Retraites complémentaires Agirc-Arrco : cette décision qui risque de tout changer pour votre pension

Une réunion aura lieu pour discuter de la revalorisation des retraites complémentaires. L’augmentation sera comprise entre 4,9 et 5,2 %.

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Le conseil d’administration Agirc-Arrco va se tenir ce jeudi 6 octobre 2022. La réunion consistera à fixer la hausse des retraites complémentaires du 1er novembre prochain. L’augmentation va concerner près de 13 millions de retraités qui touchent la pension complémentaire Agirc-Arrco.

Revalorisation des retraites complémentaires

Selon Le Parisien, les retraités verront leurs pensions complémentaires revalorisées entre 4,9 et 5,2 %. Cette augmentation fait suite aux décisions prises pour la revalorisation de 4 % des pensions de base depuis juillet 2022.

Le conseil d’administration prendra la décision finale ce jeudi 6 octobre, mais il se pourrait que l’augmentation soit de 5,1 %. Les partenaires sociaux qui versent les retraites l’ont mentionné lors de la commission paritaire de l’Agirc-Arrco.

Les partenaires sociaux ont accepté d’ajouter une clause additionnelle à l’accord national interprofessionnel du 10 mai 2019. Et ce, pour faire face à l’inflation qui est toujours assez pesante sur le pouvoir d’achat des Français.

Seule la CGT n’a pas pris parti de cette décision de fixer le modèle de revalorisation des retraites complémentaires. La hausse se basait sur l’augmentation du salaire moyen par personne au cas où l’inflation serait supérieure à cette dernière.

Le conseil d’administration a décidé de rajouter une marge de manœuvre de 0,2 %. L’augmentation du salaire moyen par tête est de 4,9 %. La revalorisation maximale des retraites complémentaires pourra donc atteindre 5,1 %.

L’indice de revalorisation est inférieur au niveau d’inflation qui est de 5,3 % en 2022. Elle reste toutefois supérieure à l’estimation du gouvernement sur l’inflation en 2023 qui est de 4,3 %. À savoir ce que vont décider le conseil d’administration Agirc-Arrco.

Selon La dépêche, l’Agirc-Arrco possède une réserve d’environ 65 milliards d’euros. Cette somme correspond aux retraites complémentaires de l’ensemble des retraités pendant 6 mois.

Les concertations sur la réforme des retraites

Mercredi 5 octobre, le ministre du Travail et les partenaires sociaux se sont réunis pour parler des concertations sur la réforme des retraites. Le ministre du Travail a convié les 3 fédérations patronales dont Medef, CPME et l’U2P. Olivier Dussopt a reçu la FNSEA lors de cette réunion.

Les 7 centrales syndicales que sont la CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, et la FSU étaient aussi présentes. Olivier Dussopt a commencé par présenter le calendrier et la méthode de travail aux syndicats.

Suite à cette entrevue, le ministère a défini trois cycles de concertations dont le premier commencera le 10 octobre prochain. L’emploi des seniors et la prévention de l’usure professionnelle seront le sujet de discussion.

Cela va permettre d’évoquer le frein au maintien et au retour en emploi. Les syndicats et le ministère du Travail auront aussi l’occasion de discuter de la transition entre l’activité et la retraite. La thématique sur les retraites sera aussi l’occasion de parler des départs anticipés.

Le reste du calendrier

À partir du 7 novembre, le second cycle de concertations mettra en avant l’équité et la justice sociale. Le sujet comprend de nombreuses problématiques qu’il faut résoudre. Les patronats et les syndicats vont relever le sujet des petites pensions et le minimum de pension.

La discussion sur les régimes spéciaux ainsi que les dispositifs de solidarité seront au rendez-vous lors de ce second cycle. Le troisième cycle de concertation aura lieu le 28 novembre prochain. Le ministère du Travail garde pour la fin les sujets délicats comme l’équilibre du système de retraite.

Les besoins de financement du régime seront évoqués. Pour les leviers de rééquilibrage, le gouvernement français n’a pas encore mentionné celui qu’Emmanuel Macron avait promis. Lors de ces 3 cycles, les partenaires sociaux et le ministère du Travail vont échanger leurs propositions.

Le cabinet d’Olivier Dussopt affirme que cela va permettre d’avoir des « discussions techniques et très approfondies ». Si certains sujets méritent des approfondissements, il est possible d’organiser des réunions supplémentaires. Ces concertations nécessitent l’implication du ministère de la Transformation et de la fonction publique.

 

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Les avis des syndicats

Le calendrier des cycles convient aux organisations syndicales. Pascale Coton de la CFTC trouve que c’est logique d’aborder la question financière au troisième cycle. Le faire en premier lieu aurait bloqué tout le reste.

Dominique Corona de l’UNSA quant à lui explique que le commencement avec les améliorations du système leur convient. Le secrétaire général adjoint de l’UNSA espère que cela va permettre de trouver des pistes de financement supplémentaires.

Ce dernier estime que l’amélioration de l’emploi des seniors fera de nouvelles rentrées fiscales et sociales. Cependant, Dominique Corona précise que les accords sur certains points signifient que le syndicat soutient tout le projet. Benoît Test de la FSU constate que les sujets sont relativement ouverts.

Toutefois, l’inquiétude demeure compte tenu du fait que le ministre du Travail a parlé du problème d’équilibre du système. Il serait inévitable de devoir prendre des décisions difficiles à la fin. Dans un communiqué, les syndicats ont dit qu’ils ne seront pas d’accord pour augmenter la durée de cotisation.

Ils avaient aussi fait comprendre qu’ils refusaient tout recul de l’âge légal du départ en retraite. Pour l’heure, le cabinet d’olivier Dussopt n’a pas encore abordé le sujet en question. Cependant, le président de la République avait déjà parlé du relèvement de cet âge légal lors de sa campagne électorale.

Les Français face au projet de la réforme des retraites

Si la réforme des retraites s’applique, les Français vont devoir travailler plus longtemps. Cette dernière représente la fin des régimes spéciaux. L’objectif d’Emmanuel Macron déplaît à la majorité des Français. YouGov a réalisé un sondage le 3 et le 4 octobre dernier. Plus de 6 personnes sur 10 ne sont pas d’accord pour cette réforme.

L’enquête a démontré que plus de 66 % des personnes interrogées s’opposent à ce projet. Le sondage de YouGov a toutefois montré que 23 % ne trouvent pas de problème. Près de 48 % des Français se sont dit être défavorables à cette réforme. La catégorie représente l’option la plus négative que YouGov a proposée.

Le sondage a même révélé que 55 % des Français ne comprennent pas les objectifs de la réforme des retraites. Parmi les sondées, 35 % ont affirmé l’inverse. Seuls 8 % des Français ont coché sur la réponse la plus positive disant qu’ils sont favorables au projet du gouvernement.