En répondant subtilement mais directement aux propos plus que choquants du maire de Béziers (Robert Ménard, proche du Front National), Emmaüs prouve qu’il n’est pas nécessaire d’en dire beaucoup pour qu’un message soit percutant.

En effet, pour sa dernière campagne, l’association affirme « [pratiquer] l’accueil inconditionnel de tous, que l’on s’appelle Ali, Ivan, Jacob, Mustafa, José et même Robert…de Béziers ou d’ailleurs ».
Une double référence donc qui pointe du doigt les récentes élucubrations de Robert Ménard. Ce dernier avait ainsi déclaré dans l’émission « Mots Croisés » du 4 mai dernier qu’il était en mesure de comptabiliser le nombre d’élèves musulmans de sa ville en se basant uniquement sur leur prénom dans le cadre des repas servis à la cantine des établissements scolaires…Une affirmation qui a suscité un vif tollé sur les réseaux sociaux et dans la presse !

Inconnus et personnalités ont indiqué l’absurdité de faire le lien entre prénom et religion, comme Mabrouk Rachedi, écrivain, qui a répondu à Robert Ménard dans l’Express :
« La fiche contenait la mention « nationalité ». Mon souci était de savoir si je devais écrire « française » pour accorder avec le féminin de « nationalité » ou « français » pour accorder avec le masculin de mon genre. C’était mon seul doute : j’étais français, un point c’est tout.

Si j’étais élève à Béziers aujourd’hui, je serais aussi musulman. Ce n’est pas moi qui aurais décidé de ma religion mais mon prénom. […]

Être un Mohamed, c’est plus qu’une confession religieuse de la part de Ménard, c’est un aveu d’appartenance communautaire.D’après lui, on peut être « d’origine musulmane », nouvelle ethnie d’une catégorisation des populations. […] »

Pour le président d’Emmaüs cette campagne s’inscrit dans les valeurs prônées depuis toujours par l’Abbé Pierre et son association :
« Cette riposte du mouvement Emmaüs face à un comportement indigne d’un élu de la République [et fondateur de Reporters sans Frontières ndlr] s’inscrit dans la plus pure tradition des coups de gueule de l’Abbé Pierre. Des bancs sous cages d’Angoulême à l’instrumentalisation des repas servis à la cantine, les dérapages du personnel politique sont légion alors même que les signes de dislocation de la société sont bien réels. »

Une campagne nécessaire pour faire face au racisme grandissant.

Vous pouvez retrouver l’intégralité des commentaires de l’association face à ce dérapage insensé ici : Emmaüs répond au maire de Béziers

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