Allocation de rentrée scolaire : « achats d’écrans plats » ou fourniture ? Ces idées reçus qui ont la dent dure !

L’allocation de rentrée scolaire fait l’objet de diverses idées préconçues. Il est grand temps de démystifier tout cela. Suivez le guide.

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Les aides sociales font partie des sujets de société les plus explosifs. Les avis divergent selon les convictions politiques de chacun d’entre nous. Cela favorise souvent les idées préconçues. En ce qui concerne l’Allocation de rentrée scolaire, il est temps de faire la part des choses.

L’allocation de rentrée scolaire sert à quoi ?

Ce sera bientôt la rentrée des élèves, l’attribution de l’allocation de rentrée scolaire a eu lieu ce mardi 16 août. Cette dernière est une aide offerte par l’État pour les familles défavorisées.

Ainsi, comme tous les ans, les mêmes critiques reviennent. Pour certaines personnes, elle n’est qu’un moyen pour faire des achats autres que celle prévue pour leur utilisation.

L’allocation de rentrée scolaire servirait donc que pour acheter des objets de futiles. Il paraît qu’avec cette aide de l’État, on pourrait même s’offrir un nouvel écran. Le pire, c’est que c’était l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, lui-même, qui a lancé cette rumeur.

La suggestion des députés LR

Les députés LR ont proposé une nouvelle mesure pour éviter les potentielles dérives. Si cette loi passe à l’Assemblée, l’Allocation de rentrée scolaire se transformera en une aide en nature plutôt qu’en argent liquide. Et ce, pour empêcher certains parents d’en user autrement que pour la rentrée scolaire.

Il semble que l’Assemblée nationale a inscrit le 4 août une disposition allant dans ce sens. Les Républicains veulent « encadrer l’utilisation de l’allocation de rentrée scolaire » et « lutter contre la fraude ». Ils souhaitent une mesure qui détermine « l’affectation réelle » du montant total de cette allocation.

Sauf que cela devrait demeurer « inconnu des pouvoirs publics dans la mesure où elle reste à discrétion des familles des bénéficiaires ». Cette information se propageait énormément à tel point que la RTL a partagé une information sans source fiable sur son antenne.

Ce jour-là, sur RTL, une personne avait fait une remarque qui allait entraîner une polémique. Cette dernière affirmait que la vente d’alcool atteignait des sommets au moment même où le paiement de l’allocation de rentrée scolaire était effectué.

Il n’en fallait pas moins pour enflammer la Toile. Puisqu’aucune preuve ne peut vérifier de telles affirmations, RTL s’est empressé de faire un démenti.

« Selon la dernière étude disponible (Opinionway pour le CAF/2013), 95 % des bénéficiaires avaient acheté des fournitures scolaires et (89 %) des vêtements », précise RTL dans un Tweet.

La réelle utilisation de l’allocation de rentrée scolaire

Par rapport à toutes ces idées reçues, il est préférable de faire une approche pragmatique de la question. La dernière étude sur l’allocation de rentrée scolaire a été partagée par RTL.

Dans sa publication, la chaîne mentionne que les risques de fraude sont minimes. Cela suffirait-il à démanteler toutes les rumeurs faites autour de cette aide ? Pour cette rentrée, l’allocation de rentrée scolaire s’élèvera à 392,05 euros par enfant âgé de 6 à 10 ans.

Par contre, elle sera de 413,69 euros par enfant âgé de 11 à 14 ans. Enfin, ce sera 428,02 euros par enfant âgé de 15 à 18 ans. La CAF (Caisses d’Allocations familiales) avait démenti ces suspicions de fraude.

« La quasi-totalité (99 %) des bénéficiaires a acheté des fournitures scolaires et 85 % des vêtements », indique un sondage fait par OpinionWay.

L’inconsidération de la situation des plus démunies

Cette recherche a été effectuée par Opinionway sur une statique de 2009 allocataires de l’allocation de rentrée scolaire (ARS). Et ce, contre une statistique de 308 non bénéficiaires.

Ces 2009 allocataires représentent un peu après l’ensemble des familles pauvres incapable de subvenir entièrement au besoin scolaire. Les non-bénéficiaires de l’allocation sont ceux qui ont des revenus bien plus que suffisants.

« Aucune étude sérieuse ne prouvant que l’ARS n’est effectivement utilisée par les familles à d’autres fins que les dépenses de rentrée scolaire, une réforme du versement de l’ARS sous la forme d’un titre spécial de paiement ou directement aux établissements scolaires n’apparaît ainsi pas opportune, plus coûteuse en gestion que le dispositif actuel stigmatisant les familles les plus modestes », indique le ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn.

Malgré les recherches effectuées qui prouvent que ces suspicions sont fausses, certains continuent à y croire. Allant même jusqu’à une déposition de proposition de loi par les députés LR.