Un acheté, un offert : le retour des prix cassés sur l’alimentation pour aider les plus pauvres ? Bruno Le Maire s’exprime

Aujourd'hui, les promotions dans la grande distribution ne peuvent pas excéder 34%. Mais aujourd'hui, alors que l'inflation est historiquement en hausse, cela pourrait changer.

Source : Istock

Pourrons-nous bientôt faire nos courses et voir des panneaux annonçant des réductions de 50% sur certains fruits et légumes ? C’est le souhait de Bruno Le Maire. En effet, le ministre de l’Économie souhaite revenir sur la loi Egalim, qui protège la filière agricole en temps normal.

Qu’est-ce que la loi Egalim ?

Cette loi a été adoptée en 2018, dans un contexte peu inflationniste. Elle encadre tout simplement les promotions faites par les grandes surfaces. Depuis cette loi, ces dernières sont plafonnées à 34% en valeur, et à 25% en volume, pour les produits alimentaires. Pourquoi une telle loi ? Le but est simple. Cette loi existe pour protéger la filière agricole contre les prix de vente trop bas imposés par la grande distribution.

Aujourd’hui, Bruno Le Maire souhaite revoir cette loi. Du fait de la hausse spectaculaire du prix, il pense que c’est le moment où jamais. C’est en tout cas ce qu’il a dit lundi 4 juillet dernier, au micro de France Inter :

« Aujourd’hui, les promotions ne peuvent pas excéder 34% de remise dans la grande distribution, je propose que l’on relève ce seuil à 50% pour qu’il y ait des prix cassés pour tous ceux qui en ont besoin« .

Les enseignes cassent déjà les prix

Pour aider les consommateurs, les grandes enseignes proposent des coups de pouce bienvenus. Des promotions, des prix cassés, des offres supplémentaires pour les consommateurs qui possèdent la carte de fidélité… Rarement aura-t-on vu autant de promotions. Mais cela s’inscrit dans un contexte particulier. Celui d’une inflation record.

Depuis le début de l’année, les prix ne cessent d’augmenter. Chaque mois, plusieurs dizaines de centimes s’ajoutent. De quoi, après six mois d’inflation, faire considérablement augmenter le panier moyen de ses courses. Et cela ne va malheureusement pas en s’arrangeant. Les économistes sont formels. Le pic de l’inflation ne devrait pas être atteint avant 2023. De quoi laisser craindre le pire concernant les six derniers mois de l’année.

Certains parlent déjà d’une inflation en hausse de 10% d’ici les fêtes de fin d’année. Cela ne serait pas surprenant. En effet, la France est certes touchée, mais bien moins que d’autres pays. La France, avec ses 6%, fait pâle figure face à certains pays. Au Venezuela, au Soudan, au Zimbabwe, en Turquie, au Yémen ou en Argentine, la hausse des prix est comprise entre 50% et… 500%. 

 

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Les offres proposées pour lutter contre l’inflation

​​ »En raison du contexte inflationniste exceptionnel que nous connaissons, on évalue l’augmentation du budget de chaque consommateur français à 224 euros pour 2022. Il est de notre responsabilité, en tant que distributeur, d’accompagner et de soutenir nos clients dans cette période de bouleversements qui impactent fortement leurs porte-monnaie« , explique Vincent Bronsard, président d’Intermarché et de Netto, cité par LSA.

Ainsi, en cette période de soldes, ce sont également des promotions qui sont faites du côté des grandes enseignes. Il faut dire que les français en ont cruellement besoin. Une récente étude a démontré qu’il manque, en moyenne, 490 euros aux français pour vivre convenablement. Une hausse de 23 euros par rapport à l’année précédente. Et évidemment, c’est un triste record qui tombe.

De son côté, le gouvernement met également en place une série d’aides pour les plus précaires. Les retraites et la prime d’activité augmentent, dès cet été, de 4%. Les APL, de leurs côtés, augmentent de 3.5%. Mais cette hausse ne fait pas plaisir à certains français qui pointent du doigt une certaine hypocrisie de la part du gouvernement.

« Après avoir baissé les #APL de 5€, les avoir sous-indexées de 2018 à 2020 et avoir réduit l’allocation des locataires modestes de 1,1 milliard d’€ en 2021, Bruno Le Maire annonce une « revalorisation » des APL de 3,5%, environ 168 millions d’€« , peut-on notamment lire sur Twitter.

François Ruffin ne mâche pas ses mots suite à l’annonce faite par Bruno Le Maire : « Depuis 2017, Macron gratte un milliard d’euros sur les APL pour financer sa suppression de l’ISF. Ce matin Bruno Le Maire, tout content, offre un cadeau de 168 millions pour les locataires. Ils nous distribuent des miettes. Et en plus ils se foutent de nous« .