Pénurie : la grande distribution se prépare à la disparition de nombreux produits adorés des Français

De nouvelles pénuries suscitent la crainte chez les grands distributeurs. Et ce, après celle de la moutarde et de l’huile de tournesol.

Source : iStock

Les consommateurs ont déjà dû faire sans la moutarde et l’huile de tournesol. Ces deux produits ayant disparu des rayons depuis maintenant plusieurs semaines. La liste des produits manquants va encore se prolonger et cela va perturber encore plus les courses du quotidien. Les grands distributeurs se préparent d’ores et déjà à faire face cette nouvelle pénurie. Ils prennent au sérieux cette menace qui plane au-dessus de ces denrées alimentaires.

Menace d’une pénurie de denrées alimentaires

La menace est sérieuse. Les grands distributeurs se préparent à y faire face. Il y a la canicule depuis fin juin, la grêle au printemps et les tempêtes et inondations en août. Le pays est passé par toutes sortes d’épreuves ces derniers temps.

Des épreuves qui ont malheureusement laissé des traces. En effet, du côté des distributeurs, on pressent une pénurie de denrées brutes ou transformées. Jusqu’ici, on l’a négligé, mais le changement climatique s’avère aussi un problème chez les distributeurs.

À celui-ci s’ajoute l’inflation. Les consommateurs devront donc s’y faire également. Ils ont déjà dû le faire sans l’huile de tournesol et la moutarde. Cette liste rouge de produits manquants va encore s’étoffer.

Les légumes et viandes, victimes du climat

Que va-t-il advenir des consommateurs cet automne ? Le climat n’a pas fait de cadeaux aux pommes de terre. Le lait, les olives, le miel et quelques viandes ou pois chiches font aussi partie des victimes.

Selon les producteurs de pommes de terre, cette année la récolte sera catastrophique. Par rapport à la moyenne des 20 dernières années, celle de cette année reculera de 20 %. Quant aux olives, du côté de Drôme et Ardèche, on estime la perte de récolte entre 20 et 80 %.

La pénurie s’annonce donc conséquente. La production de pois chiches suscite l’inquiétude de la Confédération internationale des légumineuses. La production de ces produits prisés des végétariens pourrait chuter de 20 %.

Ce, à cause des conditions météorologiques défavorables chez l’un des principaux pays producteurs. À savoir les États-Unis d’Amérique. Grégoire Kaufman, un expert de la production, parle d’une situation inédite. Il assure que jamais, ils n’ont connu des problèmes d’une telle ampleur « en matière de qualité et de quantité ».

Légumes
Source : Pixabay

Pénurie : qu’en disent les grandes enseignes ?

Vendredi dernier, BFM a interrogé Dominique Schelcher, président de Système U. Ce dernier a parlé lors de l’occasion, d’une baisse « du niveau de disponibilité des produits ». Selon lui, il est possible qu’il y ait une « indisponibilité pendant trois à quatre jours en magasin ».

Les causes peuvent être multiples. Parmi celles-ci, la hausse des matières premières et de l’énergie, la pénurie de chauffeurs. De son côté, Laurent Vallée évoque un sujet de disponibilité « de façon épisodique » sur certains produits.

Toutefois, d’après ce secrétaire général du groupe Carrefour, cela ne justifierait pas des achats de précaution. À rappeler que Carrefour pratique depuis de longue date la contractualisation.

Ce qui lui garantit des volumes suffisants pour remplir ses linéaires. Cela étant, le dirigeant craint toutefois que les consommateurs ne revoient leurs priorités à cause des épisodes climatiques.

Pénurie : les quantités de maïs aussi seront amoindries…

Un spécialiste des questions alimentaires, Sylvie Brunel, prévient que cette année les quantités de maïs seront amoindries. De même que celles des tournesols, des betteraves, de lait et de viande.

Maïs
Source : Pixabay

La raison n’est autre que la canicule qui cause une insuffisance d’irrigation du territoire. Ce qui causera par la suite des hausses de prix. La professeure assure que le problème de disponibilité est gérable. Mais le problème demeure sur l’accessibilité.

En effet, il y a 10 millions de Français qui souffrent de précarité alimentaire. Ils vont devoir « se rabattre sur des produits moins chers, souvent portionnés et transformés ». Tout cela du fait de la pénurie.

Les prix progressent dans les grandes surfaces

Alors que la canicule provoque la pénurie de certains produits, l’inflation continue à faire des siennes. Elle ne cesse de grimper dans les rayons bien que certains distributeurs proposent des promotions et des blocages de prix.

En mois d’août par exemple, on a constaté que les prix ont progressé de 7,9 % en grandes surfaces. Les produits premiers prix ont même frôlé les 13 %. Ce qui a, en conséquence, provoqué moins d’achats de la part des consommateurs modestes.

On voit que les distributeurs font des efforts pour satisfaire les clients, mais cela ne va pas durer. En effet, ils doivent augmenter leur structure de coûts selon l’inflation.