En France, le gaspillage alimentaire représente 20 à 30 kilos de produits alimentaires jetés par an et par ménage. En gaspillant, non seulement on pollue notre planète mais nous jetons aussi de l’argent dans nos poubelles. Pour lutter contre ces pertes et permettre à tous de faire des économies, plusieurs solutions existent.

Dans un précédent article, nous vous avons présenté en quelques mots le concept d’Optimiam, l’application qui s’est donné pour défi « Moins de gâchis, plus d’économies ! » Grâce à ses nombreux partenariats, Optimiam permet l’achat du « juste à temps » et a pour mission d’aider les commerces de proximité à moins gâcher et aux consommateurs de faire des économies. Nous avons donc été à la rencontre de Raodath Aminou, co-fondatrice de la start-up de demain.

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• IEUP : En quelques mots, racontez-nous comment l’aventure a commencé ?

Raodath Aminou : J’ai eu l’idée de lancer Optimiam pendant que je faisais mes courses au supermarché. J’ai été accostée par un traiteur japonais qui soldait ses sushis à -50 % : une barquette achetée / une barquette offerte. J’ai trouvé cette initiative intéressante et je lui ai demandé de m’en dire un peu plus. Le traiteur m’a alors expliqué que c’était le bon moment pour lui de vendre ses produits invendus : 21 heure passé, après une journée pluvieuse, beaucoup de clients dans le magasin… Une chouette idée, sauf que si je n’étais pas rentrée dans le supermarché, je n’aurai pas été au courant de ces promotions. D’où l’idée de mettre en place une plate-forme digitale, qui permet de donner de la visibilité aux personnes confrontées aux invendus alimentaires et de mettre en avant leurs promotions aux consommateurs à proximité d’un magasin !

J’ai ensuite proposé mon projet lors d’un week-end de « 54 heures » dédié aux start-up en mars 2014 et organisé par mon école polytechnique. C’est là que j’y ai rencontré mon futur associé, Alexandre Bellage.

• Quel constat avez-vous fait pour ressentir le besoin de créer cette application ?

Le fait de me rendre compte que ce vendeur de sushis n’était pas le seul. Des boulangers, pâtissiers, restaurateurs et supermarchés sont touchés par ces problèmes dus aux produits périssables.

• Optimiam a été la seule start-up française distinguée lors du GES de 2015. Quelle visibilité cela vous a t-il apporté ?

Cette distinction a été un réel tremplin qui nous a apporté un apport financier important et permis de développer notre réseau. Depuis, nous faisons partie du réseau des start-up plébiscitées par les Etats-Unis et nous sommes souvent invités à des événements organisés par l’ambassade.

• En seulement 1 an, vous comptez déjà plus de 60.000 utilisateurs. C’est énorme, comment expliquer un tel succès ?

Ce succès est du en grande partie à notre stratégie de communication. Nous avons deux angles d’attaques : le côté bon plan et le côté anti-gaspillage. Cette double communication nous permet de toucher des consommateurs à la recherche de bons plans, et de lutter contre le gaspillage, un sujet d’actualité qui parle beaucoup aux gens. Nous réalisons également des vidéos et mettons en place des opérations de street-marketing. Notre responsable événementiel est très actif de ce côté !

• Vous avez en début d’année effectué une levée de fonds de 600.000 euros. Quels sont les objectifs à court, moyen et long terme ? Développer votre réseau de partenaire doit être l’un des principaux enjeux ?

En effet cette levée de fonds nous permettra de faire grossir notre réseau de partenaires et de le diversifier : chaînes de restaurations, commerces indépendants, mais aussi supermarchés citadins types Casino, Spar, Simply Market, Monoprix… Nous venons de signer des partenariats avec les supermarchés. Nous souhaitons également stabiliser notre plate-forme d’application mobile, l’améliorer afin de développer de nouvelles fonctionnalités.

• L’été dernier vous avez fait l’acquisition d’un triporteur grâce à une campagne de crowdfunding sur Kisskissbankbank afin de faire des distributions gratuites. Comment s’informer des dates et lieux de livraison ?

Malheureusement nous ne pouvons pas avoir de planning prévu à l’avance. Les fournisseurs nous préviennent au dernier moment en fonction de leurs invendus. Mais dès que nous avons l’information, nous prévenons les consommateurs sur les réseaux sociaux et notamment sur des groupes Facebook tels que Wanted Bons Plans.

• Vous êtes présents dans la plupart des villes agroalimentaires de France. Dans quelles villes comptez-vous arriver prochainement afin que nos lecteurs soient informés ?

Nous avons lancé le concept ambassadeur, qui permet à Optimiam d’avoir des relais au sein de villes dans lesquelles nous ne sommes pas encore implantés. Déjà présent à Paris, nous essayons d’attirer de nouveaux commerçants à Lille, Lyon, Bordeaux, Nantes, Toulouse et Marseille.

• Un développement à l’international est forcément prévu ? Avez-vous des concurrents en Europe ou dans le reste du monde ?

Nous aimerions nous développer à l’international en 2017 ! Nous sommes encore en train de travailler dessus. Il existe des services complémentaires en France comme Zéro-Gâchis et Phoenix, mais qui contrairement à nous font du B to B avec les hypermarchés et ne travaillent pas avec des indépendants. À l’étranger, nous avons deux concurrents en Allemagne et à New-York, mais ce dernier a arrêté récemment faute de temps et surtout d’investissement.

• Comment peut-on rejoindre votre programme ambassadeur ? Quel type de profil recherchez-vous ?

Il suffit de s’inscrire sur https://www.optimiam.com, dans la rubrique ambassadeur. Un coordinateur s’occupe du recrutement. Nous recherchons des personnes disponibles en semaine pour démarcher des commerces : des étudiants, des femmes aux foyers, en congés maternités, des chômeurs voir mêmes des auto-entrepreneurs qui ont déjà une activité à côté !

Merci Raodath Aminou d’avoir répondu à nos questions et on souhaite une belle continuation à Optimiam !