Ce qu’il faut savoir sur la « démission silencieuse », la nouvelle tendance dans le monde du travail

Privilégiant le bien-être au travail, la démission silencieuse devient virale sur les réseaux sociaux. C’est une tendance née du Covid.

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Avant, on parlait de la « Grande démission ». Actuellement, c’est le « Quiet Quitting » qui fait parler les internautes. En effet, cette nouvelle tendance appelée en France la « Démission silencieuse » fait couler beaucoup d’encre. C’est devenu une véritable mode sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok. Elle consiste à travailler le moins possible sans se faire licencier.

La démission silencieuse, c’est quoi ?

La démission silencieuse, cette nouvelle tendance dont on parle beaucoup sur TikTok, dérive d’une autre tendance issue des réseaux sociaux. Il s’agit de la « Grande démission ».

Les deux années de crise sanitaire ont eu une influence directe sur les employées. Ces derniers, s’adaptant aux conséquences de la crise, ont adopté une approche différente vis-à-vis de leur travail.

Jean-Claude Delgenes s’est exprimé à ce propos le 19 août dernier sur RTL. Il explique que les individus se sont « interrogés sur leur travail et leur mode de vie ». Pour information, Jean-Claude Delgenes est le président de technologia.

C’est un cabinet spécialisé dans la prévention des risques au travail. Par ailleurs, le même jour, le ministre du Travail a dévoilé le résultat d’une étude de la Dares. Selon cette étude, 520 000 démissions ont été enregistrées les 3 premiers mois de l’année 2022.

Le but n’est pas de quitter son travail

Le but de cette démission silencieuse n’est pas de quitter son travail. En fait, les employés veulent juste se contenter de faire ce que leur poste exige. Cela dit, ils ne veulent donc faire que ce pour quoi ils ont signé tout en respectant les horaires. Ni plus ni moins.

Ainsi pas d’heures supplémentaires non payées ni de responsabilités démesurées. Ils remettent en question la culture d’entreprise traditionnelle et veulent mettre fin au dévouement envers son employeur.

Une employée de La Défense s’est confiée à ce sujet sur RTL. Pour elle, « la vie ce n’est pas le travail, il y a des choses à côté ». Il n’y a pas que la pandémie qui est la raison de cette quête de bien-être au travail.

Il y a aussi le bouleversement des méthodes de travail et un marché du travail extrêmement favorable. Selon Martial You, « la peur du chômage n’est plus ». En effet, il y a 65 % d’entreprise industrielle et plus de 80 % d’acteurs du BTP ayant du mal à recruter.

Le phénomène est conséquent chez les jeunes

Pour rappel, ce phénomène de démission silencieuse a débuté aux États-Unis, d’où le nom Quiet Quitting. S’il prône le détachement vis-à-vis de son quotidien professionnel, il est conséquent chez les moins de trente ans.

Cependant, le phénomène n’est pas vraiment nouveau puisqu’il a toujours existé dans le monde du travail. Le phénomène ne devient viral que récemment. D’ailleurs, le Hashtag #QuietQuitting dépasse les 40 millions de vues sur TikTok, le réseau social préféré des jeunes générations.

Les partisans de cette nouvelle tendance n’acceptent pas, semble-t-il, l’idée qu’il faille vivre pour travailler. Ils veulent de ce fait inverser les choses.

De faibles salaires

Il y a des raisons derrière ce manque de motivation. L’une d’elles est liée à la rémunération. « La question de la rémunération est une vraie question, et même la principale », d’après Philippe Cuénot.

Ce dernier est le vice-président de l’association nationale des DRH. Sur des vidéos sur TikTok, des vidéos en français, ils disent que c’est à cause de l’inflation. « Les prix augmentent, mais pas les salaires », d’après un autre partisan de la démission silencieuse.

Par ailleurs, les employés ne se sentent pas assez valorisés, comme l’a confié cette employée du quartier de La Défense. C’est ce qui a poussé les employés à quitter leur emploi dans le phénomène de la « Grande démission ».

Ils espéraient trouver un meilleur salaire et par la même occasion une meilleure condition de travail.

Un phénomène similaire en Malaisie

En Malaisie, on observe aussi un phénomène qui se rapproche de cette Démission silencieuse. La presse nationale rapporte plusieurs études et sondages selon lesquels les jeunes malaisiens se détournent des études.

Selon courrier international, il y aurait 72 % détenteurs de l’équivalent du bac qui veulent travailler comme influenceurs sur les réseaux. Au mieux, ils veulent être chauffeurs de taxi ou livreurs. Ils préfèrent cela au lieu de poursuivre leurs études.