Vacances : graves incidents dans une colonie « on était dans l’extrême violence », c’est terrifiant

Les animateurs d’une colonie de vacances sont confrontés à la violence d’un groupe de jeunes. La gendarmerie a dû agir à plusieurs reprises.

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La colonie de vacances « Vacances pour tous du 16 », de la Saint-Lary-Soulan des Hautes-Pyrénées était prévue pour quatorze jours. La Fédération charentaise des œuvres laïques avait constitué l’événement. L’Union Nationale des Associations de Tourisme et de plein air d’Occitanie a bien voulu y participer. Mais le séjour dégénère dès les premiers jours.

La colonie avait accueilli dans le Centre d’Altitude du Département de la Charente, des enfants de 7 à 15 ans, dont 87 au total. Les encadrants ont été confrontés à un cas d’extrême violence jamais vu auparavant. À cause de l’insubordination d’un groupe de jeunes venus d’Occitanie, les organisateurs ont renvoyé les enfants plus tôt que prévu. Mais que s’est-il réellement passé ?

Colonie de vacances : deux interventions nécessaires de la gendarmerie

Selon la directrice de la colonie, Konstantina Moschou, un garçon de 13 ans venu d’Occitanie, a voulu semer le trouble dès le premier soir. Il refuse de dormir et cherche la bagarre autour de lui. Les animateurs qui sont intervenus ont eu droit à des insultes de sa part.

« Il y a eu des bousculades et un manque total de respect de l’adulte, de l’autorité et des règles », informe-t-elle au BFMTV.

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Le jour suivant, les organisateurs décident d’exclure le garçon de la colonie de vacances. Lorsque ce dernier apprend son départ, il profère des insultes et des menaces envers l’équipe d’animation. Le cousin de celui-ci, en compagnie d’un autre camarade, va former un trio terrible avec ce perturbateur. Ils sèment ensemble la zizanie dans le centre d’accueil. Les gendarmes ont été appelés pour la première fois, à ce moment-là.

Après cet incident, les deux cousins sont remis à leur famille. Le dernier camarade du trio, quant à lui, a pu rester. La colonie retrouve son calme, deux jours après. Puis, ce membre restant du trio, a finalement décidé d’agir. La directrice de la colonie explique que l’adolescent « a pris le dessus sur les autres et des clans se sont formés. »

Selon elle, le groupe a essayé d’ « attaquer une autre chambrée. » La directrice de la colonie n’en revient pas. Elle n’a jamais vu une telle situation se produire.

« Il y a eu des bousculades quand les animateurs ont voulu protéger d’autres enfants. Il y a eu des insultes vis-à-vis des animateurs et un manque total de respect de l’adulte, de l’autorité ou des règles », dit-elle, indignée.

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« Si ça avait continué, il y aurait eu un mort »

Konstantina Moschou prend une autre décision pour protéger les enfants.

« Nous avons décidé de rapatrier l’ensemble des enfants d’Occitanie chez eux pour leur sécurité, mais aussi pour éloigner les perturbateurs, » raconte-t-elle.

Seulement, cette décision a entraîné une fois de plus la discorde au sein de la colonie. Le responsable appelle la gendarmerie une deuxième fois pour dissiper les tensions. Une animatrice présente ce jour-là a même dit :

« Si ça avait continué, il y aurait eu un mort. »

Les éléments perturbateurs ont été renvoyés chez eux. Toutefois, le choc des premiers jours était intense même pour les organisateurs. Ces derniers décident donc de mettre fin à la colonie de vacances. La journée du 10 août marque donc le départ de tous les enfants restants.

Un staff complètement dépassé par les événements durant cette colonie de vacances

Jean-François Arrivé-Beylot, le chargé du service vacances qui travaille depuis 2005 pour la Fédération charentaise des œuvres laïques, est outré.

« Nous n’étions pas préparés à un tel tsunami de haine, et n’avons pas su canaliser cette violence et ce mal-être, » dit-il dans un premier temps.

L’équipe sur place n’a pas su maîtriser les perturbateurs.

« Sur les douze animateurs que nous étions, seulement cinq étaient diplômés du BAFA, cinq étaient stagiaires BAFA, et deux n’étaient pas diplômés. Il y avait seulement trois hommes sur l’effectif, » raconte une animatrice.

Jean-François Arrivé-Beylot a confirmé :

« On a reçu des jeunes qui n’avaient rien à faire sur ce type de séjour traditionnel, encadré par des animateurs diplômés BAFA. »

Vacances
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Une animatrice avait affirmé que les perturbateurs ne venaient pas tous de la région d’Occitanie. Elle explique que des jeunes femmes de son équipe n’avaient que 18 ans et manquaient l’expérience nécessaire pour travailler avec ces adolescents. Certains d’entre eux se seraient même astiqués devant elles. Celles-ci sont « désormais traumatisées par cette première expérience d’encadrement. »

Les informations délivrées par la CAF n’étaient pas complètes

Les parents ont inscrit leurs enfants à la colonie de vacances par le biais de la CAF. Pourtant, selon Jean-François Arrivé-Beylot, les informations qu’on lui a transmises sur ces jeunes, n’étaient pas suffisantes. Il soutient aussi que des éducateurs spécialisés devaient être affectés à certains enfants.

Toutefois, la CAF de la Haute-Garonne a décliné toute responsabilité. Celle-ci s’occuperait juste du financement du projet de vacances.

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À l’heure actuelle, une plainte de la part des organisateurs est déposée au parquet de Tarbes. En effet, une dalle de faux plafond serait sérieusement dégradée lors des affronts.