensemble du système de protection sociale ».