Il est difficile, quand on cherche à obtenir des renseignements sur le système des diplômes en France, de s’y retrouver.

On trouve beaucoup d’informations mais qui sont souvent peu claires, trop techniques et on ne peut trouver de synthèse qui permette de comprendre comment ce système s’articule et fonctionne. Il est pourtant simple et aisément compréhensible. C’est ce que nous allons essayer de démontrer ici et permettre ainsi à chacun non seulement de savoir où il est, ce qu’il fait, où il va, ce qu’il pourrait faire mais encore et surtout de déjouer les pièges tendus par certaines écoles qui entretiennent la confusion que créée cette absence d’informations. À lire donc pour ne plus se tromper et ne plus avoir de mauvaises surprises…

  • Public/privé

Il existe deux systèmes en France : celui du public et celui du privé. Deux systèmes parallèles qui, comme toutes parallèles, ne peuvent devenir perpendiculaires. Après le bac, on peut s’engager pour des études courtes (Bac +2 : BTS ou DUT) ou plus longues (Licence à bac +3) et, après, intégrer un master (Bac+4 et +5) voire un doctorat.

Le BTS, diplôme de l’état, peut se préparer dans le public et le privé et aboutit au même diplôme… une petite différence toutefois : dans le privé, il est en examen terminal ; dans le public une partie est évaluée en contrôle continu dans le cadre de la formation. Préparer le BTS dans le public est donc pratiquement une assurance de réussite… la quasi-totalité des lycées qui proposent le BTS ont un taux de réussite de 100 %. Un petit problème toutefois : peu de lycées et donc peu de places et cela d’autant plus que la sélection y est rigoureuse. Préparer le BTS dans le privé sera plus compliqué. La vraie question sera donc de bien choisir son école… Une garantie pour cela : le taux de réussite qu’une école sérieuse et qui conduit ses étudiants à la réussite sera fière de mettre en avant sur son site internet.

Le DUT, comme son nom l’indique (Diplôme universitaire de technologie), est du ressort des universités, de même que la licence, le master et le doctorat, diplômes et grades de l’université.

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  • Des appellations abusives

Dans le privé, licence, master et doctorat, grades et diplômes, n’existent pas et ne peuvent exister. Par volonté de clarifier le discours souvent, par abus de langage aussi, par volonté de tromper l’étudiant et le parent désemparés et mal informés parfois, certaines écoles les proposent pourtant. La loi est toutefois claire. Concernant les masters, par exemple, elle stipule depuis 2002 que seuls les établissements publics sont habilités à les proposer aux étudiants. En 2013, à une question de la députée Virginie Duby-Muller, Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, avait été claire : « Les établissements privés ne sont pas autorisés à délivrer de diplômes nationaux (article L 718-16 du code de l’éducation), la délivrance des titres et grades relevant du monopole de l’Etat (article L 613-1 du code de l’éducation). » Elle ajoutait : « En conséquence, l’appellation “master”, qui qualifie le diplôme national et le grade universitaire qui en découle, est réservée aux établissements dûment autorisés par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. Seuls les établissements publics (EPCSCP) peuvent utiliser le qualificatif « diplôme national de master » et le « grade de master » est limité aux établissements publics ou privés d’enseignement supérieur qui ont été autorisés par le ministère chargé de l’enseignement supérieur à le conférer aux titulaires d’un diplôme délivré au nom de l’Etat. »

La volonté du ministère a donc été de clarifier cela : « […] l’usage constaté du terme “master”, par les établissements d’enseignement privés, peut créer la confusion dans l’esprit du public. Aussi, afin de renforcer sa protection, la loi du 22 juillet 2013, en son article 71, complète l’article L 731-14 du code de l’éducation en infligeant aux responsables d’établissements qui qualifient leurs diplômes de “master” sans avoir été accrédités ou autorisés par l’Etat une peine identique que pour ceux décernant des diplômes portant le titre de baccalauréat, licence ou doctorat. » Un master qui est donc réservé au public et qu’il ne faut pas confondre avec le « master spécialisé » ou « master en sciences », labels réservés aux membres de la Conférences des grandes écoles, écoles de management ou écoles d’ingénieurs.

Il n’est donc pas possible qu’une école privée propose des diplômes qu’elle n’a pas le droit de préparer et il faut être vigilant face à celles qui, pour échapper aux rigueurs de la loi, proposent des « mastaires », « mastères », « niveau master », « programme de master », « cycle de master », qui ne sont que des appellations abusives qui créent une confusion et font croire aux étudiants aux parents que le diplôme préparé et équivalent à celui de l’université. De même, point de licence et de doctorat dans le privé. La question se pose donc : quels diplômes dans le privé ?

  • Les diplômes du privé

Si l’enseignement public est organisé, contrôlé, régit par le Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, l’enseignement privé ne dépend que de lui-même. Toutefois, il peut prétendre faire « certifier » ses diplômes. Pour cela, une règle : l’école candidate doit attendre la troisième année d’existence (révolue) de son diplôme et soumettre un lourd dossier à la CNCP (Commission nationale de la certification professionnelle), organisme interministériel, interprofessionnel et interinstitutionnel, qui statuera sur deux critères que sont le « taux de transformation » au sortir du diplôme (pourcentage d’étudiants trouvant du travail dans le secteur correspondant au diplôme préparé) et au niveau moyen de salaire. Le diplôme certifié – et il ne s’agira que de diplôme, pas de grade – se verra donc inscrit au RNCP (Répertoire national de la certification professionnelle) et se verra attribuer un niveau II ou un niveau I.

Le niveau II correspondra soit à un bac +3 soit à un bac + 4 et le niveau I à un bac +5. Si le niveau II obtenu par une école est en bac+3, il pourra prendre la dénomination « bachelor » (et en aucun cas « licence ») ; s’il est à bac +4, il ne pourra pour autant, de même que le niveau I, s’attribuer l’appellation « master ».

Cela dit plusieurs questions se posent ? la première porte sur l’attribution du niveau II à bac +3 ou bac +4. Pourquoi ? Comment ? Elle dépendra de la manière dont le cursus de l’école a été pensé : bachelor à bac +3, niveau I à bac +5 ou niveau II à bac +4 qui est souvent le fait d’écoles n’ayant pas (encore) le niveau I. Seulement il faut faire attention à deux détails importants : En communication, le bac +3 n’est pas le plus pertinent pour qui voudrait un poste à responsabilité. Il faut donc comprendre et considérer que ce bachelor n’est qu’une étape vers le bac + 5. Mais sachant cela, il faut faire attention que le niveau I proposé soit bien un niveau I en communication et non un diplôme sans rapport. Nombreuses sont les écoles qui mettent en avant un niveau I qu’elles ont en effet mais restent floues sur son intitulé… et quand on vérifie, on découvre qu’il n’est aucunement un diplôme de communication mais celui – marketing, web, commerce – d’une autre entité du groupe auquel elles appartiennent.

… Pour se garantir de toute erreur, une solution simple et rapide : aller voir sur le site de la RNCP si le diplôme existe et s’il existe voir s’il concerne bien la communication et s’il ouvre aux métiers désirés.

RNCP

  • Un cas particulier

Certaines écoles privées, toutefois, présentent un authentique Master II (bac +5) après un partenariat passé avec une université qui lui donne le droit de préparer son diplôme… L’étudiant poursuit donc son cursus à l’école mais y prépare le diplôme de l’université partenaire. Impossible de se tromper dans ce cas précis, particulier et, concernant la communication, tout à fait rare. Le diplôme est mentionné comme étant « en partenariat avec l’université X »… C’est le cas du Cesacom  qui propose un Master II Management parcours marketing et communication en partenariat avec l’université de Cergy-Pontoise.

MASTER II CESACOM