Retraites : cette réforme floue et maudite qui est incomprise par l’exécutif

La réforme des retraites est lancée par Emmanuel Macron qui ne veut pas, une nouvelle fois, la mettre de côté.

Source : IStock

La réforme des retraites aurait pu exister depuis 2019 ou 2020. Dans un monde sans covid-19, ce serait peut-être le cas. Mais voilà, Emmanuel Macron a fait face, coup sur coup, à la crise des gilets jaunes et à la pandémie de la covid-19. Impossible pour lui de mettre en place la réforme. Il doit la mettre de côté. Mais fraîchement réélu, il compte bien ne pas chômer pendant son deuxième mandat. Il a cinq ans pour la mettre en place, et le plus tôt sera le mieux. La première ministre, Elisabeth Borne, le soutient, et a fait savoir que cette réforme qu’elle juge indispensable est évidemment toujours d’actualité.

La réforme des retraites est toujours d’actualité

Les critiques n’empêchent pas Emmanuel Macron de poursuivre sur sa voie. Elisabeth Borne, sa première ministre, a présenté le 6 juillet dernier sa déclaration de politique générale. Et forcément, la question des retraites a été abordée. Elisabeth Borne a, dès lors, rapidement mis en évidence certains qui doivent, selon elle, être changés.

« La transparence est une exigence, les faux-semblants sont un manque de respect pour nos concitoyens », commence-t-elle pour aborder le sujet du système des retraites. Un système qui n’apparaît pas sans faille (selon le gouvernement) puisqu’il doit être changé :

« Pour la prospérité de notre pays, pour bâtir de nouveaux progrès sociaux, pour qu’aucun retraité avec une pension complète ait une retraite à moins de 1100 euros par mois, oui nous devrons travailler progressivement un peu plus longtemps ». Cette réforme, « mon gouvernement la mènera dans la concertation avec les partenaires sociaux et les parlementaires. Elle n’est pas ficelée, elle ne sera pas à prendre ou à laisser, mais elle est indispensable ».

Des mots qui ne rassurent pas le syndicaliste Laurent Berger. Il considère que la « situation économique et sociale est très tendue en lien avec la situation géopolitique (…) Chez les travailleurs, l’inquiétude domine. Si vous rajoutez à ça l’idée de lancer une réforme des retraites, c’est intenable« .  Selon lui, cette réforme « n’a aucun sens en cette période ». “Pour la CFDT, rien ne justifie aujourd’hui une réforme dans un système pas loin d’être à l’équilibre. Pour nous, il faut jouer sur le maintien dans l’emploi et la durée de carrière pleine”.

 

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Le Medef fait volte-face sur la question de la réforme des retraites

L’exécutif se retrouve dans une drôle de situation puisque, finalement le Medef a fait volte-face à ce sujet. « Ce n’est pas ce qu’il faut faire le 1er septembre, alors qu’on a plein d’autres problèmes », annonce le patron Geoffroy Roux de Bézieux. Le Medef préfère que le gouvernement se concentre sur des sujets plus importants : la réforme de l’assurance-chômage, la flambée des prix, le pouvoir d’achat, l’inflation…

Mercredi 31 août, lors du séminaire gouvernemental, la réforme des retraites « juste et équitable » semble à peine esquissée. Elisabeth Borne reste obligée, le lendemain, de dire que le gouvernement bien « bien évidemment » la mettre en place. Mais en coulisse, l’exécutif le reconnaît : le chemin reste semé d’embûches. « On cherche des syndicats, il n’y en a pas un. Le Medef nous explique que ça n’est pas utile. Pas facile d’engager une réforme des retraites quand même le patronat n’en veut pas », expliquait une source gouvernementale à L’Opinion.

 

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Qui peut arrêter de travailler à 62 ans ?

Le but de cette réforme est, progressivement, d’arriver à la retraite à 65 ans. Comme la population vieillit, il apparaît indispensable pour le gouvernement de travailler plus longtemps. Mais qui, dès lors, peut encore partir à 62 ans ?

La génération née en 1961 s’inquiète. Pourra-t-elle, en 2023, partir à la retraite à 62 ans, ou va-t-elle devoir prolonger de quatre mois ? Pour les personnes nées en 1960, point de suspense. En effet, puisqu’elles auront 62 ans cette année, elles ne restent pas concernées par la réforme. Mais si vous êtes nés en 1961 et 1962, vous pouvez échapper à la réforme et partir à la retraite à 62 ans. Mais certaines conditions doivent se voir remplies.

On le rappelle, pour bénéficier de la retraite à taux plein, il faut avoir validé le bon nombre de trimestres, soit 167. Si, à 62 ans, vous avez atteint ce taux-là, alors vous pouvez partir en bénéficiant de pensions à taux plein. En revanche, si vous souhaitez partir à la retraite au même âge sans avoir validé le bon nombre de trimestres, alors vous subissez une décote proportionnelle au nombre de trimestres qu’il vous manque pour prétendre au taux plein.