Retraites complémentaires Agirc-Arrco : calendrier, revalorisation, inflation… ce qu’il faut savoir

Une hausse de 4 % pour les retraites de base. Les retraites complémentaires du privé devront attendre. Mais pourquoi ? Et jusqu’à quand ?

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L’augmentation de 4 % des retraites de base aura lieu bientôt. Elle ne concerne pas encore les retraites complémentaires. Celles-ci devront attendre, mais jusqu’à quand ? Initialement prévue ce 9 août, l’augmentation des retraites de base interviendra finalement en septembre.

Soit avec un mois de retard sur le calendrier prévu. C’est, semble-t-il, à cause du retard des débats parlementaires sur le projet de loi sur le pouvoir d’achat. Toutefois, l’augmentation sera rétroactive. Ce qui amène à la question, qu’en est-il des retraites complémentaires ?

Aucune augmentation des retraites complémentaires en vue

D’abord, il convient de clarifier la situation. Pour l’heure, il n’y a pas d’augmentation des retraites complémentaires en vue. C’est la loi qui fixe l’augmentation des retraites de base.

Par contre, ce sont les partenaires sociaux qui fixent celles complémentaires. Pour les entreprises, cela dépend de MEDEF, CGPME et U2P. Mais pour les salariés, c’est la CFDT, CFE-CGC, CGT et FO qui s’en chargent. S’il y a augmentation des retraites complémentaires, ce ne sera pas avant le 1er novembre 2022.

En effet, c’est l’accord national interprofessionnel du 10 mai 2019 qui a fixé cette date. Selon le règlement de l’Agirc-Arrco, la prise de décision a lieu en mois d’octobre. À en croire certaines sources, il semblerait que le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco se réunira le 6 octobre.

Le nouveau montant des retraites complémentaires

Pour fixer le montant de la hausse, il faut se baser sur le chiffre de l’inflation du mois de juin. C’est ce que dit la règle de l’Agirc-Arrco. Et selon l’INSEE, les prix ont augmenté de 5,8 % ce mois-la. Et ils ont atteint 6,1 % en juillet. En principe, les retraites complémentaires suivront donc ce chiffre.

Cependant, la règle se réserve des exceptions. Cela dit, on ne prend en compte ce chiffre que dans un cas bien précis. Il faut que l’inflation soit supérieure à l’évolution du salaire moyen par tête en France (SMPT).

Pour l’heure, on ne connaît pas encore son montant. Mais il semble que quoi qu’il en soit, les retraites complémentaires n’évolueront pas au-dessus de l’inflation. Le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco ne pourra ajouter que + ou – 0,5 %.

Les moyens de financement des retraites de l’Agirc-Arrco

Si la hausse ne peut intervenir qu’au 1er novembre de l’année, elle ne sera pas rétroactive. Cela n’est pas possible si l’on se réfère à l’accord national interprofessionnel. Quant aux moyens de financement, c’est l’Agirc-Arrco qui en dispose. En effet, ce dernier dispose d’un trésor de guerre de 65 milliards d’euros.

Cette somme va servir à financer plus de six mois de versement de retraites complémentaires. Et cela concerne 13 millions d’anciens salariés du privé. En d’autres termes, 13 millions d’anciens salariés du privé vont percevoir une retraite complémentaire de l’Agirc-Arrco tous les mois.

Et pour les retraités de la fonction publique ?

Quant aux retraités de la fonction publique, c’est l’État qui se charge de leur verser leurs retraites. À rappeler que ceux-ci vont augmenter de 4 %. En somme, les fonctionnaires de l’État touchent :

  • Une retraite de base du SRE (Service de Retraite de l’Etat). Cela se fait selon le nombre de trimestres de cotisations d’assurance vieillesse.
  • Une retraite complémentaire de la RAFP (Retraite additionnelle de la fonction publique). Celle-ci est un régime de retraite par point.

Des représentants et des spécialistes donnent leurs avis

Beaucoup d’avis se font entendre au sujet de cette hausse des pensions de retraite. La vice-présidente de la CFTC, Pascale Coton, suggère de lâcher « un peu la bride ». Cette dernière affirme qu’ils feront mieux s’ils le peuvent.

À noter que Pascale Coton siège à l’Agirc-Arrco. Du côté de Force Ouvrière, ils espèrent un coup de pouce de l’Agirc-Arrco vu leurs réserves. Michel Beaugas estime quant à lui que les 0,5 % non versés de l’an passé auraient pu être rattrapés.

Michel Beaugas est secrétaire confédéral chargé de l’emploi et des retraites chez FO. Des spécialistes ont évoqué l’idée d’une augmentation rétroactive des retraites complémentaires.

Ce qui, rappelons-le, est impossible selon la règle de l’Agirc-Arrco. Et Benoît Prince explique que pour cela « il faudrait faire un avenant ». Il ajoute qu’« il faudrait renégocier ». Ce secrétaire général adjoint de la CFDT retraité ajoute qu’il faut de « la souplesse sans mettre en péril le régime ».