Canicule : vers une nouvelle vague de chaleur à la mi-juillet avec des températures très élevées

Comme juin dernier, de fortes vagues de température anormale dépassant largement le seuil habituel sont prévues pour la mi-juillet.

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Réchauffement climatique ! Que vous y croyez ou non, les faits sont là. Des températures anormales et des nouvelles cartes de saison se sont manifestées à travers plusieurs villes dans le monde. En France, il n’y a même pas un mois, aux alentours du 17 juin, une température caniculaire a frappé plusieurs villes, notamment Redon, Rennes ou encore Quimper. Pour ce mois-ci, c’est la Bretagne qui risque d’exploser les records. La modélisation de GFS (Global Forecast System) annonce un score de température allant à plus de 40°C. Un scénario qui reste hypothétique et fait l’objet de beaucoup de débats.

Une prédiction encore à débattre

D’un côté, la modélisation faite par le GFS, l’organisme qui avait déjà prédit le scénario caniculaire de mi-juin à quelque degré précis, prévoit de nouveau des hausses de température dépassant le 40 °C la moitié du juillet partout en Bretagne. Mais de l’autre côté, Stéven Tual, un prévisionniste à la Météo de Bretagne, affirme :

« Cette modélisation est très hypothétique, il n’y a quasiment aucune chance que cela se produise. On est tellement loin de l’échéance ».

Quel est donc l’éventuelle raison de ce scénario extrême ?

Pour que cette modélisation voie un jour le jour, les paramètres les plus favorables à une telle hausse de chaleur exigent qu’une « goutte froide » se positionne au-dessus du Portugal, et qu’une « masse d’air désertique remonte ainsi jusqu’à nous ». Et ce, selon le prévisionniste Stéven Tual. De plus, toujours d’après lui, les prévisions à 12 jours sont peu fiables.

Une annonce trop en avance

Stéven disait qu’on ne peut pas voir « ce niveau de température modélisé avant ». Pour qu’une prévision soit réaliste, il faut utiliser plus d’une prévision avec des scénarios différents et « plusieurs moyennes au-delà de cinq, six, sept jours ».

À titre d’exemple, la prévision pour le week-end prochain, « les températures vont augmenter et devrait dépasser les 25°C, voire atteindre les 30°C ». Ces valeurs sont bien loin des 45°C prévus par la modélisation de GFS à Rennes. Cependant, affirmait le prévisionniste à la Météo de Bretagne :

« Il n’est pas impossible que ce scénario se réalise dans les dix, vingt ou trente prochaines années. On ne voyait pas ce niveau de températures modélisé avant. »

Bien sûr, cela inquiète le prévisionniste français qui travaille dans la météo de Bretagne.

Une prédiction similaire à celui de mi-juin

Le mois dernier, le modèle américain GFS prédisait exactement plus de dix jours à l’avance, comme c’est le cas ici. Cette modélisation prévoyait des températures de 42°C à Redon, 41°C à Rennes et 37 °C à Quimper.

Les températures données n’étaient pas exactes, mais ce n’était pas loin. À Redon, il affichait 38,4 °C qui fait une différence de -3,6 °C, à Rennes 38 °C, c’est-à-dire un écart de -3,1 °C et 30,7 °C à Quimper un décalage de -6,3 °C par rapport à la prévision. Cette vague de hausse de température est arrivée précisément à la même date prévue par la GFS qui avait annoncé un pic le 18 juin.

Généralement, pendant tout le mois de juin, la Bretagne a connu une hausse de température de 2°C à 3°C selon Stéven Tual. Sur l’ensemble du mois, la température habituelle a atteint « +2,5°C à Rennes, +2,2°C à Quimper, +1,9°C à Vannes et +1,7°C à Dinard ». La pluviosité aussi est excédentaire, c’est-à -dire qu’il pleuvait beaucoup. Un phénomène digne d’être noté, c’est rare depuis le mois d’octobre 2011.

Comment fait-on une prévision météorologique ?

C’est un procédé à trois étapes. D’abord l’observation qui consiste à recueillir des informations sur la météo au moins trois jours avant la prédication . Il faut bien l’admettre, « pour prévoir le temps qu’il fera demain, il faut déjà connaître le temps qu’il fait aujourd’hui ». Pour la France, ce travail est fait par un satellite météorologique dans 90 % des cas et le reste par des appareils locaux.

Ensuite la simulation. C’est un travail fait à partir des données recueillies. On simule numériquement la pression atmosphérique, les sens du vent, la température, et beaucoup d’autres données, c’est un travail de calcul énorme.

Enfin, l’analyse des résultats de la simulation. Il faut préciser que ces résultats ne sont pas encore de la prévision météorologique, ce sont des scénarios d’évolution, mais la vraie prédication dépend de l’interprétation de ses résultats par un prévisionniste ayant l’expertise nécessaire.