Si engloutir un repas d’ogre n’a rien de réellement extraordinaire, le faire devant une caméra avant de diffuser la scène chaque jour sur internet est plus inhabituel et surtout très bizarre. En Corée du Sud, cette pratique est pourtant devenue extrêmement populaire : après le gang-bang mesdames, messieurs, voici le MOK-BANG. Entendez par là « voyeurisme gastronomique », clap, clap, on applaudit parce qu’il parait que ça rapporte un max !

Une des “stars” de ce nouveau type de show qui fait fureur dans le pays asiatique s’appelle Park Seo-Yeon , une habitante de Séoul de 34 ans.
Elle a même laissé tomber son poste de consultante pour pouvoir s’adonner à son nouvel emploi : se filmer en train de manger, trois heures par jour, pour plus de 6000 euros par mois. Six mille euros. SIX MILLE EUROS !

Chaque jour, des dizaines de milliers de spectateurs la rejoignent à l’heure du repas, pour partager avec elle et commenter un déjeuner ou un dîner gargantuesque à distance. Ces internautes la rémunèrent avec des “ballons virtuels”, l’équivalent des bitcoins _ avec l’accent ça doit donner BIT’CO IN TES _ en Corée du Sud (une sorte de monnaie électronique).

Mais pourquoi payer pour regarder un inconnu se baffrer ? « Cette tendance, assimilée à du voyeurisme, permettrait de ne pas manger seul dans un pays où les repas en solitaire sont vécus comme une honte » selon Francetvinfo. Et Park Seo-Yeon est loin d’être un cas isolé : près de 3500 programmes du même type existent en Corée.

C’est un concept sympa  si on oublie les termes de voyeurisme et d’argent : on pourrait manger devant notre PC face à n’importe qui sur cette planète. Ça marcherait aussi pour les gens qui sont seuls tout le temps qui formeraient une « web community » et pourquoi pas par la suite une « real community » qui prendrait le thé ensemble au Fouquet’s.

Une nouvelle branche du web 2.0 voit le jour avec cette nouvelle tendance venue d’ailleurs : celle où l’interaction et le partage se font en direct.

Espérons que sur 6000 euros, Park Seo-Yeon débourse au moins la moitié chez sa diététicienne. Enfin nous c’est ce qu’on ferai…