Pénurie : après la moutarde et l’huile, le lait produit phare et adoré des Français pourrait disparaître des rayons !

La France sera-t-elle bientôt concernée par une pénurie de lait ? Les températures extrêmes n'y sont pas étrangères.

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Les climato-sceptiques pour qui les canicules successives qui touchent la France ne sont pas anormales risquent d’être bien agacés et de reconnaître que le changement climatique existe quand ils réaliseront qu’ils seront privés de leur verre de lait le matin. Et pour cause, une des conséquences des températures extrêmes des mois de juin, de juillet et d’août est une pénurie à venir du lait. On fait le point avec vous !

Une pénurie à venir à cause de la sécheresse

La canicule est désagréable à vivre pour tout le monde, c’est un fait. Mais au-delà de notre simple confort, elle a également de terribles conséquences, surtout quand elle s’inscrit dans le temps. Or, ce fut le cas en juin et en juillet, avec plusieurs jours de canicule et de fortes chaleurs. Le mois d’août est sur la même lancée avec déjà des températures supérieures aux normales de saison. Par conséquent, c’est la sécheresse qui touche une bonne partie de la France. Cela s’est notamment vu avec les impressionnants incendies en Gironde. Mais ce n’est pas le seul département touché puisque de nombreux incendies ont été déclarés un peu partout en métropole.

Aujourd’hui, c’est la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) qui tire la sonnette d’alarme. Et pour cause, les éleveurs ont du mal à nourrir les animaux. Puisque le soleil brille et que les nuages ne trouvent plus leur place, l’absence de pluie se fait sentir. Les champs sont secs, il n’y a pas d’herbe verte. Or, les vaches se nourrissent, l’été, dans les champs toute la journée. Les agriculteurs sont obligés d’aller piocher dans les stocks en réserve pour cet été, alors même que les prix des fourrages sont très élevés.

La prochaine pénurie concerne-t-elle le lait ?

France Info a recueilli le témoignage de Yannick Fialip, un éleveur qui est également président de la commission économique de la FNSEA. Son discours est malheureusement alarmant : « On a des animaux, qui sont dans les prés habituellement en cette période, qui n’ont plus rien à manger« . C’est pourquoi les agriculteurs se tournent vers les réserves. Ils ne peuvent pas compter sur la nature, bien avare en herbes du fait des conditions climatiques.

« On est très inquiet sur la capacité de beaucoup d’éleveurs à pouvoir nourrir leurs troupeaux sur l’ensemble de l’hiver 2022-2023« . Il en vient à espérer une hausse du prix pour compenser toutes les dépenses qui sont faites. Ce serait indispensable pour assurer la survie de la filière. Mais en parlant du lait, il ne serait pas surpris si une pénurie voit le jour à l’avenir. « Je pense que dans les mois qui viennent, on va avoir une pénurie de lait en France« .

 

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Les agriculteurs demandent de l’aide.

Pour les agriculteurs, l’État ne peut pas rester sans rien faire. Il doit aider la filière agricole, il doit aider les agriculteurs. Peut-être que cela sera fait puisque le lait est très important pour des millions de Français qui en consomment au quotidien. C’est en tout cas ce qu’annonce par exemple une consommatrice, inquiète, au JT de 13 h de TF1 : « Pour moi le lait, c’est capital« . Si les prix augmentent, certains disent clairement qu’ils réduiront leur consommation de lait. Après tout, les céréales ne seront plus molles le matin.

Mais pour éviter que les prix ne soient trop élevés (ce qui aurait un impact logique sur les ventes), les éleveurs ne cachent pas leurs espoirs. Ils espèrent vivement que des aides de l’État seront accordées : « Il y a un fonds des calamités qui aide les éleveurs à pouvoir avoir accès à des aides qui leur permettraient d’acheter des fourrages (…) Il faut que l’on puisse l’activer dans bon nombre de départements pour donner de la trésorerie à des éleveurs« , insiste Yannick Fialip.

Aujourd’hui, c’est une question de survie pour les éleveurs. Depuis des années, on parle énormément des conditions de travail des agriculteurs et des éleveurs. C’est donc le moment où jamais pour le gouvernement de montrer que leur détresse a été entendue. Sans eux, l’exception culturelle française n’existe plus. Il est temps de le réaliser.