Retraite : cette aide de 205 euros dont vous pouvez bénéficier sans le savoir

La direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques affirme que 50 % des seniors ne réclament leurs droits.

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205 euros par mois de manque à gagner en moyenne sont censés revenir à plus de 321 000 Français. Cependant, selon les rapports récemment relayés par TF1 Info, la moitié des personnes concernées par cette aide ne la réclame pas. C’est ce qu’a alerté la DREES. On fait le point.

50 retraités sur 100 ne réclament pas leur dû

Le non-recours à l’Allocation de solidarité aux personnes âgées n’est pas une nouveauté. En effet, en 2012, on a recensé 54 % de taux d’abstention. En 2016, ce pourcentage était de 50 %. L’ASPA est une aide dont bénéficient les personnes de plus de 65 ans. Mais dans des cas certains et spécifiques, l’âge minimum pourrait être de 62 ans. Pour bénéficier de cette allocation, qui a remplacé le minimum vieillesse en 2006, il faut un revenu mensuel de moins de 916 euros.

Il faut la demander pour l’obtenir

Pour les couples, il faut au maximum 1423 euros de pension pour toucher à cette aide. Selon TF1, les prétendants à cette aide doivent résider sur le territoire français depuis 6 mois et plus. Et ces 6 mois et plus doivent appartenir à l’année civile du versement de l’ASPA. Un organisme chargé de la retraite doit être approché par la personne concernée puisque la prestation n’est pas automatique (MSA, Sécurité sociale, etc.). Ainsi, elle pourra en faire la demande.

50 % d’abstention impliquant plus de femmes que d’homme

L’étude menée par la DREES conclut que le taux de non-recours à la ASPA est plus élevé chez les femmes ; soit 52 % d’abstention. Chez les hommes par contre, il est seulement de 44 %. Les propriétaires également présentent un taux de non-recours plus important que les locataires. Autrement dit, 72 % pour les premiers et 32 % pour les derniers. Mais encore, au niveau de l’âge, il y a plus de recourants moins âgés que de recourants plus âgés.

Deux faits expliquent ce non-recours

Ce taux de 50 % de non-recours s’explique par deux faits. Il y a ceux qui ne sont pas au courant de ce dispositif. Une femme interrogée par TF1 l’affirme.

« Quand on ne sait pas, on ne nous le dit pas », a-t-elle dit.

La seconde explication est que d’autres préservent leur dû à leurs successeurs. En d’autres mots, il est possible de récupérer les sommes versées dans le cadre de l’ASPA lors d’une succession. Seulement, il faut que l’actif net du bénéficiaire soit supérieur à 39 000 euros, après le décès de ce dernier. Il convient de rappeler qu’au début de l’année 2020, l’hexagone comptait plus de 15 millions de retraités.

Et la rupture technologique

Mais en plus des deux raisons précitées, d’autres avancent qu’il y a également un autre fait qu’ils appellent la rupture technologique. En effet, les démarches pour réclamer cette aide ont été simplifiées. Il suffit maintenant de recourir à Internet pour que cela se fasse rapidement.

Cependant, une retraitée explique au micro de TF1 qu’il y a « beaucoup de personnes âgées qui n’ont pas Internet. » Elle continue en disant : « tout se fait sur Internet maintenant. C’est le progrès, mais pas pour tout le monde. »

L’ASPA exclu par Macron

Lors de sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron a déclaré vouloir verser automatiquement les aides sociales. Ceci afin que les ayants droit puissent en bénéficier, mais aussi « pour éviter le non-recours et la fraude. »

Apparemment, cette promesse de campagne n’inclut pas l’ASPA. Puisque les statistiques de la Drees montrent un taux d’abstention conséquent chez les seniors. Mais pour les autres aides sociales comme les allocations familiales, l’aide au logement ou le RSA, la promesse aurait bien été tenue.

Quelques faits importants à propos de l’ASPA

À rappeler que cette aide est destinée aux personnes âgées, anciens salariés ou non, à faibles revenus. Pour ceux qui ne jouissent d’aucun revenu, l’ASPA s’élève à 868,20 euros par mois. C’est pour les célibataires. Pour les couples par contre, cette somme s’élève à 1347,88 euros mensuels.

Il est important de préciser que pour bénéficier de cette aide, il faut être dans les soixantaines (62 ans minimum, selon les cas). Il faut aussi résider régulièrement en France (plus de 6 mois). Enfin, on doit justifier de faibles ressources (soit moins de 9 998,40 euros annuels pour une personne seule).

Il faut aussi savoir que 70 % des bénéficiaires de cette allocation sont des femmes. Elles sont pour la plupart dans des situations difficiles (divorcées, veuves ou célibataires). Vu la période d’activité professionnelle longue et stable des hommes, leur retraite est de ce fait, plus importante.

Le minimum vieillesse remplacé par l’ASPA

L’ASPA a été instaurée en 2006 pour remplacer le minimum vieillesse. Ce dernier était une allocation englobant un ensemble de prestation à savoir l’allocation spéciale vieillesse, l’allocation aux mères de famille d’au moins 5 enfants ou le secours viager. Les personnes âgées pouvaient prétendre à ces allocations.

Lorsque l’ASPA fut mise en place, les bénéficiaires du minimum vieillesse pouvaient choisir de continuer à percevoir leur dû comme à leur habitude. Ou bien, choisir de bénéficier de l’ASPA comme les nouveaux allocataires.