Inflation : découvrez pourquoi elle risque de rester durablement beaucoup plus forte que prévu

Récemment, il y a une inflation à deux chiffres dans de nombreux États membres de l’Europe. À cause de cela, l'union monétaire est confrontée au danger d'une hausse des prix à la consommation plus importante que prévu dans les années à venir.

Source : Pixabay

L‘inflation est en quelque sorte un cercle vicieux. Il est très difficile de s’en sortir une fois dedans. L’inflation sur un an est désormais proche de 6 % en France, 8% en Allemagne, 9 % au Royaume-Uni, 10 % en Espagne et même de 20 % dans les pays baltes. Le rythme de la hausse des prix à la consommation semble proche d’un point culminant. La plupart des économistes s’attendent à une baisse progressive. Toutefois, l’inflation pourrait bien rester plus élevée que prévu dans les années à venir…

Pourquoi l’inflation risque de rester élevée ces prochaines années

L’inflation qui sévit depuis 2021 est en partie « conjoncturelle« , note Marc Touati, économiste et président de l’ACDEFI, en raison notamment des retombées de la situation actuelle, qui « entraînera des tensions sur les prix jusqu’à l’automne prochain« . Le boom de la dette publique a stimulé l’inflation. La réponse des grandes puissances à la crise de Covid-19 a provoqué la dette publique. Mais l’impression massive de monnaie par les grandes banques centrales a également provoquée la dette en question.

 

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L’inflation est devenue incontrôlable, mais le choc sur la consommation devrait la faire refluer”. On a poursuivi l’accoutumance (à ces drogues, NDLR) trop longtemps, à tort”, dénonce l’économiste, pour qui l’inflation est devenue “incontrôlable”. Pour autant, il s’attend à “une certaine désinflation (baisse du rythme de hausse des prix à la consommation, qui ne doit pas être confondue avec la déflation, phénomène de chute des prix, NDLR)”, du fait du choc sur la consommation des ménages, qui “cassera” la croissance de l’économie.

Alors que l’Union européenne et d’autres grandes puissances semblent miser sur la croissance verte, « c’est structurellement inflationniste« , souligne Marc Touati. Dans la mesure où vouloir valoriser les énergies vertes ou passer des voitures à moteur thermique aux modèles électriques « coûtera plus cher« .

De plus, la crise du Covid-19 a suscité un certain mouvement de relocalisation (le contraire de la délocalisation). « Le coût de production étant plus élevé en France ou en zone euro qu’en Chine, ce phénomène est inflationniste« , explique le spécialiste.

Il convient enfin de surveiller l’évolution des revenus des ménages. En effet, « si une boucle prix/salaires (face à la forte inflation, les ménages pourraient obtenir des rémunérations plus élevées, ce qui pourrait doper les prix à la consommation, soit un cercle vicieux, NDLR) devait se mettre en place, ce serait inflationniste« .

Inflation
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Un séisme économique pour la faire retomber

L’inflation devrait donc être plus élevée que prévu dans les années à venir. Toutefois, « un éventuel cataclysme économique (une grave récession mondiale…) favoriserait un choc sur les prix à la consommation, et donc l’inflation« , note Marc Touati, qui rappelle que « en cas d’effondrement de la zone euro, l’euro accuserait une descente aux enfers, ce qui se traduirait par de l’inflation importée (l’euro se dépréciant face aux autres grandes devises, les produits achetés aux autres pays par la France se renchériraient mécaniquement, NDLR)« .

Au regard de l’histoire, la forte inflation est « un phénomène qui se termine toujours mal », rappelle Marc Touati. « Quand on veut lui porter un coup d’arrêt, on souffre. Mais mieux vaut se faire un peu mal maintenant que très mal plus tard ». Ainsi, si on ne prend pas le taureau par les cornes… Les économistes nous auront prévenus !