Le graphiste aime les belles choses, il est comme ça. Mais attention toutefois, le designer ne fait pas preuve de pondération lorsque son esprit aiguisé se focalise sur les designs du quotidien, au risque de passer pour un goguenard à la réflexion incisive.

Dans la liste non exhaustive de ses percutantes interventions, nous en retiendrons une petite dizaine qui sortent de lui presqu’aussi spontanément que la petite crotte odorante du lapin diarrhéique galopant dans le pré.

1. Acheter un produit parce que le packaging est joli.

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La magie du marketing c’est aussi piéger les yeux avertis. On le sait pourtant qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture, ni une femme à ses fesses, mais c’est plus fort que nous. Même si pour le packaging, c’est différent. Si je compare l’emballage d’un jus d’oranges Tropicana et Leader Price, dans le second cas j’aurais l’intime conviction que le design a été réalisé par le pote d’un pote, ou bien par le p’tit jeune du coin qui touche un peu, comme on dit.

2. Critiquer le design du menu à chaque dîner.

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Pour le commun des mortels, celui qui pense que la Comic Sans est une typo actuelle, chaleureuse et qu’elle sied très bien aux activités manuelles des petites bourgades de moins de 5000 habitants, alors vous paraîtrez fous. Le graphiste aura cette fâcheuse manie de scruter les cartes, de suggérer des couleurs plus « punchy, tu vois haaaan », d’expliquer que mettre un plat pixélisé sur un menu de restaurant c’est presque aussi utile que faire danser le twerk à une femme tronc.

3. Télécharger toutes les jolis typos

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A cela on reconnaît un passionné, il veut tout, TOUT, ce qui est gratuit. C’est comme ça qu’il se retrouve avec sept-cent vingt-neuf typos qu’il n’utilisera probablement jamais. Mais c’est important de les avoir, au cas où.

4. Écouter la musique dont personne n’a jamais entendu parler

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Le graphiste aime montrer qu’il a une culture underground. Il prend soin de manger toujours épicé pour passer le double de temps sur le trône à lire les Inrocks, Télérama ou Technikart, ou bien à chercher des groupes à moins de 600 vues sur YouTube parce que c’est toujours hype de caler le dernier titre d’un groupe de fusion post-moderne new-age contemporain.

5. Avoir des photos Instagram qui éclipsent les comptes de vos amis

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Entretenant un lien très étroit avec les images soignées, le graphiste prend le temps de travailler ses photos pour les faire sortir du flot convenu et terne qu’est le newsfeed d’Instagram. C’est pourquoi on ne parle pas d’une simple tartelette au citron meringuée, mais d’une tartelette citron meringuée prise au 55-300, dont on retouchera la profondeur de champ, les couleurs et la lumière sur Photoshop avant de la publier.

6. Critiquer toutes les publicités

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Si ça ne vient pas du graphiste, alors ça aurait pu être mieux. Toutes les autres publicités passeront donc sous l’œil hagard et plissé, non pas d’Eric Zemmour, mais du designer.

7. Fermer un site internet moche

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Jamais le taux de rebond n’aura connu aussi puissante réussite que sous la souris du graphiste. L’information présente sur le site en question n’aura d’importance que la façon de la présenter. « Shit Happens » comme dirait Duke Nukem, si le design est moche, on ferme le site, puis c’est tout. Pour sa défense, c’est vrai qu’on aura grand mal à trouver des raisons de rester sur un homepage vert avec des bannières fluos clignotantes.

8. S’énerver quand il demande une photo en HD et qu’on lui envoie un copier-coller sur Word.

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Il a l’intime conviction que c’est une mise à l’épreuve à ce moment là, qu’on cherche même à tester son degré de résistance, une sorte de Koh-Lanta pour créatifs.

9. Préférer les couvertures de livres artistiques

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Nous l’avons dit plus haut, le graphiste juge un livre à sa couverture, n’en déplaise à la plèbe. Le designer n’achètera un livre que s’il est en parfaite harmonie avec la couverture du numéro 4 de BeStreet, sinon ça ira même pas sous l’étagère Expedit Ikea de la salle de bain qu’il n’a pas réussi à caler depuis trois ans.