Cette enseigne emblématique et connue de tous les français pourrait bien fermer ses portes…

Alors que l'enseigne Camaïeu, qui est en redressement judiciaure, craint un plan de cession, voire une liquidation judiciaire, Pimkie, elle, cherche repreneur. De quoi illustrer l’état des marques de prêt à porter françaises. Explications.

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Entre une enseigne placée en redressement judiciaire et une autre mise en vente pour l’autre, l’heure est grave ! Le prêt à porter à la française morfle !

Deux célèbres chaînes de prêt-à-porter pour femmes n’ont pas réussi à faire face à des concurrents indétrônables. Il était une Pub vous dit tout.

L’enseigne Camaïeu en redressement judiciaire

Camaïeu est une enseigne de prêt-à-porter pour les femmes de 20 à 60 ans. L’entreprise, qui en 2018 détient 11% de parts de marché du prêt-à-porter féminin en France, revendique un chiffre d’affaires de 750 millions d’euros dans ses 900 magasins dont 650 en France. Depuis le milieu des années 1990, Camaïeu accumule des problèmes financiers. Elle passe de main en main à plusieurs reprises à partir des années 2000, pour finalement être revendue 2 euros en août 2020 à la Financière immobilière bordelaise.

En 2022, l’enseigne est accusée de créer une campagne féministe pour redorer son image. En effet, sur sa dernière campagne, Camaïeu affiche sur son site internet des mannequins femmes avec des ecchymoses sur le visage.

Près de deux ans après sa reprise, l’enseigne Camaïeu est en cessation de paiement. Elle a été placée, ce lundi 1er août, en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lille, a annoncé sa direction à l’AFP.

Ouverture d’une procédure

« Nous prenons acte de la décision du tribunal qui prononce l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire à la demande de Camaïeu » a indiqué la direction. L’enseigne précise travailler « dès à présent au plan de continuation », l’objectif de l’enseigne « étant de préserver l’activité de l’entreprise et de la marque Camaïeu« , qui possède aujourd’hui près de 538 magasins sur le territoire français.

« Cette décision doit permettre à Camaïeu, marque historique du textile français, de disposer d’une période d’observation puis de présenter un plan de continuation. Afin de poursuivre la transformation initiée par le groupe et assurer ainsi la pérennité de l’entreprise », a indiqué dans un communiqué le groupe Hermione People and Brands (HPB), la division distribution de la FIB de l’homme d’affaires bordelais, Michel Ohayon.

Pour mémoire, l’enseigne française avait demandé l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire le 25 juillet dernier. À cette occasion, elle s’était déclarée en cessation de paiement, entre autres, en raison de nombreux impayés de loyers. La crise sanitaire liée au Covid-19, la forte hausse du prix des matières premières la situation actuelle ont eu raison de Camaïeu.

« Déjà largement fragilisée par cette succession de faits sans précédent, Camaïeu doit faire face, depuis le 30 juin dernier, à l’arrêt de la Cour de cassation, refusant aux commerçants le droit de demander une baisse de leurs loyers de la période COVID« , déclare le groupe Hermione People and Brands.

Pimkie mise en vente

 

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De son côté, la famille Mulliez a mis en vente son enseigne Pimkie, durant le mois de mai 2022.

Pour mémoire, Pimkie est une enseigne de prêt-à-porter française pour femmes. Fondée en 1971, elle fait partie de l’Association familiale Mulliez (AFM) via le groupe de prêt-à-porter roubaisien Fashion Cube.

Après une longue période d’expansion et un pic établi en 2018 à 716 magasins dans trente pays, l’enseigne connaît des difficultés à partir de la fin des années 2010. N’ayant jamais retrouvé sa rentabilité depuis 2015, l’enseigne de prêt-à-porter l’Association familiale Mulliez (AFM) cherche aujourd’hui un repreneur pour Pimkie.

En effet, autour du 15 mai dernier, à travers une « prise de parole de la direction générale. » en vidéo devant 1500 salariés, Philippe Favre, le directeur général de l’enseigne, a annoncé que les actionnaires actuels (l’Association Familiale Mulliez) cherchaient un repreneur.

L’actionnaire « se donne plusieurs mois pour faire cette recherche et trouver la meilleure solution possible. », a indiqué le service communication de Pimkie à l’AFP.

L’enseigne avait d’ailleurs nommé début janvier 2022 Philippe Favre, dirigeant spécialisé dans la gestion d’entreprises en difficulté, au poste de Directeur Général. De ce fait, les salariés s’attendaient à « un retournement d’entreprise avec une restructuration, certainement des fermetures de magasins. », a expliqué Karine Therage, responsable de magasin à Noyelles-Godault dans le Pas-de-Calais, élue au CSE et déléguée syndicale CFE-CGC.

L’Association Familiale Mulliez attend donc un repreneur, laissant des employés dans la plus grande angoisse.