Qui ne possède pas chez lui un recueil de ces illustrations fantasmagoriques ? Qui n’a pas trouvé, au détour d’un grenier de famille, des livres illustrés de cette plume d’un autre monde ? Quelle enfance n’a pas été bercée par l’atmosphère ensorcelante de ces gravures ?

Paul Gustave Louis Christophe Doré dit Gustave Doré a expérimenté toutes les étapes de la création, tour à tour dessinateur, peintre, graveur, sculpteur. Ce voyageur à la frontière entre symbolise et romantisme, est un monument de la culture française, européenne et – il est possible de le dire aujourd’hui – mondiale. Ce triomphe est l’occasion pour le Musée d’Orsay d’organiser une fantastique rétrospective. En s’intéressant à l’artiste, il est facile de comprendre le choix du lieu. L’exposition “Gustave Doré, l’imaginaire au pouvoir“ est un vibrant hommage au dealer de merveilleux qui se racontera du 18 février au 11 mai. (site officiel ici)

 

 

Il est un des rares génies français a avoir été, à l’instar de Victor Hugo, reconnu et plébiscité de son vivant. Fils de polytechnicien, le petit Gustave Doré est très vite remarqué non pas pour ses talents scolaires bien présents, mais pour ses caricatures. Véritable Honoré Daumier en herbe, il est interpellé par l’imprimeur local qui décide de publier ses lithographies des “Travaux d’Hercules“. Gustave Doré n’a alors que douze ans. Sa carrière s’envole définitivement lors de son exposition au Salon de 1848. Ces Salons, équivalents de la FIAC actuelle faisaient et défaisaient les talents.

Son succès dépasse le clivage franco-anglais de l’époque et c’est en 1869 qu’il inaugure la Doré Gallery à Londres. L’artiste s’épanouit dans la satire, l’histoire, le conte, l’évangile. Comme le Musée d’Orsay le dit bien, il livre “ des tableaux gigantesques et des toiles plus intimes, des aquarelles flamboyantes, des lavis virtuoses, des plumes incisives, des gravures, des illustrations fantasques, ou encore des sculptures baroques, cocasses, monumentales, énigmatiques…“. Il illustrera les plus grands, de Hugo à Dante en passant par Cervantès ou la Bible. Au travers de ses productions, tantôt lumineuses, tantôt apocalyptiques – toujours époustouflantes – c’est un pan entier de notre propre culture que l’on redécouvre.

GustaveDore1

 

Ce destin en or s’éteint à 51 ans. Un demi-siècle d’une conscience exceptionnelle qui illuminera tout le monde occidental. Il laisse derrière lui plus de 10 000 pièces. Ce génie aura réveillé l’onirisme en chacun de nous jusqu’à traverser les âges, venir hanter nos livres de jeunesse et nos bandes dessinées, faire planer son ombre sur les grands classiques du cinéma et définir les figures de la culture populaire.

Pour les curieux, Julien Doré est son arrière petit-neveu. La comparaison s’arrête ici.

 

Barbebleue

Bankoboev.Ru_gustav_dore_krasnaya_shapochka

 

dante-gustave-doré

Gustave_dore_crusades_mourzoufle_parleying_with_dandolo

Gustave_dore_cendrillon4

gustave_dore_dante_the_empyrean

Gustave_Doré_Les_Saltimbanques

 

Gustave-Dore_Orsay01

 

Gustave-Dore_Orsay02

Gustave-Dore_Orsay04

sleeping-beauty

Paradise_Lost_12

Gustave-Dore_Orsay05

the-enchantment-of-don-quixote

Gustave Doré, l’imaginaire au pouvoir
18 février – 11 mai 2014
Musée D’Orsay
1 Rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris
01 40 49 48 14