Prime de 100€, vignette verte : voici ce qui risque de changer pour l’assurance auto et habitation !

Bruno Le Maire et les compagnies d’assurance ont eu un accord concernant la prime auto et habitation 2022 et 2023. On vous explique tout.

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Mardi dernier a eu lieu une réunion de travail à Bercy. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, avait convié les représentants du secteur des assurances. À l’issue de la réunion, les assureurs ont accepté de limiter la hausse de la prime auto et d’habitation en 2022 et 2023. Toutefois, ils ne seront pas plafonnés au niveau de l’inflation.

Suppression de la vignette verte

Dans un communiqué de presse, Bruno Le Maire a annoncé la fin de la vignette verte. La suppression du dispositif va simplifier les choses pour les usagers. Cela va aussi permettre de lutter contre la fraude et par la même occasion de réduire les dépenses des assureurs. La vignette verte avait pour rôle de témoigner que l’automobiliste est couvert par une assurance auto.

La suppression de la vignette verte aura un grand impact sur l’écologie. En effet, les assureurs impriment plus de 50 millions d’attestations d’assurance chaque année. À la place, le Fichier des Véhicules Assurés (FVA) partagé depuis 2019 sera utilisé. La fin de la vignette verte se fera au cours de l’année 2023.

Selon Françoise Lustman, la présidente de France Assureurs, le FVA est plus efficace pour lutter contre la fraude à l’assurance. Cette dernière indique aussi que le fichier est « fiable à 99 % » et ce parce qu’il est actualisé quotidiennement.

France Assureurs indique que le FVA compte près de 56 millions de véhicules en France. Ces véhicules ont des garanties d’assurance qui s’inscrivent en temps réel. L’ensemble des professionnels se charge de toujours mettre à jour la souscription, la modification ou la résiliation du contrat d’assurance des automobilistes.

Le FVA recense l’immatriculation du véhicule et le nom de l’assureur. Le numéro du contrat d’assurance figure dans le fichier avec sa période de validité.

Une hausse de prime à considérer

Les déchaînements climatiques deviennent de plus en plus fréquents en France. De janvier à août 2022, France Assureurs aurait généré près de 1,2 million de sinistres. Des catastrophes qui ont coûté environ 4,3 milliards d’euros pour l’organisme d’assurance. Il y a donc une forte possibilité que la prime habitation connaisse une hausse.

Selon le comparateur Assurland, la hausse des primes sur l’assurance habitation pourrait augmenter entre 3 et 3,5 %. Les indemnisations sur les catastrophes naturelles sont actuellement fixées à 12 % sur les contrats MRH. Les contrats d’assurance auto fournissent un fond de 6 %. Une revalorisation à 18 % pourrait avoir un effet négatif sur les assurés sur le plan financier.

Par ailleurs, le prix des assurances pourrait aussi augmenter. Le prix des pièces détachées et des réparations automobiles ne cessent de grimper. Sous le contexte de l’inflation, les prix ont connu une hausse de près de 3,5 % en un an.

Une hausse qui ne se limite pas au niveau de l’inflation

La réunion de travail à Bercy a permis une discussion sur le coût des sinistres. Bruno Le Maire avait déclaré avoir demandé « un effort » de la part des assureurs. Ils se sont engagés à contenir le montant moyen de primes assurantielles. Et ce, « en dessous du niveau de l’inflation en 2022 et 2023 ».

Il faut savoir que cette limitation touche les « primes moyennes » des assurances automobiles et habitation. Un dirigeant du secteur des assurances précise que le niveau de l’inflation ne limitera pas la hausse des primes. Il ne constitue pas le plafond que les assureurs ne pourront pas dépasser.

Le niveau actuel de l’inflation est à 5,9 %. Il n’est pas utile d’espérer que la hausse des primes n’irait pas au-delà de ce taux pour tous les cas. Le dirigeant poursuit que les augmentations dépendent de la réalité des risques et de la gravité du sinistre.

Cela s’applique en particulier pour les accidents ou catastrophes liés aux événements naturels. Dans certains cas, il serait possible que les assureurs soient contraints de « répercuter des augmentations au-delà de l’inflation ».

Découvrez le « pack anti-inflation »

La présidente de France Assureurs a présenté quelques mesures sous la forme d’un « pack anti-inflation ». L’organisme d’assurance française s’est engagé pour aider les jeunes à la recherche d’emploi qui ont besoin d’une voiture. Françoise Lustman annonce alors la mise en place du chèque de 100 euros.

Le versement se fera en une seule fois sur l’assurance auto. De plus, les jeunes de moins de 25 ans pourront se soigner. En effet, ce volet du « pack anti-inflation » étend les contrats de la complémentaire santé des parents.

Par ailleurs, chaque organisme d’assurance française pourrait formuler leurs offres pour des engagements individuels. Le but est d’aider les assurés à préserver leur pouvoir d’achat. Ces assureurs annonceront chacun les mesures qu’ils ont décidées dans les semaines qui suivent.

AXA France par exemple offre 50 euros à ses clients qui démarchent pour assurer leur logement. La compagnie a aussi pensé aux clients qui n’ont qu’un seul contrat d’assurance. Axa France s’engage à leur donner 100 euros s’ils veulent ajouter une assurance auto.

Les clients de moins de 30 ans sans sinistre pourraient aussi bénéficier d’un gel de la prime auto et habitation. Cela, pour tous les particuliers de cette tranche d’âge qui renouvellent leur contrat d’assurance en 2023.

Solutions contre l’augmentation des coûts de réparation

Le « pack anti-inflation » va aussi offrir des solutions face à l’augmentation des prix. Cela touche énormément le prix des pièces détachées ou celui de la réparation. Bruno Le Maire a alors annoncé qu’un groupe de travail qui discutera sur les pièces de rechange est en cours de création.

Les discussions se pencheront aussi sur la principale cause des inflations sur le secteur. Le ministre de l’Économie explique qu’ils ont pour responsabilité de trouver une entente pour mieux s’en sortir. Et ce, même si les trois objectifs peuvent être contradictoires.

Le premier objectif climatique consiste à la réutilisation des pièces. Le second objectif est de trouver une stratégie pour la reconquête industrielle. Le troisième objectif est en lien avec la finance des assureurs.

Les assureurs, les constructeurs automobiles et aussi les sous-traitants se réuniront pour discuter de recyclage. Cela, tout en faisant en sorte que cela ne menace pas l’industrie automobile. Cela pourrait aussi réduire le coût des sinistres qui cette année a dépassé la moyenne annuelle durant les cinq dernières années.