Rupture de stocks : tous les produits concernés par la pénurie cet été !

Les français craignent que les pénuries successives les empêchent de manger correctement. Quels sont les produits concernés ?

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D’après l’entreprise NielsenIQ, spécialiste mondial dans l’analyse de données, une augmentation de 1.2 % du taux de rupture de stock est à signaler en un an. En effet, en 2022, ce taux atteint les 5.3 % en juillet, contre 4.1 % l’année dernière. Quels sont les produits concernés ? Ces pénuries vont-elles s’installer dans le temps ? Pourquoi sommes-nous confrontés à autant de ruptures de stock ? On vous dit tout.

Pénurie : entre réchauffement climatique et situation géopolitique

Les raisons qui expliquent les pénuries et les ruptures de stock sont nombreuses. D’un côté, le réchauffement climatique. Ses conséquences sont évidemment visibles dans nos assiettes. Pas encore concerné par les ruptures de stock, le lait fait pourtant partie des produits qui pourraient manquer à l’avenir. Pourquoi ? Car les vaches n’ont pas d’herbe à brouter, que les éleveurs puisent déjà dans des réserves très chères de nourriture faite pour l’hiver.

NielsenIQ fait une analyse qui montre bien à quel point la situation est catastrophique pour les grandes surfaces, les supermarchés et les hypermarchés : « Ces ruptures en linéaire représentent sur une année pleine un manque à gagner brut de 3,8 milliards d’euros en hypermarchés et supermarchés. Conditions climatiques, mauvaises récoltes, conflit Ukraine-Russie et autres difficultés de production ont sensiblement accéléré les pénuries de certains produits depuis le début de l’année, et ont mis à mal la disponibilité en linéaire en 2022 » (propos recueillis par le Figaro et tenu par le consultant retail collaboratives solutions, François Laffontan).

 

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Les produits concernés par la pénurie

Le blé se retrouve évidemment en tête de liste des futures pénuries. Et pour cause, l’Ukraine est considérée comme le grenier à blé de l’Europe. Mais du fait de la présence militaire russe dans le pays, ce sont des millions de tonnes de grains qui sont bloqués dans les ports d’Odessa et sa région. De plus, les fortes chaleurs des derniers jours n’aident pas la production. Résultat : les produits à base de blé, mais aussi les galettes de sarrasin vont, petit à petit, disparaître des rayons. En effet, les importations de farine de sarrasin proviennent pour un tiers de Kiev. Cela montre à quel point les pays dépendent les uns des autres.

Les pois chiches risquent, eux aussi, d’être moins présents dans les rayons dans les semaines et mois à venir. À cause du réchauffement climatique et du contexte géopolitique en Europe de l’Est, l’offre mondiale devrait chuter de 20 % cette année. La ville de Nice est très inquiète concernant cette pénurie. Et pour cause, la socca, une galette de farine de pois chiche typique de la ville, s’en trouve menacée.

 

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La moutarde, la grande absente de l’été

C’est une nouvelle fois à cause du réchauffement climatique que la moutarde vient à manquer. En effet, la France achète la grande majorité (80 %) de ses grains de moutarde au Canada. Or, l’année dernière, le pays est touché par une énorme sécheresse et des incendies. D’où la pénurie actuelle, tout simplement historique. « Les moutardiers n’ont jamais vu ça« . Contacté par actu.fr, le ministère de l’Agriculture canadien a donné plus de détails :

« Le Canada a exporté 157 tonnes de graines de moutarde vers la France en 2021, soit une diminution de 80 % par rapport à 2020 ». Cette diminution s’ajoute à la mauvaise récolte française. Pour le résultat qu’on connaît avec des rayons vides. « Les rayons se vident, on le remarque. Et c’est la même galère pour les restaurateurs et fast-food, d’ailleurs », expliquait déjà en mai 2022 un porte-parole de Super U à actu.fr.

Les Français vont devoir s’armer de patience et apprendre à vivre pendant quelque temps dans un monde sans rayons remplis de pots de moutarde. Le ministère de l’Agriculture canadien se veut rassurant pour l’année prochaine. « En supposant un retour à des rendements plus normaux pendant la saison de croissance 2022-2023, sous réserve d’une meilleure disponibilité de l’humidité, le Canada prévoit une production de 175 000 tonnes. Cela représenterait une augmentation de 250 % par rapport à la production de 2021« . On espère donc qu’il a raison et que la moutarde fera son grand retour.