Etienne de Crécy a amorcé hier la campagne de promotion de son nouvel opus dans ce qui semble se transformer en phénomène internet (ne dites plus buzz). Peut-être étiez-vous trop jeune (ou pas encore né) quand, en 1994, il sort son premier album : Superdiscount. Le talent du jeune DJ est vite remarqué, puis récompensé aux victoires de la musiques en 1998. En 2004, il réitère avec le second épisode de Superdiscount. L’homme peut alors déjà se croire au sommet sa carrière, contemplant la scène électronique française du haut de son tube Am I Wrong. C’est magnifique et ça vaut le coup de le réécouter.

 

 

Mais la scène techno et électro française attire de plus en plus de jeunes talents et Etienne de Crécy, comme un parrain bienfaiteur, accompagne et challenge ces nouveaux venus. A la fin des années 2000, il apparaît en live dans ce qui deviendra sa marque de fabrique, un cube en volume, illuminé et animé.

 

 

Dans l’océan d’opportunités que représente l’ère du digital pour la communication, Instagram est devenu une figure incontournable. L’application sert de support à de nombreuses campagnes publicitaires ou promotionnelles. On l’a récemment vu à travers le dévoilement par l’agence Buzzman du plus long Burger du monde. Cette activation pour Burger King a bien trouvé son public, car c’est aussi l’enjeu souhaité à travers l’utilisation des nouveaux réseaux de partage : toucher une cible de plus en plus jeune, ceux qu’on appelle aujourd’hui la génération Y. Cette génération c’est moi, peut-être vous, enfin tous ceux qu’on surnomme aussi les digital natives; des individus nés autour des années 80 à 90, tous ceux qui ont grandi ou sont nés avec le digital. C’est autour de cette cible qu’Instagram s’affiche comme le second réseau en terme de popularité.

 

A l’occasion de son grand retour annoncé il y a un mois, Etienne de Crécy a décidé de mixer Instagram, la notion de clip musical ainsi que l’engagement publicitaire actuel, à savoir : impliquer la cible grâce une personnalisation par eux-mêmes de la campagne (ou générer son propre contenu : User Generated Content). Dans ce clip interactif, les vinyles joués par le DJ sont directement personnalisés en fonction de vos hashtag et de vos photos sur Instagram. Pour cela, il suffit de se rendre sur le site dédié http://www.hashtagmyass.com et de se logger via Instagram.

 

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Le film, titré Hashtag My Ass, est réalisé par Etienne de Crécy, en collaboration avec le studio Stink et Stinkdigital Paris. Avec ce titre, on retrouve toujours la légère critique qu’émet le DJ à l’encontre de la société de consommation, critique qu’il avait déjà assez justement formulé avec l’intitulé « Superdiscount ». Tout est donc réunit pour fonctionner : un clip interactif, une bonne dose de personnalisation pour flatter les egos connectés sur Instagram, une petite dose de critique sociétale, des fesses et surtout une bonne musique groovy. On serait tenter d’y voir aussi un clin d’oeil à Chilly Gonzales et sont « You Can Dance ».

 

 

Par la même, on remarquera un beau placement produit pour la marque Technics. Les fans de vinyles comprendront. Ce qui est certain, c’est le big up aux petits copains de la musique grâce aux nombreux stickers présents sur le vinyl box, à l’instar de Roulé, le label de Thomas Bangalter, Amen. (Oui, je mets toujours « Amen » après Thomas Bangalter. Amen.)

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Pour choisir ses photos durant l’opération, il suffit de tagger ses clichés Instagram avec #Superdiscount. Simplissime et « bougrement intelligent ». A la fin de la mécanique, les internautes sont invités à partager l’opération (comme d’habitude) mais aussi, s’ils le souhaitent à diffuser leur propre version de clip sur Youtube.
Admirez plutôt.

 

 

En somme, une magnifique leçon de campagne promotionnelle dirigée d’une main experte et rodée, celle d’un DJ talentueux de son temps : un artiste transversal et trans-média. Notre verdict : RAS, une opération comme il en faudrait plus souvent.