Après la moutarde, voici les aliments qui risquent une grosse pénurie les prochaines semaines

Après la moutarde et l’huile, la pénurie alimentaire commence à menacer d’autres produits tels que le miel et les pommes de terre.

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Cela fait plusieurs mois que les consommateurs français cherchent des substituts pour remplacer la moutarde. La situation mondiale qui a provoqué l’inflation en France en est la principale raison. Face à l’inflation et la sécheresse, la production de certains produits rencontre des problèmes. Les professionnels espèrent que cette crise se termine d’ici à la fin de l’année. Pourtant, la pénurie alimentaire menace de plus en plus de produits. Le manque va commencer à se ressentir dans les semaines à venir. Voici une explication sur la situation actuelle pour mieux confronter ces risques de pénurie.

Les Français anticipent la pénurie

Selon Myriam Qadi, chargée d’études à l’institut NielsenIQ, le niveau de vente de certains produits est très élevé. Elle a expliqué que les huiles connaissent une hausse de vente de 30 à 50 % par rapport à d’habitude.

Cette hausse de vente concerne principalement les produits de la famille des huiles, pâtes, féculents, riz, farines, etc. Ces achats en amont s’expliquent avec la peur que l’inflation affecte davantage ces produits.

Les consommateurs anticipent les risques de pénuries et effectuent des achats de précautions. Ces derniers craignent le manque dans les supermarchés et se font des provisions.

Ce phénomène s’observe assez dans les grandes surfaces pendant certains jours de semaine. Les ravitaillements arrivent en général en début de semaine. Il arrive que dans certains supermarchés, les rayons d’huiles ou de farines soient déjà à moitié vides dès le vendre.

Grâce à des approvisionnements réguliers, la pénurie au sens propre n’est pas encore applicable sur la situation en France. Il est évident que la persistance de la hausse du prix des matières premières est un grand problème pour les producteurs.

Selon Myriam Qadi, les problèmes liés aux matières premières d’emballage ont un effet sur la disponibilité de certains produits. La sécheresse en France ne fait qu’empirer cette situation.

L’impact de la canicule sur certains produits

Outre la situation à l’Est de l’Europe et l’inflation, la sécheresse a beaucoup fait diminuer la production de certaines références. Le manque de pluie est un vrai dilemme pour les récoltes. Et ce, sans parler de la forte chaleur qui a frappé la France depuis le mois de juin.

L’une des victimes est la production de maïs. Pendant cette période estivale, le soleil a brûlé des champs de maïs. Selon le ministère de l’Agriculture, la production de maïs va connaître un grand recul.

Elle est estimée à 12,7 millions de tonnes, soit moins de 18,5 % que la production en 2021. La forte chaleur a aussi mis les éleveurs de bétails dans une situation délicate. Dans les périodes de canicule, les vaches produisent moins de lait. Cela est dû au ralentissement de leur organisme. Ce qui causera une pénurie de produits laitiers.

De plus, les éleveurs ont du mal à trouver du fourrage frais pour les nourrir. D’après la Fédération nationale des producteurs de lait , les vaches produisent 20 % de moins de lait. Le directeur du syndicat avait expliqué ce que cette situation peut engendrer.

« S’il commence à manquer de lait, il y aura des arbitrages industriels pour ne plus livrer la grande distribution », a-t-il confié à Libération.

Le syndicat demande une augmentation du prix du litre du lait. Au cas où les enseignes refuseraient cette demande, le risque de rupture de stock sera inévitable. Et ce, principalement pour les laits en cartons. Par ailleurs, la sécheresse a aussi un impact sur la production de miel.

Produits en pénurie : la pomme de terre et le miel s’ajoutent à liste

Une rupture de stock menace la France pour le miel et la pomme de terre. Pour les apiculteurs, cette année est une « année noire ».

Cela s’explique avec une baisse de rendement des produits qu’ils estiment à 55 % par rapport à l’année dernière. Pour certaines régions, la sécheresse extrême a limité la floraison des acacias ou des bruyères.

Les abeilles n’ont pas pu se nourrir et encore moins produire du miel. Les consommateurs verront la flambée du prix du miel dans les mois à venir. La baisse de rendement de pomme de terre est inévitable.

La chute d’activité ira jusqu’à 1 milliard d’euros cette année. Ce chiffre représente un tiers du chiffre d’affaires que rapporte la filière des produits de pomme de terre en France. Les tubercules n’ont pas pu se développer à cause des épisodes de fortes chaleurs.

Les professionnels redoutent même qu’il n’y ait pas assez de pommes de terre pour l’ensemble des demandes.