Jubillar de l’Yonne : cette étrange disparition inquiète les enquêteurs

Dans l’Yonne, des enquêteurs travaillent sur une disparition similaire à celle de Delphine Jubillar. Il y a 2 ans, Chantal Mellet a disparu.

Source : iStock

Chantal Mellet, une éleveuse de chèvres, dans l’Yonne, est portée disparue depuis le 02 juillet 2020. Mariée à un autre éleveur, Frédéric Mellet, la mère de famille, s’est volatilisée du jour au lendemain de la maison du couple. Ce dimanche 28 août, Le Parisien a remonté les faits qui ressemblent étrangement à l’affaire Jubillar. Le couple Mellet et le couple Jubillar étaient sur le point de se séparer. Comme Cédric Jubillar, Frédéric Mellet, était « le cocu de service ». Zoom sur cette histoire.

De grandes ressemblances avec l’affaire Jubillar

Delphine Jubillar avait un amant, Chantal Mellet, aussi. C’est l’amant de cette dernière qui a d’ailleurs alerté les gendarmes, lorsqu’elle n’est jamais arrivée à leur futur appartement.

Depuis deux ans, la disparue du Tarn et l’éleveuse de chèvre, n’ont plus donné signe de vie. 700 hectares de bois et 70 étangs sont fouillés pour retrouver Chantal Mellet, mais aucune piste n’a été trouvée. Lors de son témoignage, Frédéric Mellet aurait dit :

« On peut avoir un coup de colère, partir sur un coup de tête, mais il va y avoir un minimum de contact qui va se faire. On ne peut pas avoir oublié ses enfants, ses petits-enfants qu’elle adorait. Je pense que quelqu’un lui a fait du mal. »

Source : DR

Le mari respectif des deux disparues, Cédric Jubillar et Frédéric Mellet, sont détenus pour meurtre sur leur conjoint. L’un comme l’autre, se proclament innocents.

Selon les enquêteurs, Frédéric Mellet avait un mobile solide : sa rage de la voir partir avec un autre. Mais jusqu’au bout, celui-ci affirme :

« Je ne l’ai pas tuée, je ne l’ai pas bousculée. Il n’y a pas eu d’accident, il n’y a pas eu de conflit. »

Les contradictions de l’affaire Jubillar de l’Yonne

La juge d’instruction aurait pointé plusieurs « contradictions, éléments passés sous silence et contrevérités ».

Conformément au rapport écrit par les enquêteurs, Chantal Mellet aurait disparu entre 8 heures et demie et 11 heures du matin. Lorsque ces derniers ont demandé au mari où il était durant ce laps de temps, il a répondu qu’il ne s’en souvenait pas :

« Vous croyez que 22 mois après, je me souviens de ce que je faisais ou si j’étais aux chiottes ».

Toutefois, les expertises sur les téléphones portables des Jubillar ont montré un détail très intéressant. D’après l’enquête, celui du mari, n’est « plus localisable de 6 h 28 à 10 h 20 (…) au moment de la disparition ».

Source : SHUTTERSTOCK

De plus, à la veille de l’incident, le père de famille aurait envoyé un message à la placeuse du marché de Courtenay pour annuler sa venue. Frédéric Mellet aurait aussi lancé quelques propos à sa fille de 21 ans qui laissaient entendre que sa femme « ne reviendrait plus ».

En plus de son mobile, ces détails lui ont valu le titre de suspect principal de l’affaire. Frédéric y est donc mis en examen le 20 mai 2022 pour meurtre sur un conjoint. Avant son jugement définitif, celui-ci est présumé innocent des faits reprochés. Malgré cela, il est déjà surnommé le Jubillar de l’Yonne.

Les avocats dénoncent une justice « scandaleuse ».

Au moment de son incrimination, Frédéric Mellet a insisté :

« Je n’ai pas fait de mal à mon épouse. On se bouffait la gueule, mais on avait des limites ».

Il a même ajouté :

« Quand elle exerçait des violences contre moi, je la repoussais (…) J’avais quatre fois le motif valable pour divorcer pour adultère, mais je ne l’ai jamais fait. Cela s’appelle de l’amour ».

Me Yasmina Belmokhtar et Frank Berton, les avocats de celui-ci, ont souligné que les charges retenues contre le quinquagénaire étaient bien trop légères. Ces dernières n’étaient pas assez pour incarcérer un homme.

« On l’incrimine dans la disparition de son épouse, alors qu’il ne cesse de clamer son innocence et qu’il a, dès le début, collaboré avec la justice et continuera de le faire pour obtenir la vérité. C’est en procédant de cette manière que la justice commet ses plus grandes erreurs », expliquent-ils.

Selon Le Parisien, ces avocats demandent une autre demande en liberté malgré une première demande rejetée le 28 juillet dernier. Ils relancent l’affaire en cassation, en déclarant :

« L’attitude de la justice a été scandaleuse dans cette affaire et l’enquête a été bâclée. »

Source : SHUTTERSTOCK