Dans l’effervescence de la course aux likes, la folie de la vitrine virtuelle déforme notre perception de la réalité. Soigner son identité, brosser son apparence, exagérer ses activités, tout doit être immédiat, anamorphosé et visible.

Tout est ajustable, le réel est transformable et le doute se doit d’être entretenu. Aussi, votre boulot de gratte-papier peut devenir le métier le plus gratifiant du monde sous réserve d’un statut Facebook dans lequel vous renverrez l’image d’un battant qui a gravi l’échelon social pour l’exhiber fièrement. Pendant que vous vous graissez le salami, affalé dans votre canapé suant la défaite, accompagné d’une bière chaude et d’un laidron qui se goinfre de pizza au tofu, un statut suffit à glorifier votre vie sociale sous les projecteurs d’une illusoire réussite amoureuse.

Est dénoncé ici le dark Facebook, celui où le réseau devient un mémorial de vos activités à l’intérêt subjectif, un récit de vos exploits qui n’intéressent que vous, un listing de vos activités enrichissantes qui nous apprennent que vous avez une pensée pour tous ces gens morts du cancer en partageant une image immonde avec une bougie pixélisée et une phrase mal orthographiée.

Au moins nos parents, eux, avaient la décence de narrer l’odeur de leur défécation dans un journal intime. Cadenacé. Puis, il y a eu le Skyblog, ce QG pour boutonneux dépressifs, et Facebook, miroir du réel atrophié, caché ou simplement faussé.

C’est en partant de ce postulat qu’un court métrage, né sous la houlette de Shaun Higton, voit le jour en posant la question du bonheur sur le réseau social.

 

onyourmnd-IEUP-4

 

onyourmnd-IEUP-5

 

onyourmnd-IEUP-1

onyourmnd-IEUP-2

onyourmnd-IEUP-6

 

onyourmnd-IEUP-3