Retraites revalorisées : les fonctionnaires sont avantagés par rapport aux salariés du privé ? On vous explique

La revalorisation des retraites a été effectuée vendredi 9 septembre. Les fonctionnaires sont avantagés par rapport aux salariés du privé.

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Pour lutter contre l’inflation galopante, l’État offre plusieurs revalorisations aux différentes allocations. Vendredi 9 septembre 2022, les pensions de retraites ont connu une revalorisation de 4 %. Une augmentation avec effet rétroactif à partir du 1ᵉʳ juillet. On peut donc dire qu’Emmanuel Macron a tenu sa promesse.

Ou tout du moins, à moitié. Et pour cause, la revalorisation ne concerne pas tous les régimes. De plus, les personnes âgées ne sont pas traités de la même manière. En effet, en plus d’exclure les retraites complémentaires, les employés du régime public paraissent plus avantageux que les employés du privé. Découvrez pourquoi.

Qui sont les concernés ?

Nos confrères de MoneyVox l’ont dit. La revalorisation de 4 % inscrite dans le cadre de la loi sur le pouvoir d’achat ne concerne que les retraites de base. Dans les détails, elle concerne :

  • Les pensions versées par la Cnav à 14 millions de personnes âgées du privé
  • Les pensions versées par Service des retraites de l’État (SRE) à plus de 1,5 million de seniors
  • Les retraites gérées par la CNRACL à près de 1,5 million de pensionnés de la fonction publique hospitalière ou territoriale
  • Les allocations versées par la CNAVPL auprès de 400 000 seniors de professions libérales

En plus des pensions précitées, comme le dit la Cnav, cette revalorisation « concerne la retraite de droit propre ». Sans oublier « la retraite de réversion, l’Aspa (allocation de solidarité aux personnes âgées) et l’ASI (allocation supplémentaire d’invalidité) ».

Toutes ces personnes recevront bien évidemment la hausse de 4 %, mais cela n’aurait pas le même impact. Découvrez pourquoi dans la suite de cet article.

Augmentation des retraites : les fonctionnaires avantagés

Auprès du Figaro, Valérie Batigne, fondatrice et présidente de Sapiendo, cabinet spécialisé sur la retraite, explique :

« Les revalorisations dues à l’inflation nous rappellent une nouvelle fois les différences de traitement entre les régimes et les statuts. Elle creuse les écarts entre les régimes qui ont une obligation d’équilibre financier et les autres. »

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Ainsi, à titre de preuve, voici les chiffres publiés par le même cabinet. Cette revalorisation représente environ 98 % de la pension des fonctionnaires, 70 % pour un salarié non-cadre. Et seulement 50 % pour un salarié cadre.

L’impact de la revalorisation est alors très variable selon le régime et les statuts. Tout cela voudrait dire que cette majoration de 4 % n’est plus la même pour la globalité des retraites perçues par les seniors.

Pour les salariés cadres dont la retraite de base ne pèse que 50 %, la valeur de revalorisation ne sera que 2 %. Pour les salariés non-cadres qui ne perçoivent que 70 %, la revalorisation ne représente que 2,8 %.

Enfin, pour les fonctionnaires, la totalité est presque prise dans la retraite de base. La revalorisation de 4 % est donc quasiment effective sur la totalité de ses pensions. Cela représente un gain de 3,9 %.

« Les régimes de retraite ne convergent pas, mais ils vont encore plus diverger du fait de l’inflation. L’inflation va accentuer les différences entre les Français », estime Valérie Batigne.

On peut ainsi dire que tant qu’il n’y aura pas revalorisation sur les retraites complémentaires, le déséquilibre entre les régimes sera énorme. L’écart qui subsistait entre le régime public et privé n’a jamais été aussi grand.

Y aura-t-il une revalorisation ?

On connaît déjà la date, mais pas le montant. Pour les retraites complémentaires, une chose est sûre : la revalorisation de 4 % offre par le gouvernement ne s’applique pas sur elle. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire l’a bien clarifié :

« C’est aux partenaires sociaux de revaloriser les retraites complémentaires. Nous, nous revaloriserons les pensions de base. »

En ce qui concerne la date, il a également été déclaré qu’aucune revalorisation ne sera faite avant l’heure. Selon nos confrères du Parisien :

« Les partenaires sociaux qui gèrent l’Agirc-Arrco, la retraite complémentaire des salariés du privé, s’en tiendront au calendrier prévu, qui prévoit une hausse au 1er novembre. »

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Par ailleurs, pour les seniors membres dans l’Agirc-Arrco, une réunion est prévue le 6 octobre prochain. Les syndicats et les patronats se réuniront à cette date pour décider du pourcentage de la revalorisation.