Retraite complémentaire : voici la hausse à laquelle vous pouvez espérer !

Si les pensions de base ont augmenté de 4 % en septembre, qu’en est-il des retraites complémentaires ? Quelle hausse peut-on espérer ?

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En plus de l’augmentation de 4 % des retraites de base, on a boosté la pension versée. C’est pour compenser le manque à gagner de l’été, semble-t-il. Cela étant, des questions se posent sur les complémentaires et notamment l’Agirc-Arrco.

En effet, une hausse est prévue en novembre, mais on ne sait pas à quel pourcentage s’attendre. Sera-t-elle à la hauteur de l’inflation après des années difficiles ? Quelques éléments de réponse dans cet article.

4 % de hausse pour les retraites de base

Les retraites ont depuis novembre 2021 connu pas mal de revalorisations. Ils ont d’abord augmenté de 1 % puis de 1,1 % et ont finalement augmenté de 4 % en septembre 2022. Cela étant, en novembre 2021, l’inflation a atteint 2,8 %.

Vous voyez le schéma ! 1 % d’augmentation pour faire face à une inflation de 2,8 %. De son côté, l’Insee a fourni un taux prévisionnel d’inflation de 1,5 %. Il y a un an donc, l’Agirc-Accro assumait une revalorisation inférieure à l’inflation.

Les retraites de base ont cependant fait l’objet d’une revalorisation de 1,1 % au 1er janvier 2022. C’est la Cnav qui en a décidé ainsi. Et ce, en se conformant à un complexe formule de calcul peu réactif aux hausses soudaines.

Ce qui fait que les retraités pouvaient cet été, se revendiquer légitimement être des perdants de l’inflation. Puis arrive la loi pouvoir d’achat et la hausse de 4 % des retraites de base.

Cette dernière n’est effective que depuis le 9 septembre pour les bénéficiaires de la Cnav. Les anciens fonctionnaires quant à eux, doivent attendre le 29 septembre. Cependant, cette hausse ne concerne que les retraites de base.

2 % de hausse pour les complémentaires ?

L’importance du poids de la retraite de base peut différer d’un retraité à un autre. Pour certaines petites retraites : les trois quarts de la pension mensuelle ; pour d’autres : moins de la moitié. Ou bien minime pour la majorité des ex-fonctionnaires.

Après que la Cnav ait reboosté le versement du 9 septembre, 13 millions de retraités du privé espèrent pareil pour l’Agirc-Arrco. Début octobre, un conseil d’administration aura lieu pour décider de la hausse annuelle.

Cela rassemblera des syndicats salariés et des représentants du patronat. La décision prise sera effective sur la pension versée du mercredi 2 novembre. Les bruits qui courent murmurent que cette revalorisation pourrait être proche des 2,9 % de la hausse appliquée aux allocations chômage.

Si tel est le cas, les retraités ne seront pas contents. D’ailleurs, Dominique Fabre estime que « ce serait incompréhensible qu’il n’y ait pas de réévaluation significative ». Dominique Fabre est secrétaire générale CFDT Retraités.

Pascale Coton a confié à Merci pour l’info qu’elle a réclamé une hausse à hauteur de 4 %. Elle est négociatrice à l’Agirc-Arrco pour la CFTC. D’autres sources parlent d’une probable revalorisation inférieure à l’inflation annuelle 2022.

Supérieure néanmoins aux 4 % de hausse anticipée appliquée aux régimes de base cet été. Elle pourrait être proche de 5 %. À propos de l’inflation annuelle, l’Insee estime qu’elle sera de 5,3 %.

Pourquoi il n’y a pas encore de revalorisation ?

Le régime a bien une raison pour ne pas augmenter toutes les pensions au même rythme. Selon la fondatrice et dirigeante de Sapiendo Retraite, Valérie Batigne, c’est par obligation d’équilibre financier.

En effet, l’Agirc-Arrco doit avoir des comptes financiers solides avec des réserves importantes à l’équilibre. Cet équilibre repose en grande partie sur les cotisations des salariés actifs.

Mme Batigne a souligné que l’Agirc-Arrco ne peut pas se permettre de risquer une perte qui aggraverait le déficit. Ce que risque la Cnav avec les augmentations de 4 % et de 1,1 % de janvier que l’État a décidées.

Cette obligation d’équilibre financier s’impose quasiment à l’ensemble des régimes. C’est un jeu qui consiste à balancer les cotisations des salariés et les pensions versées aux retraités.

Il y a cependant quelques exceptions. Le régime de base de la Cnav, le régime de base des fonctionnaires n’ont pas d’obligation de respect de ratios financiers. De même pour les régimes spéciaux.

C’est ce qu’a rappelé Valérie Batigne tout en craignant les fortunes très diverses selon les profils des retraités. Elle a laissé entendre qu’il est probable qu’il y ait de gros écarts au niveau des revalorisations cette année.

En effet, certains régimes peuvent consolider leurs comptes à long terme. Ce, en augmentant les retraites à un rythme moindre que l’inflation alors que d’autres suivront la hausse des prix.

« Il va y avoir aussi un écart entre les régimes contraints d’assurer leur solidité financière et ceux qui n’ont pas à faire ces mêmes efforts. »

Quelles sont les estimations ?

Réserve financière du régime, hausse du salaire moyen et du niveau d’inflation… C’est de ces paramètres que dépend la hausse de la complémentaire Agirc-Arrco.

Cela étant, il semblerait que les estimations de l’Agirc-Arrco sur l’évolution des salaires dépassent les 4,5 %. Ce qui est une bonne nouvelle. En effet, d’après Régis Mezzasalma, l’augmentation du salaire moyen par tête dans les prévisions inverserait la tendance.

Ce qui, semble-t-il, serait une bonne surprise. Cela dit, la possible revalorisation de la complémentaire Agirc-Arrco au niveau de l’inflation n’est pas totalement à exclure. La CGT réclame même un coup de pouce supplémentaire à la règle de calcul habituelle.

Une éventualité envisageable. À noter que Régis Mezzasalma est le conseiller confédéral retraites à la CGT. Voici une illustration de ce que pourrait toucher un ex-salarié du privé.

Avec 1500 euros de pension nette en 2022, dont 1000 euros de la Cnav et 500 euros de l’Agirc-Arrco :

  • En septembre : 1080 euros venant de la Cnav. C’est l’ensemble des 4 % de hausse mensuelle + la compensation de la pension précédente. Avec la pension de l’Agirc-Arrco qui n’a pas changé, cela ferait un total de 1580 euros.
  • En octobre : 1040 euros de la Cnav le 7 octobre, nouvelle pension normale. 500 euros d’Agirc-Arrco le 3 octobre. Au total, cela ferait 1540 euros.
  • En novembre : à nouveau, 1040 euros de la Cnav le 9 novembre + l’Agirc-Arrco, alors revalorisée, disons de 5 %. Ce qui signifie 525 euros de pension complémentaire. Ce qui ferait un total de 1565 euros.

Les retraités s’appauvrissent

Christian Bourreau, président de l’Union française des retraités, estime que les retraités s’appauvrissent au fil des années. D’après lui, les revalorisations des dernières années, sur les pensions de base et complémentaires, sous-compenssent l’inflation.

Ceux qui sont partis en retraite en 2007 ont depuis perdu 6,1 % de pouvoir d’achat sur leur pension Cnav. Et ce, chaque mois si l’on considère ce que pense l’UFR. Sur une complémentaire Arrco, la perte est de 6,7 %.

Ces pertes, estime l’UFR, sont dues aux hausses de pensions trop faibles et à la hausse de la CSG en 2018. À en croire Sapiendo, les pensions Agirc-Arrco ont reculé de 4,2 % face à l’inflation sur les 10 dernières années.

Cette estimation ne concerne que les régimes complémentaires. Par contre, la retraite additionnelle de la fonction publique n’a baissé que de 1,2 % sur la même période. 2 % pour la complémentaire des avocats.