Impôt sur le revenu : Voici les Français qui seront favorisés par l’indexation du barème sur l’inflation

Comme tous les ans, le barème de l’impôt sur le revenu doit toujours être réévalué. Cette année, la donne change à cause de l’inflation.

Source : Impotsgouv

Des inquiétudes se font sentir face à la hausse de la facture fiscale qui s’annonce. À l’exception des années 2012 et 2013, la réactualisation du barème de l’impôt sur le revenu est un usage courant.

Bruno Le Maire se veut rassurant

Beaucoup sont inquiets. L’annonce de l’augmentation du barème de l’impôt sur le revenu en est la raison. Ce n’est pas nouveau, certes, mais cette année la donne pourrait changer. L’inflation aurait eu des impacts sur la réévaluation du barème de l’impôt sur le revenu.

Voici deux scénarios possibles : dans une hypothèse plus douce, la hausse des prix en 2022 pourrait être de 3,7 %. C’est selon l’évaluation de la Banque de France. Dans l’autre hypothèse, celle qui est la moins tendre, l’évaluation atteindrait 4,4 %.

Cependant, Bruno Le Maire, Ministre de l’Économie français, s’est voulu rassurant lors de son entretien sur BFM-TV/RMC. Il a ainsi déclaré qu’ils allaient « indexer le barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation. » Selon le ministre, c’est pour « éviter les effets de seuil où des gens basculent dans l’impôt sur le revenu ou dans une tranche supplémentaire. »

Le ministre a été clair dans ses propos en disant qu’il n’était pas question que des Français paient davantage d’impôts à cause de l’inflation. Une inflation qui atteint 5,2 % sur une année selon l’INSEE.

Voici les mots du ministre :

« Je veux lever cette inquiétude. Il ne s’agit pas que les Français payent plus d’impôts à cause de l’inflation. Il est hors de question que des salariés, que les Français, payent plus d’impôts sur le revenu à cause de l’inflation. »

Et il a profité de l’occasion pour répéter la promesse de campagne du Président de la République Emmanuel Macron à savoir ne pas augmenter les impôts.

Une opération courante

Cette opération est courante. En effet, depuis 1969, pour tenir compte de l’inflation, ce barème de l’impôt sur le revenu a toujours été réévalué tous les ans. Bien sûr, l’année 2012 et l’année 2013 font exception.

Néanmoins, dans ses propos, Le Maire parle de cette opération comme d’une opération propre au gouvernement actuel. En tout cas, c’est l’impression que ça a donnée. Ce qui n’a pas plu aux internautes. Ces derniers ont donc tenu à rappeler au ministre, sur Twitter, que l’indexation sur le revenu est une mesure qui s’effectue tous les ans, depuis toujours.

Mais cette année, vu l’inflation qui, depuis quelques mois, atteint un niveau inhabituel, les enjeux financiers et fiscaux s’annoncent, de manière particulière, importants. C’est certainement lié à ce qui se passe actuellement en Ukraine. Pour une personne non mariée, le seuil d’entrée dans l’impôt sur le revenu est de 10 225 euros par an à l’heure actuelle.

Sur les quatre tranches que compte le barème de l’impôt sur le revenu, les taux d’imposition vont, pour les plus faibles revenus, de 11 % jusqu’à 45 % pour les revenus plus élevés.

Une indexation profitable pour les contribuables

Depuis plusieurs semaines, des mesures se succèdent afin de protéger le porte-monnaie des Français. Toutefois, le gouvernement ne veut en aucun cas céder à la tentation d’augmenter plus de recettes. Comme certains ménages ne seront pas imposables, des Français, des milliers de Français, ne verront pas leur imposition augmenter. C’est dû à l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation et aux seuils relevés.

Par la même, une augmentation mécanique de l’impôt sera évitée par cette indexation du barème de l’impôt sur le revenu, avec un indice des prix qui augmente plus vite que la progression réelle des revenus. Ce qui sera pour les contribuables, un avantage puisque l’État fera moins de recettes.

Lors de l’année 2012 et de l’année 2013, le gouvernement français a procédé à la non-indexation. En guise de rappel, à l’époque, l’inflation était de 2 % environ. Ce qui a poussé 400 mille nouveaux foyers français à se soumettre à l’impôt sur le revenu, et donc de permettre 1,7 milliard d’euros de recettes fiscales. Un surcoût de 80 euros devait être également payé par de nombreux foyers.

On parle de 20 millions de foyers. Et plus de 300 mille ménages de la dernière tranche voyaient cette moyenne grimper à 500 euros. Les Français craignent donc que la même chose ne se produise.