Réforme des retraites : cette nouvelle « mesure brutale » qui inquiète…

La réforme des retraites semble oubliée par l'exécutif, mais en coulisses, Emmanuel Macron travaille et souhaite avancer.

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Sans doute qu’Emmanuel Macron savait que le chemin serait semé d’embûches pour réformer le système actuel des retraites. La réforme des retraites n’a jamais été populaire. Elle ne l’était pas en 2017, lorsqu’elle est abordée la première fois, et ne l’est toujours pas aujourd’hui. Emmanuel Macron semble avancer seul, quand ce n’est pas le destin qui l’éloigne de sa réforme (par la crise des gilets jaunes ou par la crise du covid-19). Contrairement à ce que l’absence de communication peut laisser penser, le but est toujours de mettre en place cette réforme. Et pour cela, plusieurs options s’offrent à Emmanuel Macron.

Un 49.3 pour faire passer la réforme des retraites ?

La politologue Raul Magni-Berton a parlé, dans les colonnes de planet.fr, sur les différentes solutions qui s’offrent au Président pour mettre en place sa réforme polémique. “Pour mener à bien sa réforme, Emmanuel Macron dispose de trois options : soit il a su avoir le blanc-seing du Parlement, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, soit il remporte un référendum, soit il opte pour le 49-3. C’est tout ou rien. Si ça ne marche pas, les oppositions pourront très facilement faire chuter le gouvernement et l’exécutif pourrait, en retour, décider la dissolution de l’Assemblée nationale. Tout le monde y perd potentiellement, même si la situation favorise globalement les oppositions”.

Emmanuel Macron a le soutien total de sa première ministre, Elisabeth Borne, convaincue du caractère indispensable d’une telle réforme. « La transparence est une exigence, les faux-semblants sont un manque de respect pour nos concitoyens », indique-t-elle pour aborder le sujet. « Pour la prospérité de notre pays, pour bâtir de nouveaux progrès sociaux, pour qu’aucun retraité avec une pension complète ait une retraite à moins de 1100 euros par mois, oui nous devrons travailler progressivement un peu plus longtemps ».

 

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Une réforme des retraites à l’origine d’un chaos social ?

C’est exactement ce que craint le syndicaliste Laurent Berger. Pour lui, le gouvernement a d’autres urgences bien plus importantes qu’une réforme pareille. Le calendrier de la réforme (s’il y en a un) n’a pas encore été révélé. Tout juste savons-nous qu’à partir de 2023, les Français devront sans doute travailler quatre mois supplémentaires. C’est en tout cas ce que souhaite Emmanuel Macron. Que cette réforme soit mise en œuvre dès l’été 2023.

Mais Laurent Berger n’est pas optimiste. Au contraire, il considère que la « situation économique et sociale est très tendue en lien avec la situation géopolitique (…) Chez les travailleurs, l’inquiétude domine. Si vous rajoutez à ça l’idée de lancer une réforme des retraites, c’est intenable« .  Selon lui, cette réforme « n’a aucun sens en cette période ». “Pour la CFDT, rien ne justifie aujourd’hui une réforme des retraites dans un système pas loin d’être à l’équilibre. Pour nous, il faut jouer sur le maintien dans l’emploi et la durée de carrière pleine”.

 

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Le retour des gilets jaunes et une grosse grève ! 

Certains électeurs veulent faire entendre leur voix. Certes, l’exécutif communique peu sur la réforme. Mais quand les membres du gouvernement le font, c’est pour assurer qu’elle sera menée. Dès lors, conjointement, la CGT et Solidaires ont lancé jeudi 7 juillet un appel à la grève nationale pour le 29 septembre prochain. À la fin du mois de septembre, le sujet aura déjà été abordé à l’Assemblée par les membres du gouvernement. Les deux organisations syndicales veulent d’un côté protester contre cette future réforme. Elles veulent également dénoncer le manque de mesures prises pour soutenir le pouvoir d’achat des Français.

« La CGT et l’Union syndicale Solidaires appellent dès à présent à une journée de grève interprofessionnelle le jeudi 29 septembre, et qui doit s’inscrire dans une mobilisation large et dans la durée », indiquent les deux organisations dans un communiqué.

Si le président semblait pendant un temps protégé par des éléments extérieurs (covid-19, situation géopolitique en Europe de l’Est), le retour des gilets jaunes est plus que jamais possible. Le mouvement a pris fin à cause de la situation sanitaire mais pourrait bien renaître de ses chaudes cendres pour empêcher cette réforme des retraites.