Mutuelle santé : cette aide exceptionnelle que beaucoup de Français oublient de réclamer !

Souvent, les bénéficiaires de minima sociaux sont moins couverts que le reste de la population. Découvrez quelles en sont les raisons.

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Les personnes bénéficiant de minima sociaux sont souvent bien moins protégées face aux dépenses de santé que le reste de la population. Cela est dû en grande partie à un manque d’information. On vous en dit plus à travers cet article.

Les bénéficiaires de minima sociaux sont moins couverts

Une étude a été réalisée par la Drees ou Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques sur le sujet. Il en a été conclu que les bénéficiaires des minimas sociaux sont moins bien protégés face aux dépenses de santé, que le reste de la population. Cette étude a été réalisée en 2018 et ses résultats ont montré que 16 % des bénéficiaires de minima sociaux ont dû, au moins une fois, renoncer à une consultation des médecins. Et cela, pour des raisons financières.

Pourtant, il existait à l’époque deux dispositifs pour éviter le problème : L’aide au paiement d’un complémentaire santé (ACS) et la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C). Le souci ? Ces deux dispositifs étaient bien trop méconnus en 2018. Seulement 30 % des bénéficiaires de minima sociaux connaissaient la CMU-C, et 75 % l’ACS.

Notons que les deux dispositifs ne font désormais plus qu’un. Ils ont fusionné pour devenir la CSS ou le complémentaire santé solidaire. Le temps nous montrera si la CSS va permettre à cette population de mieux comprendre les dispositifs d’aide, car pour l’heure, il est bien trop tôt pour se prononcer. Comme ils ne connaissent pas les dispositifs d’aide, de nombreux bénéficiaires de minima sociaux sont pris aux dépourvus face aux dépenses de santé.

À ce manque d’information s’ajoute le coût faramineux des complémentaires santé. Dans son étude, la Drees a indiqué que 83 % des bénéficiaires de minima sociaux « et 92 % des bénéficiaires de la prime d’activité sont couverts par un complémentaire santé, contre 96 % de l’ensemble de la population ». En ce qui concerne les allocataires du RSA, ils ne sont couverts qu’à 81 %.

À noter que la CMU-C qui depuis est devenue la CSS, concerne environ deux tiers des bénéficiaires du RSA. Une proportion assez faible, car, comme il est souligné par la Drees dans son étude, les allocataires du RSA devraient automatiquement être éligibles à la CMU-C.

Raisons pour lesquelles les aides sociales ne sont pas réclamées

Une étude a révélé que plus de 10 milliards d’euros d’aides sociales ne sont pas réclamés chaque année. Il y a plusieurs raisons à cela : la méconnaissance des dispositifs, la peur d’être stigmatisé, ou encore la complexité des procédures administratives.

Souvent, cette dernière est ce qui bloque de nombreux Français. C’est notamment le cas de Karim, un bénévole du Secours Catholique. En voulant bénéficier d’une aide sociale, il a été baladé de service en service, jusqu’à finalement baisser les bras. Mais Karim n’est pas le seul à avoir vécu cela.

En effet, comme Daniel Verger, responsable des études et de la recherche au Secours Catholique a déclaré : « Les démarches demandent du temps et de l’énergie, deux ressources dont les plus précaires, qui se battent pour garder la tête hors de l’eau, manquent bien souvent ». Raison pour laquelle de nombreuses personnes rebroussent chemin en cours de route.

Les solutions trouvées par l’État

Les personnes dans le même cas que Karim sont dites en situation de non-recours. Pendant longtemps, l’État s’est senti peu concerné par cela. Nénamoins, depuis quelques années, il y a eu du changement, et le gouvernement a commencé à s’en préoccuper. Ainsi, pour lutter contre le non-recours, l’État s’est mis à créer des simulateurs gratuits.

Ces simulateurs sont nombreux et ils ont chacun un fonctionnement qui leur est propre. Certains permettent de vérifier l’éligibilité à des aides, d’autres de trouver les prestations sociales auxquelles une personne est en droit de prétendre. Ces simulateurs ont permis au gouvernement de se rapprocher un peu plus de son objectif. En effet, un sondage a révélé que plus de 65 % des internautes ont entamé des procédures après avoir visité le simulateur de 1jeune1solution.gouv.fr.

Cependant, ces simulateurs arriveront-ils à eux seuls à éradiquer le non-recours ? Rien n’est moins sûr, car les procédures s’effectuant de plus en plus souvent en ligne, il est nécessaire de disposer d’une messagerie électronique, et de savoir l’utiliser. Ce qui, déjà, est un frein pour les personnes maîtrisant mal les outils informatiques.