Réforme des retraites : entrée en vigueur, montant… Olivier Véran s’explique enfin

L'exécutif précise calendrier et le contenu de la réforme des retraites. Invité au micro de BFMTV, ce jeudi 29 septembre 2022, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a donc confirmé le calendrier et a fourni quelques précisions.

Source : Capture BFM

La réforme des retraites était un pilier du programme de la campagne présidentielle du Président de la République, Emmanuel Macron. Et, à ce jour, elle reste un dossier politique sensible. Prévue de s’appliquer au début de l’année 2023 en cas de réélection d’Emmanuel Macron et d’adoption par les Parlementaires d’ici à la fin de cette année. Cette réforme, incluant le recul de l’âge légal du départ à la retraite devrait toucher en premier lieu la génération née en 1961.

 

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Olivier Véran était l’invité de BFMTV, ce jeudi 29 septembre. Ainsi, le porte-parole du gouvernement a confirmé le calendrier de cette réforme tout en y apportant quelques précisions.

Le calendrier de la réforme des retraites se précise

Le contenu et le calendrier de la réforme des retraites étaient dans le flou depuis de nombreuses semaines. L’exécutif a enfin commencé à dévoiler ses projets. Notamment en ce qui concerne le recul de l’âge de départ à la retraite suscité.

En effet, le président-candidat Macron, au printemps dernier, avait déjà annoncé ce recul de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans, contre 62 actuellement.

Le projet de loi

« L’examen du projet de loi devrait arriver après les fêtes pour qu’il puisse être adopté à l’hiver 2023« , a indiqué Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, ce jeudi 29 septembre sur le plateau de BFMTV. Et d’ajouter que l’hiver « va jusqu’en février« .

Le projet semble donc se préciser. La veille, le mercredi, au cours d’un dîner à l’Élysée qui a réuni les dirigeants de la majorité, le président de la République a chargé la Première ministre d’annoncer une « concertation »  quant à la réforme des retraites. C’est Olivier Dussopt, le ministre du Travail, qui la mènera.

Lors de ce diner, l’idée était de poser toutes les options sur la table et surtout de trancher. « On se met tous autour de la table pour trouver une solution qui met tout le monde d’accord. À la fin de la soirée, l’idée est bien qu’on ait tranché la méthode et qu’on puisse avancer ». C’est ce qu’a annoncé l’entourage de Franck Riester, le ministre délégué aux Relations avec le Parlement, auprès de BFMTV.com.

Les personnalités présentes

Autour de plateaux de fruits de mer étaient présents : la Première ministre. Élisabeth Borne, les ministres Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Gabriel Attal, Franck Riester et Olivier Dussopt. Les chefs des partis Stéphane Séjourné (Renaissance), François Bayrou (MoDem) et Édouard Philippe (Horizons). Les présidents des groupes de la majorité à l’Assemblée nationale et au Sénat. Au menu : huîtres, bulots et crevettes. Et un invité de marque : l’ancien patron du Palais Bourbon Richard Ferrand, défait aux législatives dans le Finistère, devenu conseiller discret du chef de l’État.

Vers une dissolution de l’assemblée nationale ?

L’objectif unique du président de la République lors de ce diner était de consulter et ensuite trancher, non sans avoir écouté les arguments de ses proches… Mais aussi ses moins proches.

La réforme des retraites

En effet, cette réforme des retraites, qui était son cheval de bataille durant sa campagne divise son camp de manière importante. D’ailleurs, le gouvernement n’ayant pas de la majorité au sein de l’Assemblée nationale. Emmanuel Macron ne rejette pas l’éventualité d’une dissolution en cas de vote d’une motion de censure contre le gouvernement. Par les députés. « Si toutes les oppositions se coalisaient pour adopter une motion de censure et faire tomber le gouvernement. Le président de la République s’en remettrait aux Français et les Français trancheraient et diraient quelle est la nouvelle majorité qu’ils veulent« , a ainsi déclaré Olivier Dussopt, ministre du Travail, ce jeudi 29 septembre sur le plateau de LCI.

Emmanuel Macron ayant mis l’idée d’une « concertation » sur la table, Elisabeth Borne a agi très vite.

Ainsi, au lendemain de ce diner, le jeudi 29 au matin, la première ministre a obtempéré. Elle a donc annoncé à l’AFP faire le choix « du dialogue et de la concertation ». Emmanuel Macron tient bec et ongles à sa réforme des retraites et l’exécutif compte la présenter « avant l’hiver », a-t-elle aussi déclaré ce jeudi.

L’idée d’améliorer le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Pour faire passer au plus vite la réforme des retraites semble être passée en second plan.

L’objectif de la réforme des retraites

L’heure est à la consultation. Mais pas sur tous les points… « Nous voulons, d’ici à 2031, avoir reculé l’âge de départ à la retraite à 65 ans. » C’est ce qu’a déclaré ce jeudi Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, sur le plateau de BFMTV. Ce dernier a expliqué qu’il s’agit de « l’objectif de la réforme« . La méthode consisterait à déclarer chaque année de 4 mois l’âge de départ à la retraite.

Olivier Véran

Olivier Véran a ainsi précisé que les discussions restent ouvertes avec « les partenaires sociaux, les parlementaires et les forces vives de ce pays » en ce qui concerne « la question des longues carrières, des catégories actives, […] de la pénibilité de l’emploi« . Le porte-parole du gouvernement a indiqué aussi que l’exécutif planchait toujours sur un « minimum de retraite garanti à 1 100 euros par mois » pour les retraités avec une « carrière complète« .

Cette réforme est « indispensable pour équilibrer notre système de retraite. (…) Si on ne réforme pas les retraites… On ne peut pas augmenter les dépenses publiques à l’école et dans la santé. Le programme d’Emmanuel Macron ne pourrait alors pas s’appliquer », a-t-il encore estimé.

Un passage de l’âge légal à 65 ans ?

Irons-nous alors vers un passage de l’âge légal de la retraite à 65 ans ? « le recul de l’âge de départ à 65 ans, c’est l’objectif de la réforme. D’ici à 2031, nous voulons un départ à la retraite à 65 ans« , a ainsi rappelé le porte-parole du gouvernement.

Et d’ajouter une précision quant aux concertations qu’Elisabeth Borne annoncées. Celles-ci porteront sur « les cotisations, les longues carrières, la pénibilité de l’emploi, le minimum retraite », tout en promettant de trancher sur un seuil à « 1 100 euros minimum pour les nouveaux retraités« .

Et que pense Olivier Véran des propos d’Emmanuel Macron, concernant la dissolution de l’Assemblée nationale ?  « Ça n’est pas une menace, mais une promesse faite aux Français. Si le gouvernement était censuré, alors nous serions dans l’incapacité de gouverner. Alors il faudra retourner aux urnes. ». « En responsabilité, nous allons réformer le pays », a conclu Olivier Véran sur le plateau de BFM TV.