La moitié des Français ne réclament pas cette aide financière, elle pourrait arrondir vos fins de mois

Le taux de non-recours à une aide financière dépasse la moitié des foyers français qui peuvent en bénéficier. On vous explique la raison.

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Face à l’inflation, les Français ont besoin des coups de pouce de l’État pour garder leur pouvoir d’achat. Le gouvernement a mis en place de nombreux dispositifs pour apporter des aides financières aux plus démunis. Toutefois, le phénomène de non-recours aux allocations sociales s’observe chez une aide financière en particulier. Les foyers éligibles ne les réclament pas pour diverses raisons.

Les renouvellements et la méconnaissance

Lorsque le versement d’une aide financière se fait automatiquement, le taux de non-recours est faible. Ce qui est le cas de l’allocation de rentrée scolaire pour les familles avec deux enfants à charge. Les parents n’ont pas besoin de faire une demande particulière et seuls 5 % des bénéficiaires n’en profitent pas.

En revanche, de nombreux foyers oublient de prétendre à une aide financière lorsque les démarches leur semblent compliquées. Les taux de non-recours sont élevés pour certaines allocations qui requièrent des demandes et des renouvellements pour le percevoir. Parfois, lorsqu’il faut le renouveler, les ménages oublient de le faire.

La méconnaissance est l’une des principales causes de cet oubli. Selon le fondateur de Mes Allocs.fr, la prime d’activité et le RSA requièrent une actualisation tous les trois mois. L’allocataire doit mettre à jour ses ressources tous les trimestres auprès de la CAF.

D’un autre côté, certains Français qui ne sont pas encore adapté avec le numérique peinent à suivre les démarches. Il arrive que les bénéficiaires qui n’ont pas recours à l’aide oublient d’actualiser ses coordonnées bancaires. Enfin, Joseph Terzikhan explique que certains Français décident de ne pas prétendre aux aides à cause de la peur.

Nombre de personnes ont peur de se tromper et finissent par bénéficier d’une aide qu’ils ne devraient pas percevoir. Ceci est le résultat d’une erreur qu’ils auraient commis auparavant et dont ils se sont retrouvés à payer de grandes sommes à l’État.

Les allocations pour les personnes handicapées

Les enquêteurs estiment que le taux de non-recours de l’allocation éducation enfant handicapé (AEEH) est à 85 %. Un taux colossal qui représente près de 300 000 parents qui peuvent bénéficier de l’aide financière. Dans certains cas, la non-réclamation de l’AEEH est due aux choix des parents.

Les autres bénéficiaires potentiels n’en sont tout simplement pas au courant. Pour rappel, cette aide financière est destinée aux familles qui possèdent un enfant qui souffre d’un handicap. Le montant de l’allocation éducation enfant handicapé s’élève à 135,13 euros.

Ce dernier peut évoluer selon les frais supplémentaires que peut engendrer la gravité et la nature de l’handicap. Le complément varie selon six catégories allant de 101,35 euros jusqu’à 1 146,69 euros. Il faut savoir que cette aide ne dépend pas des ressources de la famille.

La décision d’attribution de l’aide financière appartient à la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH). L’enfant handicapé doit avoir moins de 20 ans avec un taux d’inaptitude supérieur à 50 %. L’enfant en question doit fréquenter un établissement qui soit adapté à son handicap.

L’allocation adulte handicapée (AAH) est aussi l’une des allocations que les Français oublient de réclamer. En effet, 61 % des prestataires ne font pas la demande auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH).

Pour rappel, cette aide financière sert à compléter les ressources des personnes handicapées. Cette aide peut se baser sur la source de revenu de l’individu handicapé. Une personne qui ne possède aucune ressource peut bénéficier de 919,86 euros d’AAH.

Le revenu de solidarité active et la prime d’activité

Actuellement, plus de 4 millions de ménages français perçoivent la prime d’activité. Si le chiffre paraît nombreux, elle ne représente pas tous les foyers bénéficiaires. Le fait est que le versement de l’aide n’est pas automatique est un obstacle pour certains d’entre eux.

Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, 34 % des allocataires de la prime d’activité ne la réclament pas. Par ailleurs, le revenu de solidarité active fait l’objet d’un non-recours élevé.

La DREES indique que 600 000 ménages éligibles délaissent leur part du RSA. Certains oublient les réclamations trimestrielles tandis que d’autres ne procèdent pas à faire la demande.

Les caisses sociales retiennent près de 750 millions d’euros à cause de ce phénomène de non-recours. Cette somme est équivalente à environ 330 euros par personne éligible. La DREES explique que 49 % des familles qui ne demandent pas le RSA sont des couples sans enfants.

Les femmes qui élèvent seules leurs enfants représentent 16 %. 61 % des propriétaires et 33 % des locataires du parc privé sont aussi des non-recours au RSA. Près de 15 % des locataires en HLM ne font pas appel à cette aide financière du gouvernement. À noter que ces taux n’ont pas changé depuis 2010.

La complémentaire santé solidaire

Cette aide financière, qui se concentre dans les dépenses liées à la santé, est négligée par 48 % des Français éligibles. L’Assurance Maladie peut aider les personnes avec des ressources modestes avec la complémentaire santé solidaire.

Le prestataire n’a pas à payer le médecin, le dentiste, le kinésithérapeute ou d’autres agents de la santé. L’allocataire de la complémentaire santé solidaire n’a pas à payer les frais de médicament en pharmacie.

Le bénéficiaire de l’aide ne paie pas ses dispositifs médicaux, les prothèses dentaires ou auditives et certaines lunettes. L’organisme d’assurance-maladie se chargera du paiement de ces dépenses.

De ce fait, une personne ne peut prétendre à cette complémentaire santé que s’il possède une assurance maladie. Ses ressources ne doivent pas dépasser une limite maximum. Depuis le début de l’année, tous les allocataires du RSA peuvent en bénéficier.

Ceux qui ne touchent pas le revenu de solidarité active peuvent faire une demande depuis leur compte Ameli. Autrement, les ménages peuvent déposer le formulaire de réclamation auprès de leur caisse d’assurance maladie. Ils devront y mentionner la composition du foyer ainsi que les ressources.

Et ce, sans oublier d’accompagner les pièces justificatives nécessaires. Cette aide financière possède aussi un renouvellement qui ne se fait pas automatiquement. Les prestataires oublient d’actualiser leurs droits à la complémentaire santé solidaire. En général, ce renouvellement de droit doit se faire entre 4 à 2 mois avant sa fin.