Électricité : votre facture a été injustement surestimée en 2022 ?

En 2023, les prix de l'électricité pourraient bien baisser. C'est en tout ce qu'espère l'association de défense de consommateurs CLCV.

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L’association CLCV demande à la Commission de régulation de l’énergie (CRE) d’appliquer un rattrapage tarifaire à la baisse en 2023. Autrement dit, vous pourriez être remboursés par rapport à ce que vous avez consommé. Pourquoi ? Du fait d’une arnaque menée par certains fournisseurs qui ont fraudé intentionnellement en demandant plus d’électricité que prévu. On vous explique tout.

Le prix de l’électricité augmente-t-il à cause des fraudes ?

L’association de défense des consommateurs CLCV espère bien que les prix de l’électricité vont baisser rétroactivement en 2023. Ils ont informé Capital d’un courrier qu’elle a envoyé à la Commission de régulation de l’énergie (CRE). “Nous demandons un rattrapage tarifaire à la baisse sur le TRV (tarif réglementé des ventes de l’énergie), en raison des manipulations de certains fournisseurs qui ont volontairement abusé du mécanisme d’accès à l’électricité nucléaire”, indique François Carlier, délégué général de l’association. Il souhaite, si besoin, rencontrer le juge administratif pour obtenir la baisse espérée.

L’origine de l’augmentation des prix en 2022 remonterait à fin 2021. Et plus précisément au mois de novembre. Chaque année, c’est en novembre que les fournisseurs alternatifs adressent au régulateur leur demande d’Arenh (« Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique« ). Ce mécanisme oblige EDF à leur vendre une partie de sa production à prix cassé. Les fournisseurs ont droit à un certain volume qui correspond simplement à la taille de leur besoin en fonction de leur portefeuille client.

“Le souci, et nous l’avions anticipé dès le mois de janvier 2022, c’est que certains fournisseurs ont surestimé leurs besoins, parfois volontairement, dans l’intention de frauder”.

 

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La majoration du prix de l’électricité aurait dû être plus faible

Mais le problème, ce n’est que cette exagération à des conséquences. Elle induit en effet une surestimation de l’écrêtement d’Arenh. Or, c’est par ce mécanisme que le CRE répercute sur le prix final de l’électricité, le coût d’approvisionnement des fournisseurs sur les marchés (quand le plafond est dépassé). Et cela fut le cas en 2022. La demande d’Arenh s’est élevée à 160 térawattheures (TWh) alors que le plafond était fixé à 120 TWh. Par conséquent, les fournisseurs ont complété leur approvisionnement au profit fort, sur les marchés de gros. Ce coût, la CRE le répercute sur le TRV.

D’après les données de marché dont nous disposons, nous pensons que ces demandes ont été surestimées de 15 à 20 TWh. Celà signifie que le coût de l’écrêtement calculé par la CRE, et appliqué au TRV, a été surestimé. Ce qui a conduit à une majoration illégitime du tarif réglementé”, juge François Carlier. D’après lui, cette majoration pourrait plutôt être de l’ordre de 7 à 10%. “Ce n’est pas du tout négligeable ! Une partie de la hausse que nous avons subie cette année est due à l’écrêtement”. 

Il explique que la hausse annoncée par le gouvernement de 15% en 2023 pourrait être ramenée à 5 ou à 8%. “Nous avons adressé un courrier aux services de la CRE pour leur demander de revoir la formule de calcul des prix pour l’année 2022 et d’appliquer un rattrapage à la baisse en février 2023”.

 

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Les Français craignent pour leur pouvoir d’achat

L’avenir fait évidemment peur aux Français, surtout à ceux qui, actuellement, ne peuvent pas boucler les fins de mois. La hausse des prix annonce des mois très difficiles et les actions prises par le gouvernement ne comptent pas la classe moyenne, également fragilisée, mais qui ne peut pas toucher les aides mises en place.

On le sait, il faudra rationner son électricité cet hiver et éviter de surchauffer son habitation. Elisabeth Borne et Emmanuel Macron l’ont rappelé et ont demandé aux Français de chauffer les habitations à 19 degrés, pas plus. Ce n’est que comme cela que les Français pourront faire des économies, en dépensant moins d’énergie.

Sinon, la facture risque de s’alourdir du fait des taxes, du prix de l’abonnement et du prix du kilowattheure. Évitez de laisser vos objets électroniques allumés. De passer trop de temps sous une douche chaude. Et évitez de chauffer toute la journée et toute la nuit des pièces dans lesquelles personne ne vit.