Tout écrivain est voué à lire et à écrire énormément pour cultiver son imagination, comme tout illustrateur à visualiser et à dessiner beaucoup d’images pour que sa propre création existe. Puis, quand on a beaucoup d’idées et que l’on n’arrête pas de penser à diverses représentations imagées, on arrive petit à petit au monde de l’audiovisuel, un peu comme une consécration, je présume.

L’artiste que nous vous présentons aujourd’hui se nomme Pere Ginard. Né à Mallorca en 1974, il grandit dans plusieurs pays d’Afrique où depuis tout petit il apprend à dessiner des crocodiles, des rhinocéros, des zèbres, des lions et des éléphants. Dans ses premiers dessins, il mélangera cette faune sauvage aux attributs de la ville (immeubles, voitures, rues, gens…). Inspiré également par Barcelone, il étudiera dans cette ville les beaux arts en suivant la spécialité peinture et, par la suite, il enseignera le cinéma et l’animation expérimentale à la Massana Arts and Design school.

Toute technique est bonne dans son travail pour donner naissance à ses illustrations. Il utilise le collage, l’encre de chine, la peinture, le dessin… On vous laisse ci-dessous son portfolio pour que vous puissiez en ouvrir les différents « tiroirs ».

http://www.pereginard.com

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Son travail est reconnu à maintes reprises. Il gagnera notamment plusieurs prix comme illustrateur :  l’Award de l’illustration nationale INJUVE en 2000, la compétition internationale de l’album illustré de jeunesse de la ville d’Alicante en 2002 et bien d’autres… Son travail a été exposé à la Bolgna Children’s Book Fair en 2003 et 2004, à la Bratislava illustration Bienal en 2003 et au musée d’art de Tokyo Itabashi.

Il se revendique illustrateur aujourd’hui tout en ayant sa propre définition de la réalité de l’office. En dénonçant la précarité et la dureté du métier, il se définit lui même ainsi :

« Quand ils me paient je suis illustrateur, mais quand tout le monde dort, je suis artiste. Et comme les gens dorment habituellement beaucoup, alors je dessine beaucoup, ce qui me force à regrouper et à trier tout ce que j’ai fait si je ne veux pas égarer mes travaux pour toujours. Ce sont des regroupements sans méthode apparente, des accumulations comme dans les chambres des merveilles des siècles passés ou à la manière des collections d’enfants. Il y a des groupes si réduits qui contiennent à peine deux ou trois photos: « les comètes et ciels », « saumons », « vieux chapeaux », «célébrités chinoises » … d’autres en revanche regroupent plus d’une centaine de produits « hermines et autres animaux aux poils doux » , « science, technique et voitures de luxe »,« personnes qui regardent vers le bas », « noms de dames de fleurs », « sports et  échecs », « baisers »… il y en a des plus bizarres: « les enfants qui touchent », « perruque rousse »,« cravates et corsages »,« articles de blague »,« tasses de café et ornements du salon ancien »… et également des groupes interdits: « vin et gens qui fument des cigares », « pistolets et hommes armés », « gens nus sur la plage ou sur les rochers », « gens nus qui font des choses ».. En bref, c’est un fichier-univers de près de quatre-vingts groupes, sous-groupes, des exceptions dont certaines inclassables comme « un pingouin albinos », « un Elvis Presley sans toupet » ou « une petite péninsule dessinée de la mémoire ». Tout est en bon ordre et prêt à  être utilisé pour quand ils me paieront. »

Bibliographie sélectionnée comme auteur et illustrateur :

  Libro de lágrimas. Anaya, 2002.

  Niños Pequeños. Thule, 2008.

  Vint anys de dolor. Garabattage, 2009.

  Le François çest facile (co-escrito junto a Arnal Ballester) La Candelaria, 2009.

Cuaderno de dolencias, trastornos y caprichos casi siempre mortales, Laboratorium Edicions Lliures, 2009.

América. A Buen Paso, 2009.

Como ilustrador:

  Viaje al centro de la tierra. Jules Verne, Anaya, 2005.

La noche del Risón. Gonzalo Moure. Anaya, 2007.

El museo de los niños. Betina Keizman. Progreso, 2007.

Nueve liras de hiedra y un secreto, Antología Poética. VV.AA. Bambú, 20

Depuis quelques années, cet artiste prend un tournant radical. Il est le co-fondateur du Laboratorium, une petite entreprise qui naît sous la forme d’une plateforme internet pleine de vidéos d’animation expérimentale, une petite pépite pour tout vous dire! Son objectif est de faire monter un cinéma artisanal en support filmique et de faciliter la production de films à format réduit (Súper 8, Single 8 et 16mm) en promouvant de nombreuses publications expérimentales.

Bonne séance!

Sa spécialité tourne autour des expériences avec le mouvement et des variations perpétuelles sur le prototype des frères Lumière. Les thèmes abordés peuvent être des robots, des représentations mélancoliques du deuil, des triomphes, des monstres, des prodiges et des ravissements mystiques, ainsi que des observations sur des choses inachevées qui tournent vers le soleil, la calvitie blonde aux cheveux ondulés… C’est un artiste qui pousse sa création vers des thèmes plutôt bizarres pour l’opinion commune, mais le bizarre appelle la curiosité et vaut le coup d’oeil. Il a réalisé certains travaux d’expérimentation graphique pour la presse et la télévision. 

Après l’agréable analyse de son travail, la question que tout rédacteur peut se poser est si aujourd’hui LA PUB donnera plus de visibilité aux productions INDÉPENDANTES. Seront-elles reconnues et valorisées davantage? Comment?

Rien n’est moins sûr, mais on peut toujours espérer car le monde est friand de découvrir de nouvelles images. Santé et longue vie à la création artistique alternative qui construit notre génération!

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