Elle est jeune, elle est jolie, elle s’appelle Marine Vacth et le baiser qu’elle est sur le point de se donner à elle même dans la dernière campagne Chaumet a déplu à la commune du Pecq, dans les Yvelines (17 000 habitants). Pour la marque, cette situation représente la parisienne, dans toute sa splendeur : élégante mais rebelle, simple mais sophistiquée…une personnalité contrastée, aux multiples facettes, qui se résume en “Double Je”. 

Alors que l’affiche – esthétique et gracieuse – reprend donc le mythe de Narcisse qui tombe amoureux de son propre reflet dans le miroitement de l’eau, les habitants de la ville, scandalisés, ont poussé la mairie à retirer la publicité, notamment devant les écoles, là où les enfants auraient pu être choqués.

Le cliché, réalisé par le photographe Mario Sorrenti, a donc été banni de la ville par la municipalité UMP qui a pris cette mesure suite aux “nombreux appels de parents” (une trentaine), comme l’explique Laurence Bernard, maire de Pecq. Au Parisien, elle confie : «Ils nous ont dit que cela les gênait que les enfants soient soumis à cette image, que ça les choquait et les embêtait aussi de répondre à des réflexions des enfants à ce sujet». 

Ainsi, la société JC Decaux a retiré les affiches de la ville, ce qui n’a pas été au goût de la communauté LGBT et des associations luttant contre l’homophobie. Pour SOS Homophobie : «C’est déplorable de céder ainsi aux pressions. C’est donner raison à ceux qui sous-entendent qu’un baiser entre deux femmes est moins bien qu’un baiser entre homme et femme». L’association constate également que la mairie «pratique une censure inacceptable qui traduit et renforce la hiérarchisation des couples et des personnes selon leur orientation sexuelle. Le voile qui vient d’être posé sur cette affiche met en lumière une lesbophobie qui n’ose pas dire son nom»

Laurence Bernard a finalement ajouté, face à l’ampleur des événements : «Je suis atterrée et navrée de la polémique que tout cela suscite. Je voulais pacifier les choses. Je me disais qu’en les enlevant, je faisais un pas vers ces habitants et que je pourrais les amener à accepter l’évolution de la société sans les brusquer», a-t-elle expliqué à l’AFP, «Je crois que ceux qui ont demandé son retrait n’ont même pas vu qu’il s’agissait d’une interprétation du mythe de Narcisse.» 

Au final, l’histoire s’arrêtera là, après un buzz médiatique un peu tiré par les cheveux.